Dix ans. Une semaine.

Dix ans. Dix ans cette semaine que j’habite ici. J’ai complété le processus de déménagement au début du mois d’août 2007. Et il semble que je serai ici pour un bout de temps encore. Je pourrais me lancer dans une longue rétrospective, mais je n’en ai ni l’envie ni l’énergie…

Une semaine. C’est le temps qu’il reste à Clio avant son retour chez le concessionnaire. Les pages se tournent! Quant à publier régulièrement sur cette plateforme, il faudra plutôt se contenter de mes billets épisodiques. Je continue à cuisiner… la vie prend un peu le pas sur la présence en ligne, toutefois.

Mini-quiches préparées hier pour le souper. Comme il fallait accommoder des goûts différents et des restrictions alimentaires (végétarisme), il était plus facile de préparer des portions individuelles. On prend la recette déjà publiée ici et on adapte les garnitures et proportions à l’avenant!

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Rétrospective IX: Le retour vers Ottawa (6-7 août 2007)

Comme je vous le racontais dans la précédente livraison, le dimanche soir, nous avions vidé le contenu du camion dans la maison, puis, le lundi, nous avions assemblé quelques meubles essentiels et MC et P avaient à peu près vidé le contenu des boîtes de matériel de cuisine pour le transférer dans les armoires. Ils ont d’ailleurs fait un excellent travail: j’ai eu très peu de réarrangement à faire par la suite! Ce sont des saints!

Le lundi après-midi, il fallait rentrer à Saskatoon (un autre six heures de route) pour aller au chevet de Balthazar et savoir ce qu’il adviendrait du reste de ce voyage. À l’origine, nous devions revenir au volant du camion pour le rapporter à Montréal… Ce n’est pas que nous avions un désir ardent de nous re-taper la traversée du pays, mais c’était l’idée de départ. L’incident mécanique allait changer les choses. Pour ceux qui n’auraient pas lu les premiers messages concernant ce déménagement, permettez-moi un petit rappel: il me restait une semaine d’enseignement à Ottawa et mon Monsieur C se trouvait toujours à Montréal, confié aux bons soins de Mademoiselle G. Il me fallait terminer mes contrats de travail, récupérer Minet, rassembler la «gang» une dernière fois, puis reprendre l’avion vers l’ouest (avec Monsieur C dans la soute) pour le départ définitif le 14 août.

Il était aux alentours de 16 h quand nous avons finalement quitté Red Deer ce lundi 6 août, pour reprendre à l’envers le parcours de la veille. Je vous épargne les nombreuses photos que nous avons prises, sauf quelques-unes. À l’en-tête de ce message, vous avez pu voir une prospère ferme des environs de Red Deer avec son éolienne traditionnelle. On n’en voit plus beaucoup!

Vers 18 heures, nous avons dû faire halte à Hanna pour souper dans un de ces arrêts typiquement destinés aux camionneurs. Resto familial, bouffe honnête et une serveuse d’un certain âge à qui on permettrait volontiers de nous tutoyer tout en lui répondant par des «vous» gros comme le bras. Évidemment, en anglais la question ne se pose pas, mais vous voyez le genre. Comme l’endroit se trouve dans un coin un peu désertique, ils ont mis un gros «cactus» de métal à côté de l’affiche. Ça fait partie de ces divers objets géants qui parsèment le cours de la Transcanadienne. Je reviendrai sur le sujet un de ces jours. Il paraît que le phénomène remplace en quelque sorte la plantation de croix au haut des montagnes que l’on voit au Québec… une manière de se distinguer aux yeux du monde.

En entrant à nouveau en Saskatchewan, on nous accueillait par l’exaltation d’une nature qu’on ne retrouve plus beaucoup dans ce pays de plaines entièrement transformées par la main humaine.
Comme on voit, à notre traversée de la frontière, le soleil était bien bas. Nous avons quand même pu voir la nature nous donner un dernier spectacle: un orage au loin, que nous n’avons heureusement pas eu à essuyer, seulement à admirer:
Puis, ce fut la plongée dans la grande noirceur après un long crépuscule. Pas de lampadaire sur cette route importante mais isolée. On espère seulement que les animaux évitent la route, ce qu’ils ont heureusement fait. Le plus difficile était parfois le dépassement d’un fardier dans l’obscurité, alors qu’il devient à peu près impossible de jauger correctement la distance.

