Continuité dans le changement

Ça y est. La nouvelle nous a été officiellement communiquée cet après-midi par notre vice-présidente aux affaires académiques: le collège continuera à offrir l’ensemble de ses cours en ligne seulement cet automne. Cela calme plusieurs incertitudes… et soulève aussi de nombreuses questions pour celles et ceux d’entre nous qui enseignement des cours requérant une certaine présence physique (laboratoires, stages pratiques ou autres). Pour ma part, disons que c’est un soulagement: je n’aurai pas à voyager sur l’autoroute avant janvier 2021 au plus tôt! Évidemment, cela veut aussi dire que mon expérience de conception de cours pour l’enseignement (jusqu’ici partiellement) en ligne me sera utile, mais je dois quand même revamper les cours pour qu’ils puissent être offerts entièrement à distance, tout en incluant un engagement important de la part des étudiant.e.s. Cela veut aussi dire que, en l’absence d’accès physique à la bibliothèque (probablement), je dois aussi revoir la conception de certains travaux de recherche. Rien d’impossible. Au travail, donc!

Ma seule inquiétude: la réduction probable du nombre d’inscriptions étudiantes et la fermeture potentielle de sections de cours. On en saura évidemment davantage dans les semaines à venir.

En attendant, il semblerait qu’un certain «aplanissement de la courbe» des cas actifs s’effectue en Alberta. Rien n’est gagné, on s’en doute, mais bon…

Source: Gouvernement de l’Alberta. Cliquez sur l’image pour accéder au site original et obtenir les statistiques à jour.

Aussi, comme on s’attend à ce que l’on requière bientôt de nous que l’on porte un masque dans les lieux publics, j’ai l’intention de nous commander des masques d’une compagnie de Saint-Félix-de-Valois, fabriqués au Québec et à un prix qui ne vaut même pas l’effort de faire des masques maison (environ 9$ le masque, une fois les frais d’expédition pris en compte).

Fin de marathon

Non! Pas celui que vous pensez (ou que l’image, tirée de ma visite du nouveau centre de sports du collège lors de ma visite à son inauguration, suggère)! Je n’ai pas (encore) la capacité de courir 42 kilomètres… ni en ai-je vraiment l’intention.

Je viens plutôt d’achever mon marathon annuel de correction de travaux et d’examens étudiants.

En fait, j’ai aussi fait un peu de course à pieds aussi, aujourd’hui. Oyaté et moi, ayant constaté que la piste d’athlétisme où nous envisagions d’aller nous entraîner a été fermée, victime elle aussi de la pandémie (et à peu près toutes les pistes de course extérieures ont subi le même sort), nous sommes allés courir en circuit autour du parc avoisinant. Un tour fait un beau deux kilomètres. Nous avons fait cinq kilomètres, soit deux tours et demie. Pas mal pour une première course depuis presque un mois sans pouvoir s’exercer autrement que de marcher abondamment, tout en mangeant peut-être un peu trop. Comme on peut courir à la fois sur le trottoir et sur l’herbe pour la majeure partie du circuit, ça se fait sans trop de problème. On se reprendra demain (plus tard aujourd’hui, en fait), pendant que la pâte de pains challah lèvera…

Le désert

Il me fallait me rendre à Red Deer aujourd’hui pour y cueillir sept boîtes de documents de recherche que j’avais entreposés dans mon bureau en attendant, à temps perdu, de pouvoir les passer au numériseur. Lorsque la pandémie s’est déclarée, je me suis dit qu’il serait temps de retourner au manuscrit de ma thèse que je veux depuis quelques années transformer en livre pour publication. Après tout, ça fait bien dix-sept ans qu’elle a été écrite, c’t’e thèse et il serait temps de la dépoussiérer. Il y a quand même là-dedans de l’information qui est demeurée pertinente malgré le passage des années, mais je ne vous ennuierai pas avec les détails. Cependant, vous savez à quoi je vais m’occuper aussitôt que j’en aurai terminé avec la correction des travaux de mes étudiant.e.s.

À partir d’aujourd’hui, il est nécessaire d’avoir une autorisation de son supérieur pour se rendre sur le campus, lequel est à toutes fins pratiques fermé au public. Pour preuve, voici le forum, un de ce endroits névralgiques qui, en temps normal, grouille de monde en début d’après-midi. Le désert. Même au creux ce l’été, je n’ai jamais vu cet endroit aussi désert.

Oyaté m’a accompagné et aidé à extirper mes boîtes, puis j’ai salué le gardien de sécurité en lui disant que j’espérais bien le revoir en septembre. Nous sommes rentrés. Beau soleil printanier, ciel d’un bleu parsemé de beaux nuages. La circulation était on ne peut plus fluide sur l’autoroute! Et au lieu de me coûter environ trente dollars en essence, le voyage en a coûté quinze..

Mon autre bureau à la maison

Mon bureau à domicile, dont je parlais il y a quelques jours, est fort bien aménagé pour l’enseignement à distance, mais un peu moins pour la lecture prolongée de documents. Pour cela, je préfère m’installer dans ce fauteuil au salon, près d’une très grande fenêtre… et pas trop loin de la cuisine et de ses collations potentielles. Mais là aussi, c’est parfois difficile d’obtenir un siège…

Fin de mois au bureau à la maison

Cliquez sur l’image pour une photo avec étiquettes.

