Panem et circences

2016-03-19 08.58.16

Voici la vue qui s’offrait à nous de notre chambre du seizième étage de notre hôtel à Edmonton samedi matin. J’aurais dû prendre la photo le vendredi après-midi, lorsque nous avons pris possession de la chambre. On pouvait alors mieux distinguer, éclairée par un soleil éclatant, la structure du nouvel aréna du centre-ville d’Edmonton que l’on voit se profiler entre les tours qui elles aussi se multiplient autour de ce qui se veut un nouveau cœur pour le centre-ville.

En effet, comme bien des villes nord-américaines au cours des dernières années, Edmonton a décidé de déménager son équipe de hockey d’un aréna vieillissant (oui, celui où s’est distingué, dans les années 1980, Wayne Gretzky, dont le numéro 99 et le nom ornent toujours un très grand nombre de chandails portés par les fans de cette équipe). Le nouvel aréna se veut le moteur d’un renouveau pour un centre-ville assez exsangue, même si celui-ci se redéveloppe depuis quelques décennies autour, entre autres, du campus de l’Université MacEwan. Celle-ci fut la première institution d’envergure à s’établir à partir de 1991 sur des terrains qui étaient auparavant occupés par une longue gare de triage située en plein centre-ville. Ce nouveau quartier du divertissement, surnommé le quartier de glace (Ice District) inclut davantage qu’un aréna, visant une expansion des activités artistiques et culturelles, par la présence de spectacles, mais aussi de nouveaux espaces de création, le tout soutenu par une expansion du commerce de détail.

Vision du quartier des spectacles avec Rogers Place en son milieu. Les plus perspicaces pourront deviner où se trouvait notre hôtel.
Vision du quartier des spectacles avec Rogers Place en son milieu. Les plus perspicaces pourront deviner où se trouvait notre hôtel. Source: Rogers Place (cliquez sur l’image pour accéder au site et voir d’autres dessins conceptuels).

Quant à l’ancien aréna, situé dans un vaste parc servant aux foires, salons, et autres événements d’envergure, mais en périphérie du centre-ville, il est appelé à subir un ambitieux projet de rénovation ayant pour but de lui donner une vocation davantage communautaire. Plutôt que de servir de domicile à l’équipe de hockey professionnelle et à celle de la ligue junior-majeure comme c’est présentement le cas, Rexall Place deviendra un centre pour les tournois juniors et autres, avec deux étages de glaces, permettant la création de six ou sept patinoires là où ne s’en trouve présentement qu’une seule. Cela est rendu possible par la réduction du nombre de sièges réservés aux spectateurs.

Projet pour Rexall Place. Source: Edmonton Journal. Cliquez sur l'image pour accéder au site original, où l'on peut voir d'autres dessins conceptuels.
Projet pour Rexall Place. Source: Edmonton Journal. Cliquez sur l’image pour accéder au site original, où l’on peut voir d’autres dessins conceptuels.

On assiste donc à un boom immobilier au centre-ville d’Edmonton depuis quelques années: de nouveaux édifices résidentiels en hauteur devraient ramener une population qui a depuis longtemps déserté le centre-ville, lequel devient, le soir, un océan de terrains de stationnement vides au nord de la rue Jasper. On espère que tout ça tiendra ses promesses, évidemment.

Ce nouveau quartier offre aussi une occasion au Musée royal de l’Alberta de déménager de ses locaux devenus trop exigus et de s’établir dans un nouvel édifice en marge du quartier de glace. Le musée a récemment fermé ses portes pour préparer son déménagement dans le nouvel édifice dont on achève la construction. Le sort de l’ancien édifice, dont j’ai d’ailleurs parlé ici, reste à déterminer. J’en reparlerai sûrement.

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