Champignon champion

Comme je le mentionnais, nous avons eu un mois fort pluvieux… avec pour résultat que beaucoup de pelouses affichent de très visibles «ronds de sorcière». Aussi, ce soir, pendant notre petite promenade digestive, nous avons pu voir ce spécimen au chapeau particulièrement ample (mon pied est présenté pour donner une idée de l’échelle; le diamètre dépassait facilement 15 centimètres). Je ne l’ai pas cueilli puisque je n’y connais rien en champignons, mais c’était tout de même spectaculaire.

Bain de foule

Depuis les événements qui ont bouleversé notre vie collective en mars 2020, mon cher et tendre et moi-même évitons soigneusement les foules… parce que, franchement, ça ne vaut pas la peine de se rendre plus malades que nécessaire. Cependant, malgré nos réticences, il fait du bien de temps à autre de voir d’autres humains. C’est donc ce que nous avons fait cet après-midi alors que nous devions nous rendre dans le quartier Old Strathcona pour une course bien précise et que nous avons pu constater qu’il y avait foule. Nous avons alors appris qu’il s’agissait de la Marche (ou marché) des Arts de l’Avenue Whyte, pendant laquelle le quartier se transforme en foire artistique

Comme il faisait très beau (avant que le ciel s’ouvre à nouveau et laisse tomber des trombes d’eau), nous avons décidé, derrière nos masques, de braver la foule (que l’on ne voit pas sur la photo ci-haut parce que… je cherchais justement un endroit d’où on pourrait avoir une vue dégagée) et de nous aventurer parmi les kiosques. Nous avons donc fait le tour du site, mon cher et tendre portant autant attention à la foule (et aux individus la composant) qu’aux œuvres exposées. C’est intéressant de constater qu’il y a en Alberta une vie artistique bien active, même si franchement je trouve que la plupart des artistes présents sont, bon… plutôt moyens dans leurs talents avec beaucoup d’œuvres dérivées. Je n’ai rien acheté, mais il y avait quelques œuvres intéressantes ici et là. Ça faut quand même le détour si vous êtes en ville cette fin de semaine.

Après avoir parcouru les étals, mon cher et tendre a simplement affirmé qu’il nous faudrait réveiller nos bons vieux appareils photos et nous mettre un peu au travail pour achever la décoration du logis… Ce serait un bon moyen de passer cet été hors de la maison!

Neige de fin d’hiver

Face aux photos très printanières de Matoo à Nantes, voici ce dont Edmonton a l’air ce matin… après une fin de semaine de neige. Il fait un beau -10°C en ce mardi matin de la journée internationale pour l’avancement des droits des femmes.

Et non, je ne suis pas indifférent à ce qui se passe dans le monde… mais je laisse à d’autres, mieux qualifiés que moi, la responsabilité d’en parler de manière plus informée.

Vague de froid

Pas très loin de chez nous, à l’Halloween et au temps des Fêtes chaque année, un voisin se lance avec un enthousiasme délirant dans la décoration… pour le plus grand plaisir du voisinage (cliquez sur l’image pour voir la même maison à l’Halloween!). L’un des bonhommes ne pouvait mieux représenter le temps actuel:

Nan mais… si vous suivez un peu l’actualité, vous savez que les trois provinces les plus à l’ouest sont présentement sous l’influence d’une masse d’air arctique qui semble s’être installée à demeure. On ne nous a pas encore ressorti l’expression «vortex polaire» mais cela en a toutes les apparences:

Image tirée du site d’Environnement-Canada. Cliquez sur l’image pour avoir accès à l’information mise à jour.

Voilà… Cela ne nous empêche tout de même pas d’aller profiter un peu de l’extérieur, bien emmitouflés dans nos parkas et autres accessoires de survie au froid:

Ça, c’était la nuit dernière (la photo a été prise à la lueur d’un réverbère) avec l’état de la météo à ce moment-là. Nous n’avons pas encore sorti les chapkas, mais si nous allons nous trotter ce soir, cela ne sera probablement pas de trop.

Ce soir, le froid s’est accentué et, ironie du sort, le «Top 10» des événements météo de l’année 2021 au Canada qui apparaît aujourd’hui concerne les vagues de chaleur de l’été dernier. On ne pourrait pas faire plus ironique si on essayait!


Notre arsenal contre la froidure s’est enrichi, ces derniers jours, de véritables bottes d’hiver capables de supporter ces températures des heures durant. Nous ne nous priverons pas d’aller à l’extérieur simplement parce que Mère Nature a décidé de rendre ça difficile. Et ça ne s’annonce pas bien mieux pour les prochains jours; on ne peut quand même pas rester enfermés tout ce temps!

Prévisions affichées sur le site d’Environnement-Canada. Cliquez sur l’image pour accéder au site et aux prévisions à jour.

Boussole et tournesols

C’est bien connu, le tournesol n’a pas besoin d’une boussole… Et ceux que font pousser les voisins dans leur courette semblent ne pas avoir trop souffert de notre été exceptionnellement chaud et sec; il faut dire qu’ils ont été généreusement arrosés. Paraît-il que c’est quelque chose qui s’est produit un peu partout dans la province: les tournesols sont tout simplement gargantuesques cette année. Le plus grand des plants atteignait facilement entre trois et quatre mètres de haut. Le lendemain de cette photo, le vent l’avait renversé et les voisins l’ont abattu.