En traversant la frontière, j’ai pris soin de téléphoner à notre hôtel de Saskatoon (en quittant, la veille, nous avions réservé) afin de les prévenir de notre retard. La réponse à l’autre bout du fil m’a semblé hésitante… je compris plus tard. Nous sommes arrivés à Saskatoon un poil avant minuit, ce qui nous laissait juste eu le temps de faire le plein des véhicules (cri plaintif de la carte de crédit) et de retourner Isidore à l’agence de location avant de prendre la direction de l’hôtel. Nous avons gardé la minifourgonnette jusqu’au lendemain. Lorsque nous sommes arrivés, on nous a annoncés que l’hôtel avait été overbooked (pratique que je déteste). Après des excuses et courbettes, on nous a envoyés à un autre hôtel à proximité, aux frais du premier hôtel. Au moins, financièrement, cette erreur serait un tant soit peu profitable… mais à minuit, on se passerait de ce genre de désagrément. Décidément, pas de chance avec les hôtels durant ce déménagement!

Dodo. Encore une fois trop court.

Mardi 7 août 2007: Lever à 6 heures pour moi, car il me fallait aller chez le concessionnaire International pour recevoir le verdict des mécaniciens de l’endroit. Mon père et l’un de mes oncles sont mécaniciens. J’ai un peu grandi dans les garages et le cambouis, même si je n’ai personnellement développé aucun intérêt particulier pour la mécanique. C’est donc avec une certaine nostalgie que j’ai approché le responsable de l’équipe des mécaniciens (il ressemblait d’ailleurs à mon père par le physique et l’attitude!) et que je lui ai exposé le problème. Il a donc fait entrer Balthazar aux soins intensifs, et il fut branché sur une batterie d’appareils pour tenter de trouver le bobo. Comme l’ami Balthazar était d’un modèle nouveau et pas très connu dans les Prairies, il a fallu chercher un peu, mais le verdict fut sans appel: rien à faire pour l’instant. Il faudrait commander des pièces. Nous devrions donc rentrer à Ottawa par un autre moyen.

Ceci dit en passant, à un moment où nos fesses faisaient particulièrement mal au milieu des plaines, j’ai presque souhaité un quelconque incident qui nous permettrait d’éviter de refaire le voyage en sens inverse à bord de Balthazar… Heureusement que je ne suis pas superstitieux.

Je suis rentré à l’hôtel, et pendant que nous déjeunions, je me suis mis en contact avec Via Route à Montréal pour exposer la situation dans ses derniers dénouements. Ils étaient déjà au courant, car je leur avais téléphoné la veille (qui n’était pas un congé au Québec) et l’on m’avait garanti un arrangement financier au cas où il faudrait rentrer sans le camion. Après confirmation du diagnostic, on me proposait de louer une voiture pour revenir… Pas question! Nous avions déjà assez perdu de temps (P a dû prendre des jours de congé et je n’allais pas le forcer à étirer son séjour). On m’a donc proposé une somme globale pour compenser les dépenses et une réduction sur le prix original de location. Entendu. Retour à l’hôtel. On sort l’ordinateur et on cherche le prochain vol vers Ottawa. Cellulaire. Internet. Ces deux outils se sont avérés bien utiles tout au long de ce voyage.

Il y avait quelques vols possibles le jour-même. J’ai choisi un vol à 14 h et commencé la réservation en ligne. Tout allait bien jusqu’à l’avant-dernier écran de réservation. On me demande alors de confirmer mes choix en exposant le prix des billets: 1500$ pour trois personnes. Pour un vol de dernière minute, ce n’était pas si mal. J’appuie donc sur la touche de confirmation. L’écran suivant m’annonce que l’on a soutiré 3000$ de ma carte de crédit. Dekessé? Kwa? Non, mais ça va pas la tête? (Vous pouvez ajouter des explétifs de votre cru)

C’est ainsi que c’est amorcée une saga qui n’a trouvé son dénouement qu’à la fin d’octobre! Air Crapada n’affiche aucun numéro de téléphone pour le service à la clientèle; il faut leur écrire, télécopier, etc., mais pas moyen de parler à une personne. On ne consent même pas à vous rappeler! Il y a un numéro pour l’aide en ligne. Je téléphone. L’opératrice au bout du fil, fort perplexe, me propose d’annuler le billet et de refaire la procédure, mais cette opération était impossible: le remboursement de ma carte de crédit allait prendre deux jours… et il ne me restait plus assez de crédit! Le mieux qu’elle a donc pu faire était de m’offrir un remboursement de 150$ par billet, que j’ai accepté, en précisant toutefois (espérant que cet appel était de ceux qui sont «enregistrés pour assurer la qualité») qu’ils allaient entendre parler de moi…

En rétrospective, comme me l’a suggéré quelqu’un au travail, j’aurais dû appeler ma compagnie de carte de crédit immédiatement (après avoir fait imprimer les billets) pour faire annuler la transaction, mais dans le feu de l’action, aucun de nous n’a pensé à cette solution. De cette manière, Air Canada aurait dû me courir après et je n’aurais pas dû payer l’intérêt sur le 1500$ supplémentaire pendant quelques mois.