Il y a quelques jours, La Presse publiait une série de photos envoyées par des lectrices et lecteurs montrant leur espace de travail à la maison en ces temps pandémiques.

Comme on le sait, je travaillais déjà en bonne partie de la maison, même avant que le coronavirus se manifeste. Depuis, évidemment, c’est un peu plus intense, mais mon environnement reste essentiellement le même. Je vous écris donc de là, ce bureau à la maison où l’on trouve deux ordinateurs (un d’entre eux appartient à mon employeur et je m’en sers justement pour faire le travail lié à l’enseignement). J’enseignais déjà en partie à distance et l’on voit sur le moniteur séparé ce à quoi ressemble l’environnement d’enseignement à distance (ici pendant mes heures de bureau virtuelles). En passant, ma lampe d’architecte date des années soixante… un héritage parental lorsque j’ai quitté la maison. C’est une lampe Luxo à double abat-jour qui coûterait une petite fortune aujourd’hui.

On trouve parfois aussi sur ce bureau une théière, une tasse de café fumant… ou d’autres bidules nécessaires au travail. Après la fin des cours, je prévois prendre un peu plus d’espace dans le sous-sol (qui est en majeure partie un bureau partagé entre mon cher et tendre et moi) afin de commencer le long processus d’édition afin de publier ma thèse sous forme de livre, ce projet longtemps repoussé aux calendes grecques et qui semble vouloir se matérialiser enfin. Par la suite, je pourrai enfin passer à autre chose.

On ne voit pas sur la photo la fenêtre qui se trouve à gauche au-dessus de l’étagère contenant une revue historique et dans laquelle Alfred est allé s’installer la semaine dernière. Impossible de l’ouvrir aujourd’hui: il fait -13° dehors. Cela n’empêche pas Alfred de venir visiter le bureau pour interrompre mon travail et me rappeler qui est le vrai patron…

Et chez vous, comment ça s’organise?

Calme au milieu de la tempête

Rien ne dérange Alfred et Edgar alors qu’ils occupent allègrement mes jambes pendant que je lis.. C’est reposant, apparemment. Et ça me tient chaud. Je ne me plains pas.

Par contre, la marée du coronavirus a finalement atteint l’Alberta. Au moment où j’écris ces lignes, 57 cas ont été répertoriés dans la province, et cela n’est évidemment que le début. Déjà, les tablettes de plusieurs sections des grandes surfaces sont vides… le vent de panique ayant emporté notamment tout le papier hygiénique disponible, lequel réapparait – ce n’est pas une surprise – sur des sites comme Kijiji, mis en revente à des prix exhorbitants par des profiteurs sans vergogne. Les crises ont ceci de prévisible qu’elles font ressortir le meilleur et le pire chez les humains.

Pour nous, l’impact est jusqu’ici assez mineur. Nous nous portons tous les deux très bien (et oui, nous avons assez de papier de toilette; nous avions justement fait des provisions juste avant que ça devienne fou). Nous avons aussi des provisions d’aliments, même si une crise alimentaire à grande échelle a peu de chances de se produire.

Notre seule activité «à risque» est notre visite régulière à la salle d’entraînement, où nous passons rigoureusement et vigoureusement toutes les machines, les surfaces que nous touchons et l’équipement à la lingette désinfectante avant et après chaque usage. Nous le faisions déjà, mais c’est un peu plus rigoureux à présent.

L’impact sur mon emploi est toutefois ahurissant depuis ce matin. En fait, c’est l’incertitude depuis vendredi dernier, les hautes instances de notre institution semblant ne pas trop savoir quoi faire. Cet après-midi, le couperet est tombé et tous les cours dans les écoles de la province ont été annulés. L’année scolaire pour les élèves du primaire et du secondaire a à toutes fins pratiques été terminée. Pour le secteur postsecondaire, on nous dit que les cours sont aussi annulés, mais en même temps on nous dit que nous continuerons à enseigner en ligne. Cela ne me préoccupe pas trop, étant donné que j’enseigne déjà la majorité de mes cours à moitié en personne et à moitié en ligne. J’étais donc fin prêt à passer au mode complètement à distance et mes cours ne demandent que des adaptations mineures. Mais pourrons-nous compléter l’année scolaire? Je suppose que les prochains jours apporteront de la lumière là-dessus. Je prévois être en classe virtuelle demain tel que prévu, à moins d’indications contraires de notre administration.

Il y a donc des développements intéressants à venir… je vous tiendrai au courant.

C’est reparti!

Alfred a bien raison de s’inquiéter… car c’est reparti pour une autre année scolaire! Je prends la route plus tard ce matin vers Red Deer. Première rencontre d’étudiant.e.s aujourd’hui et présentation d’un ancien cours que j’enseigne depuis plusieurs années… mais pour la première fois sous un nouveau format combinant l’enseignement en personne et à distance… On verra ce que ça va donner!