Nous avions nos billets. Si chers aient-ils été. Maintenant, nous avions quelques heures devant nous, que nous avons utilisées pour aller découvrir un peu le centre-ville de cette agglomération que l’on appelle le «Paris de l’Ouest». Ici, l’hôtel Lord Bessborough, au centre-ville. Oui, vous avez bien vu: c’est un hôtel du Canadien Pacifique avec l’architecture «châteauesque» typique du début du siècle dernier. En arrivant au centre-ville, il y avait pas mal de congestion et il fut un peu difficile de trouver un stationnement. Étrange. Des rues fermées… Nous avons bientôt découvert pourquoi: nous étions tombés sur l’ouverture de l’exposition agricole et il y avait un défilé au centre-ville. Ça, c’est du hasard! Nous avons donc eu droit à un défilé haut en couleur dont je vous offre deux extraits, l’un traditionnel et l’autre plus actuel. Plusieurs chars allégoriques témoignaient du sens de l’humour local, dont un intitulé «The Very Bad Garage Band», qui n’était pas du tout photogénique, mais tellement drôle d’auto-dérision!
Nous avons aussi brièvement parcouru le parc qui longe la rivière et où il aurait fait bon se reposer si nous avions eu le temps et moins de préoccupations.

La Saskatchewan est la première province canadienne à avoir donné le droit de vote aux femmes au niveau provincial (en février 1916) et aussi la première à avoir mis sur pied un programme d’assurance hospitalisation, sous le gouvernement de Tommy Douglas en 1947. Celui-ci est une sorte de héros local qui représente la tradition saskatchewanaise de préoccupation sociale. On le voit ici peint sur le côté d’une boîte de contrôle électrique en plein centre-ville. L’automne dernier, l’élection du Saskatchewan Party, laisse penser que la province semble opérer elle aussi un virage vers la droite. Curieuse province méconnue que la Saskatchewan, la seule juridiction canadienne qui refuse encore de passer à l’heure avancée, tradition agricole oblige (l’été, elle est à la même heure que l’Alberta et l’hiver, elle vit au rythme du Manitoba).

Notre visite du centre-ville fut beaucoup trop brève pour nous permettre de vraiment découvrir l’endroit. Nous avons quand même pu contempler la cathédrale catholique, qui se trouve presque en face de l’hôtel Bessborough. Lorsqu’on vit un bout de temps dans les Prairies, on en vient à apprécier cette architecture historicisante. En effet, à Red Deer, par exemple, il est assez ardu de sentir l’histoire dans les bâtiments. Par exemple, le centre-ville a été reconstruit plusieurs fois, rasant au passage ce qui existait auparavant. Et les années 1960-80 n’ont pas été tendres pour l’architecture… Les Albertains commencent à peine à découvrir le sens du mot «patrimoine». O.K., les Européens qui lisez ceci, je vous entends rire d’ici; je sais bien que par comparaison, tout, de ce côté-ci de l’Atlantique, est bien jeune…

Il nous fallait revenir vers l’aéroport pour sauter dans le très cher avion qui allait nous ramener à Ottawa avec un transfert à Toronto.
Nous sommes finalement arrivés à Ottawa vers minuit, après deux vols sans histoire. J’ai d’ailleurs pu terminer la correction des travaux de mes étudiants de l’Université d’Ottawa dans l’avion. Un taxi nous a ramenés chez MC et P, où j’allais passer ma dernière semaine à Ottawa. Jeudi matin, nous sommes partis vers Montréal pour y récupérer un félin gris qui n’avait pas été malheureux sous les bons soins de Mademoiselle G. Il allait cependant souffrir de l’attitude de Lady S, la chatte de MC, qui aime bien les humains, mais pas les autres raminagrobis. Bien que Monsieur C et Lady S ont le même âge, elle ne l’aime pas. Il a fallu dresser une barrière et isoler Monsieur C à l’étage.

Ces derniers jours ont passé beaucoup trop vite. Il y a eu quelques jours d’enseignement, le règlement de derniers détails administratifs, la remise des clefs aux universités, du magasinage de dernière minute et la préparation d’un banquet d’au-revoir. Je tiens à remercier tous ceux qui se sont pointés. Je garde de cette soirée de mon dernier samedi à Ottawa un chaleureux souvenir.

Lundi 13 août, j’enseignais mon dernier cours à l’Université Carleton (de 18 h à 21 h). Je partais donc chargé des travaux de mes étudiants qu’il me faudrait arriver à corriger dans le brouhaha de l’installation à Red Deer. Mardi 14 août, vers 7 h si ma mémoire est bonne, nous sommes arrivés à l’aéroport d’Ottawa avec Monsieur C, très nerveux dans sa cage, pour le grand départ.

Vol agréable, mais je me serais bien passé de l’attitude trop familière des employés de WestJet. Le jeune agent de bord, s’il avait eu la moindre notion de langue française, se serait fait dire de me vouvoyer. «Hey there!» (ou quelque chose d’approchant) n’est pas une manière de s’adresser à un client, aussi «Westjetter» soit-il. J’allais me tromper de siège et, avant que je puisse m’en rendre compte par moi-même, il m’avait interpellé pour m’indiquer mon siège d’une manière particulièrement cavalière. Je suis passé à deux doigts de lui répondre «It’s DOCTOR to you» (les anglophones sont étrangement sensibles aux titres). Je me suis retenu. Rien ne sert de passer pour un prétentieux. Pendant le vol, j’avais à mes côtés une charmante dame dans la soixantaine qui se dirigeait vers Vancouver et qui m’a fait la conversation pendant une partie du voyage, me parlant entre autres de sa vie passée à Edmonton. Fascinant.

À l’atterrissage, j’ai récupéré un Monsieur C terrorisé, mais qui s’est assez rapidement calmé. J’étais attendu à l’aérogare par une vendeuse de Northlands Volkswagen, qui m’a conduit au concessionnaire en question pour y prendre possession de celle qui allait devenir Bernadette.
En route, nous avons même fait un bref arrêt dans un supermarché pour acheter un contenant jetable de litière au cas où Monsieur C en aurait besoin, après cinq heures de vol (ce qui ne fut pas nécessaire en fin de compte). La prise de possession du véhicule s’est faite assez rapidement. La plupart des papiers avaient été réglés à Gatineau: il ne restait qu’à signer l’acte officiel de vente et à faire apposer la plaque d’immatriculation, ce qui s’est fait en un tournemain (et pour beaucoup moins cher qu’au Québec, parce qu’ici l’immatriculation n’inclut pas d’assurance). Monsieur C (dans sa cage) a pris place sur le siège du passager, j’ai chargé mes bagages, puis filé vers Red Deer à bord de ma nouvelle acquisition et quelque peu nerveux. Une maison en désordre et près de deux cents caisses de livres m’attendaient, mais ce déménagement touchait à sa fin. Et cette dernière journée qui aurait pu réserver bien des mauvaises surprises s’est déroulée sans anicroches.

Pendant les trois mois suivants, j’ai dû me débattre presque quotidiennement avec Air Canada et Via Route pour obtenir les remboursements nécessaires. Je n’ai pas le goût de raconter cela dans les détails. La chose n’a pas été facile, et je pense que la réceptionniste chez Via Route filtrait mes appels après quelques jours… Chez Air Canada, il m’a fallu passer par la filière du courriel, mais j’ai réussi à parler à une personne bien vivante lorsqu’ils ont transféré mon dossier à leur service de remboursement, situé à Winnipeg, et qui est doté d’un numéro direct! J’ai finalement obtenu mon dû des deux endroits. Un seul conseil si vous êtes un jour confronté à une situation semblable: persévérez! The squeaky wheel gets the grease!

Voilà donc la fin de cette longue histoire. Je peux maintenant passer à autre chose et vous raconter mes aventures palpitantes dans cette province qui a oublié de changer de gouvernement lundi dernier…

Rétrospective VIII: Dimanche 5 août 2007: Saskatoon, SK à Red Deer, AB (enfin!)

Cette journée aurait dû selon la planification initiale être consacrée à l’inspection d’entrée dans la maison, au transfert de mes biens du camion dans ma nouvelle résidence et à une installation sommaire. Oui, cela eut bien lieu, mais avec quelques étapes intermédiaires imprévues. Il fallait d’abord transbahuter tout le contenu de Balthazar dans les deux véhicules loués à Saskatoon: un nouveau camion baptisé Isidore (MC s’amusait follement à personnaliser nos véhicules) et une minifourgonnette dont j’oublie maintenant le nom. Tout ceci nous a pris trois heures: de 8 h à 11 h du matin. Quelqu’un qui n’y était pas mais qui a vu cette photo m’a dit: et vous n’étiez pas découragés? Que si! Mais il fallait bien faire le nécessaire pour poursuivre notre route. Ici, la partie délicate de l’opération était de respecter les limites de charge des deux véhicules et, comme toujours lorsqu’il s’agit de remplir un camion, de bien disposer le chargement. Il fallait donc sortir tout le matériel léger qui était en arrière et sur le dessus afin d’atteindre les caisses lourdes au fond et à l’avant du camion (règle d’or du déménagement: il faut toujours disposer le matériel lourd en avant des roues arrière du camion et l’équilibrer). Heureusement qu’il faisait beau et que l’air était d’une douce fraîcheur! Ce transfert s’est opéré dans la cour du concessionnaire International de Saskatoon. Les deux camions étant à peu près de la même hauteur, cela nous a permis d’utiliser la rampe de chargement de Balthazar (le plus élevé des deux) comme pont, ce qui nous a évité des pas.

Nous avions environ six heures de route à parcourir pour nous rendre à Red Deer (l’équivalent du trajet que j’ai souvent fréquenté d’Amos à Montréal, quoi!). Saskatoon et Red Deer sont à peu près à la même latitude; j’avais prévu couper au plus court (en kilométrage) en passant par la route 14, puis 51 en Saskatchewan, puis la route 12 en Alberta, ce qui nous aurait fait passer par Perdue, Biggar, Kerrobert, Altario, Consort, Castor et Stettler. Cependant, Brad (le remorqueur) nous avait déconseillé ce trajet à cause, entre autres, de travaux routiers. C’est sur son conseil que nous avons plutôt pris la route 7 en Saskatchewan, qui courbe vers le sud et débouche sur la route 9 (puis 27) en Alberta, puis remonté vers Red Deer par la route 21. J’avais déjà parcouru une partie de ce trajet en juillet lors de mon voyage à Drumheller. Il y avait peut-être une cinquantaine de kilomètres de différence entre les deux trajets: pas la fin du monde. Mon père dirait de plus qu’«un beau chemin ne rallonge pas» (voici pour l’obligatoire citation paternelle du blogue).

Nous nous sommes divisé la conduite: MC et moi-même avons pris place à bord d’Isidore, puisque, tous deux, nous étions en manque de musique et nos lecteurs MP3 se sont fait aller par l’intermédiaire de mon transmetteur FM. P, pour sa part, a eu droit au silence de la minifourgonnette, sauf lorsqu’il s’est mis à l’écoute de Radio-Canada. En route pour les derniers 600 kilomètres!

Cette partie du trajet traverse en partie le fameux «Triangle de Palliser», une zone semi-désertique des Prairies où on constate visiblement que la végétation se fait plus rare. Si nous étions passés au sud, par la route 1 qui traverse Regina, Medicine Hat et Calgary, le phénomène aurait été encore plus intense. C’est surtout cette partie des Prairies qui s’est transformée, dans les années 1930, en dust bowl, et où les fermiers ont dû abandonner leurs terres. D’ailleurs, j’ai entendu dire qu’une loi interdit en Alberta de refuser de donner de l’eau à quelqu’un qui en demande (mais je n’ai pas réussi à trouver la preuve de la chose).

Encore une fois, les noms colorés ne manquaient pas le long de la route. Tessier, Zealandia, Rosetown, Netherhill et les villages de D’Arcy et McGee (dans notre cas, nous avons vu McGee avant D’Arcy, ce qui était particulièrement étrange). Pour ceux que cette référence historique laisse froid, Thomas D’Arcy McGee était l’un des Pères de la Confédération et il est resté particulièrement célèbre à Ottawa parce qu’il a été assassiné en 1868 sur la rue Sparks, tout près du Parlement. C’est à proximité de D’Arcy que MC, en tant que photographe officielle de l’expédition (j’étais au volant) a pris cette photo d’un des très nombreux champs de foin que nous avons vus. Il semblait y avoir du foin partout, même sur le terre-plein au milieu de l’autoroute, lorsque nous sortions de Saskatoon. Dans cette région où l’élevage forme en bonne partie la base de l’économie, on ne gaspille pas! Nous avons aussi croisé quelques troupeaux de vaches. Qui sait, peut-être que certaines d’entre elles se sont depuis retrouvées dans mon assiette…
Ce fut un parcours somme toute agréable. Belle route, généralement très droite, qui nous faisait voir les immenses perspectives de cette province qui se dit Land of the open skies. C’est fort vrai. Lorsque Daniel Lavoie chante ses «jours de plaine», il ne ment pas. À traverser les Prairies, on comprend aussi pourquoi bien des habitants se trouvent mal à l’aise en milieu urbain: lorsqu’on est habitué à ces grandes routes tranquilles et à ces horizons ouverts sur l’infini, on doit se sentir bien enfermé en ville. En passant, la minifourgonnette de la photo suivante est celle conduite par P.
Nous avons fait étape à Kindersley, SK, pour dîner, avant de nous attaquer à la soixantaine de kilomètres qui nous séparaient encore de la frontière de l’Alberta, située à la bien nommée Alsask, là où se trouve aussi un radar du service météorologique du Canada, dont la masse sphérique nous appelait de loin. Cependant, c’est le panneau annonçant l’entrée en Alberta que j’attendais avec impatience.
La route, irrémédiablement droite, nous réservait encore quelques surprises plaisantes, dont la bourgade au nom évocateur de «Cereal», qui se trouve entre Oyen et Chinook (non, ça ne s’invente pas!). Quelque part dans les recoins de ma mémoire saugrenue, ces noms me rappelaient mes années de jeunesse (lire: école secondaire) lorsque je suis passé avec un ami dans un cimetière de communauté religieuse situé tout près de notre école et que nous nous amusions des noms des religieux au dix-neuvième siècle. Oui, mon sens de l’humour bizarre ne date pas d’hier.

Nous avons repassé par la superbe vallée de la rivière Red Deer, où j’étais passé en juillet. Cette fois, comme je bénéficiais d’une photographe de service, je l’ai prévenue et elle ne s’est pas gênée. Et je ne peux m’empêcher de publier une autre de ces photos, prise au moment où nous commencions la descente vers la rivière.
C’est, de tout le trajet, le seul réel accident de terrain. Mais quelle beauté! Difficile de garder son attention sur la route (et pourtant, il le fallait)! Après nos deux passages par cette vallée (nous sommes revenus le lendemain par le même chemin), nous avions probablement une centaine de photos.

En route, nous avons aussi croisé quantité de granges apparemment abandonnées, qui donnaient un air bucolique au paysage. Un aquarelliste de ma connaissance aurait eu beaucoup de difficulté à ne pas s’arrêter en chemin!
Nous avons également aperçu quelques puits de pétrole, d’abord en Saskatchewan, puis en Alberta. D’ailleurs, la Saskatchewan commence à vivre les effets du boum pétrolier à son tour; il paraît que les problèmes de logement qui sévissent en Alberta commencent à frapper certaines villes comme Saskatoon. On croisait d’ailleurs quelques publicités qui cherchaient à inciter les Albertains à migrer vers leur voisine de l’est, en vantant la qualité de vie. Pour revenir au pétrole, c’est près de Hanna (AB) que nous avons vu ce derrick, chose plutôt rare dans le paysage; on voit surtout des pompes, qui remplacent les derricks une fois le puits creusé (voir un exemple en Rétrospective II).

Je n’ai pas encore parlé d’essence… une chose qui nous préoccupait pourtant constamment avec Balthazar… C’est qu’Isidore, pourtant plus petit, disposait d’un réservoir beaucoup plus considérable: probablement 200 litres. En effet, ce n’est que par acquit de conscience que nous nous sommes arrêtés à Three Hills pour faire le plein, et ce devait être la dernière fois avant le retour du camion à Saskatoon. Deux hypothèses m’habitaient avant d’arriver à la pompe: soit qu’Isidore était particulièrement économique, soit, ce qui avait plus de chance d’être le cas, que son réservoir était plus volumineux. La facture d’essence salée a confirmé ma deuxième hypothèse. J’aurais cependant aimé que Balthazar soit équipé d’un réservoir de même capacité, ce qui nous aurait évité entre autres l’arrêt à Wawa.

De là, nous avons gagné Red Deer par la route 21, chemin que je connaissais déjà. C’est rigoureusement droit sur la carte et ce l’est tout autant dans la réalité (avec quelques très légères courbes qui ne suffiraient pas à garder un chauffeur éveillé s’il était fatigué!). À notre arrivée à Red Deer, de lourds nuages violacés planaient au-dessus de la ville, et nous avons eu droit à un orage peu après notre arrivée. Cependant, ma joie de voir ma petite maison ne pouvait pas être diminuée par une petite averse… qui n’a d’ailleurs pas duré très longtemps; juste assez pour rendre le plancher glissant lorsque nous transportions les boîtes.
J’ai procédé avec mon proprio à l’inspection d’usage, qui consiste à parcourir la maison et à noter l’état des lieux en remplissant un formulaire. Le tout a pour but d’éviter les disputes au moment du départ d’un locataire, car il est d’usage ici d’exiger de la part des locataires un dépôt de sécurité dont le montant ne peut excéder la valeur d’un mois de loyer. Ce dépôt n’est pas, comme c’est souvent le cas en Ontario, applicable au dernier mois de location; l’argent doit être déposé dans un compte séparé et portant intérêt et le locataire a droit annuellement aux versement de ces intérêts (quand il y en a!). Le site Service Alberta est très utile à consulter à ce sujet, de même que celui de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, qui fournit l’information pertinente à diverses provinces (et qui est disponible en français. Les lois concernant la location sont très différentes d’une province à l’autre, et il est essentiel de se renseigner avant de partir. Le dépôt de sécurité sert à dédommager le propriétaire en cas de réparations à faire au départ du locataire, à défaut de quoi il est remboursé au locataire à son départ. L’inspection est donc une étape cruciale qu’il ne faut pas négliger. J’ai pris de très nombreuses photos de toutes les pièces, que je vous épargne ici.

Pour le transbordement du matériel, un de mes collègues du collège et un de ses amis qui travaille au département horticole de la ville de Red Deer sont venus prêter main-forte, ce qui fut énormément apprécié des trois déménageurs fatigués que nous étions devenus. En un peu plus d’une heure, les boîtes étaient passées des véhicules à la maison; il me resterait à organiser le tout, mais ça, c’est la joie des déménagements, et je vous épargne les détails. Le lendemain matin, d’ailleurs, MC et P sont venus me donner un coup de main pour au moins sortir l’essentiel des accessoires de cuisine et assembler mon lit et ma table. Lorsque nous avons quitté Red Deer le lundi après-midi, j’avais un minimum d’équipement pour fonctionner. J’avais aussi eu le temps de placer une bonne partie de mes vêtements sur leurs cintres, car je savais que je disposerais de bien peu de temps pour m’installer lorsque je serais de retour.

Nous avons soupé, puis pris possession de notre chambre à l’hôtel. Ici, il faut revenir un peu en arrière pour expliquer mes aventures avec la chaîne Sandman. Lors de mon premier voyage à Red Deer, en mai, pour l’entrevue, j’avais réservé une chambre à l’hôtel Sandman de Red Deer. Le prix était correct et l’endroit était à proximité du collège. Toutefois, on m’avait placé à côté des ascenseurs au rez-de-chaussée (bonjour le bruit!) et, en trois jours, le personnel n’était pas parvenu à remplacer une ampoule grillée dans ma chambre. J’avais fait part de mon léger mécontentement aux gestionnaires, qui n’avaient pas réagi sur le coup. Toutefois, en juillet, alors que j’étais au milieu des préparatifs pour le déménagement, la gérante de l’hôtel m’avait téléphoné pour m’offrir une compensation: un séjour à prix réduit dans une suite «de luxe» lors de la nuit qu’il nous fallait passer à l’hôtel à Red Deer. Comme je suis toujours prêt à donner une deuxième chance à quiconque cherche à s’améliorer, j’ai accepté l’offre plutôt que de retourner à l’hôtel où j’avais couché lors de mon séjour de juin-juillet, le Travelodge, où j’avais eu droit à du service impeccable.

Nous n’avons eu aucun problème à faire annuler la nuit du 4 au 5 août (forcés que nous étions de coucher à Saskatoon). Toutefois, à notre arrivée, le soir du 5, nous avons constaté qu’il y avait un petit problème: notre suite (qui comprenait une chambre fermée où P et MC ont couché et un salon équipé d’un divan-lit qui m’était destiné) ne disposait que de deux oreillers…. Je me rends au comptoir du service, où j’apprends que l’hôtel est plein et qu’il ne reste plus d’oreillers disponibles! Il aurait probablement fallu appeler quelques chambres pour demander à des clients s’ils disposaient d’un oreiller supplémentaire, mais on ne m’a pas offert cette possibilité. J’ai pu constater par moi-même qu’il n’y avait effectivement plus aucun oreiller dans les réserves… j’ai donc emprunté une couverture supplémentaire qui, pliée dans une taie, allait me servir d’oreiller.

Bon. Comme pour l’ampoule grillée du premier séjour, ce n’était rien de bien grave et il n’y avait pas de quoi faire un drame… mais on s’attendrait à mieux quand on paie plus de 100$ pour une nuit à l’hôtel! Cette fois, au départ le lendemain matin, j’ai fait connaître mon mécontentement de manière non équivoque au gérant de service, qui m’a fait un rabais supplémentaire de 20$. Je lui ai clairement dit qu’on ne me reverrait pas de sitôt dans la chaîne Sandman… Même au motel sans prétention de Wawa, nous avions eu droit à plus d’égards! Mais les aventures hôtelières n’étaient pas terminées… il nous fallait encore coucher à Saskatoon sur le chemin du retour!

Rétrospective VII: Samedi 4 août 2007, Portage-la-Prairie, MB à Saskatoon, SK

Qui a dit que les Prairies étaient ennuyeuses et monotones? Bon. Il y a bien de grands bouts de route rigoureusement droits comme celui-ci (près de Macdonald, MB) mais, ce n’est pas tout.

Ceci devait être le dernier jour du déménagement. Nous devions parcourir environ 1300 km en une journée, mais le tout sur une route rigoureusement plane. Après ce que nous venions de vivre, ce n’était pas grand-chose… Avant de partir de l’hôtel, j’ai consulté plusieurs itinéraires possibles et mon choix s’est finalement arrêté sur la route Yellowhead, qui passe par Saskatoon. Cela nous épargnerait la circulation de la route 1 qui passe par Calgary et au bout de la ligne, c’était plus court de 200 km environ.

Après un déjeuner à l’hôtel, nous nous sommes mis en route vers le nord-ouest. Encore une fois, pas grand-chose à dire de ce trajet qui ne nous réservait aucune grande surprise, sinon quelques étrangetés, comme ces tentes parsemées dans des champs et dont nous n’avons pas découvert l’utilité. De plus, on se surprenait à constater la diversité des cultures. Beaucoup de blé, bien entendu, mais aussi d’autres céréales et même des tournesols.

Il nous a fallu arrêter à quelques reprises pour faire le plein, bien entendu, même si les arrêts pouvaient s’espacer davantage que dans le paysage accidenté du Bouclier. Le dîner s’est pris à Yorkton, Saskatchewan, en début d’après-midi. En traversant la frontière, nous avons d’ailleurs découvert que la voirie de cette province a parfois de drôles de façons de réparer l’orniérage des routes…
Nous avons croisé des villages aux noms évocateurs, dont Mozart, Kandahar, Esk, Guernsey… Ça change des noms de saints qui ponctuent le paysage québécois. À Saltcoats, nous avons pu voir un élévateur à grains traditionnel. Ils disparaissent de plus en plus des Prairies pour être remplacés par des silos industriels, ce qui veut aussi dire que les agriculteurs doivent dorénavant parcourir des distances plus grandes pour aller porter leur grain. L’élévateur à grains, autrefois l’équivalent social du parvis des églises, a perdu son rôle. Aussi, quelque part le long de la route, un vendeur de moissonneuses-batteuses avait décidé, lui, d’élever sa marchandise…

En début de soirée, nous arrivions en vue de Saskatoon, qui ne devait être qu’une étape de notre parcours, car nous avions prévu arriver à Red Deer au milieu de la nuit. Nous sommes entrés en ville vers 18 h 30 et nous avons entamé son contournement par «Circle Road». C’est alors que s’est produit un drame: notre fidèle Balthazar a rendu l’âme. Nous venions de passer la sortie de l’Université de la Saskatchewan lorsque le moteur a fait reuf-teuf-teuf, puis s’est arrêté, ne nous laissant que l’élan suffisant pour nous diriger vers l’accotement, en pleine zone de travaux. P a fait preuve de dextérité en manoeuvrant habilement entre les cônes. Plus moyen de redémarrer. La panne (et non, ce n’était pas par manque d’essence ni une défaillance électrique). Plus de compression. Plus rien.

Que faire? Nous sommes un samedi soir, après que tous les commerces ont fermé pour la longue fin de semaine (dans toutes les provinces canadiennes sauf le Québec, le premier lundi d’août est jour férié). J’ai bien tenté de contacter Via Route, mais c’était évidemment fermé. Le numéro d’urgence fourni par Via Route ne fonctionnait pas hors du Québec à cause d’une complication des ententes de service entre les compagnies Hino et International. En fait, en appelant ce numéro, on me dirigeait vers Penske… dont je regrettais de ne pas avoir choisi les services. En fouillant dans les papiers, MC a trouvé le numéro de la compagnie d’assurance, et c’est à travers elle que nous avons finalement eu du secours et que nous avons été mis en contact avec des remorqueurs locaux: Brad’s Towing.

Quelques minutes plus tard, c’est Brad en personne qui est arrivé avec son 4X4 pour venir évaluer la situation afin de décider quelle remorqueuse employer. Non seulement nous a-t-il fourni du service, mais il nous a aussi rassurés et, constatant que la panne ne se réparerait pas en criant lapin, il s’est mis en frais de nous trouver un camion de remplacement en ce samedi soir… où à peu près tout était fermé. Il appelait même chez eux les propriétaires d’agences de location. Malheureusement, on aurait dit que tous les camions de la ville étaient loués. Idem pour les déménageurs. Si vous tombez en panne à Saskatoon, appelez Brad’s Towing. Vous aurez du service hors-pair: il a finalement réussi à résoudre notre problème. Le camion a été apporté chez le concessionnaire International (qui était fermé, bien entendu) et placé de manière à ce que l’on puisse accéder à sa caisse pour opérer le transfert de son contenu dans un autre camion, lequel nous avons finalement déniché à l’agence National de l’aéroport.

Le seul hic était que nous revenions à la case départ: ce camion était encore trop petit pour le poids de mon chargement… il faudrait louer deux véhicules pour faire le travail que Balthazar faisait seul: un camion de 16 pieds et une minifourgonnette, qui était le seul autre véhicule disponible qui puisse transporter le matériel. Le tout fut finalement arrangé et nous avons pris congé de Brad, pris possession des deux véhicules, et mis le cap sur un hôtel de Saskatoon (encore le Super 8) pour réserver. Un dernier détail restait à régler: nous avions faim et il était près de 22 h. Les restaurant de Saskatoon (comme à bien d’autres endroits dans l’Ouest canadien) ferment horriblement tôt… il a fallu nous rabattre sur un Denny’s. Je l’avoue: j’étais au bord des larmes, pas à cause de la nourriture grasse, mais à cause de ces contretemps qui nous tombaient dessus.

Si vous déménagez, je souhaite que vous ayez des amis hors-pair comme les miens.

Je vous souhaite également de rencontrer des gens remplis de bonté et de désir d’aider comme nous en avons trouvé à Saskatoon. En Alberta, les gens de la Saskatchewan sont considérés comme des Béotiens (l’équivalent des Newfies au Québec); pourtant, comme pour les Terre-neuviens, cette réputation n’est aucunement méritée.

Nous avons quand même bien dormi cette nuit-là… même si le lendemain ne s’annonçait pas de tout repos!