Mais parlons boussole pour quelques instants. La boussole électorale, s’entend. Le 15 août dernier, le 43e Parlement a été dissous et des élections législatives fédérales ont été déclenchées. Pour nos lectrices et lecteurs d’outre-mer, il n’y a pas d’élections présidentielles au Canada, puisque notre système de gouvernement est une monarchie constitutionnelle et que le chef (présentement la cheffe) de l’État est la Reine, représentée au Canada par un.e gouverneur.e général.e. Le poste n’est pas soumis à des élections: la personne qui sert comme gouverneur.e général.e est nommée par la Reine sur recommandation du ou de la Premier.ère Ministre en poste. Le système parlementaire qui est le nôtre appelle à des élections où les citoyen.ne.s votent pour un.e représentant.e local.e dont le poste est connu en français comme «député.e». Pour ce faire, le pays est divisé en circonscriptions électorales, souvent nommés comtés dans le langage populaire. Il y a présentement 337 de ces circonscriptions et le nombre varie selon la population. La formule d’attribution des circonscriptions électorales est assez complexe mais tient compte de divers facteurs qui ont évolué au fil du temps dans une quête jamais assouvie d’assurer une représentativité équitable de la population. En gros, chaque circonscription devrait représenter un nombre aussi égal que possible de citoyens, mais des facteurs comme la densité variable de la population fait qu’il y a des circonscriptions urbaines dont on peut faire le tour en marchant d’un bon pas en une heure à peine alors que certaines circonscriptions nordiques sont tellement étendues qu’on ne peut les parcourir qu’en avion (on peut voir la carte des derniers résultats électoraux ici). On devine le casse-tête logistique du processus électoral…

Pour faire court, le but d’une élection fédérale (le même système s’applique, mutatis mutandis, lorsqu’il y a des élections provinciales) est, pour chaque parti politique, de faire élire des candidats dans le plus grand nombre possible de circonscriptions, puisque le gagnant de l’élection est déterminé par le parti qui remporte le plus grand nombre de circonscriptions, chacune obtenant un siège à la Chambre des Communes (l’assemblée législative fédérale). L’occupant.e de chaque siège sera la personne ayant remporté le scrutin uninominal à un tour dans sa circonscription, cette personne représentant généralement l’un des partis politiques. Les candidats indépendants sont assez rarement élus à moins de susciter un deuxième mandat après avoir été élus une première fois sous la bannière d’un parti politique. Autrement dit, au niveau de la circonscription, le ou la candidat.e ayant remporté le plus grand nombre de votes, même si c’est moins de la moitié, remporte le siège et le parti ayant remporté ainsi le plus grand nombre de sièges sera appelé par le ou la gouverneur.e général.e à former le gouvernement. Il y a de possibles exceptions à cette règle pouvant, par exemple, entraîner le parti au pouvoir avant l’élection à être convoqué pour former un nouveau gouvernement même sans la pluralité des sièges dans des circonstances bien précises. La personne qui mènera le gouvernement porte le titre de Premier ou Première Ministre et cette personne doit élue comme député.e dans sa propre circonscription pour pouvoir siéger en Chambre en plus de voir son parti remporter la pluralité des sièges. La population dans l’ensemble n’élit donc pas directement le ou la Premier.ère Ministre. C’est plus simple à vivre qu’à expliquer…

Il peut y avoir un gouvernement majoritaire lorsque le parti au pouvoir a obtenu plus de la moitié des sièges à la Chambre des Communes ou un gouvernement minoritaire (c’était le cas du 43e Parlement qui vient d’être dissous) lorsque le parti au pouvoir a obtenu la pluralité (le plus grand nombre de sièges) sans toutefois avoir atteint la majorité (la moitié des sièges plus un). Le système parlementaire canadien ayant été calqué au dix-neuvième siècle sur le système parlementaire britannique, il est basé en principe sur l’opposition de deux partis politiques, ce qui explique la disposition de la Chambre en face-à-face plutôt qu’en hémicycle. Toutefois, depuis après la Première Guerre mondiale et en partie à cause des crises créées par celle-ci, il y a toujours eu trois partis ou plus représentés en Chambre. Plus il y a de partis représentés, plus il devient difficile d’obtenir un gouvernement majoritaire. Il y avait, à la dissolution du Parlement, cinq partis représentés en plus de cinq députés «indépendants» (n’ayant pas d’affiliation politique officielle). C’est en partie à cause de cette situation de gouvernement minoritaire que des élections anticipées ont été déclenchées cette année; la dernière élection «régulière» ayant eu lieu en 2019. Constitutionnellement, les élections doivent être déclenchées au moins tous les cinq ans (Loi constitutionnelle de 1982, art. 50), sauf en cas d’urgence nationale, comme ce fut le cas durant la Première Guerre mondiale, où l’élection prévue en 1916 a exceptionnellement été reportée à l’année suivante. Toutefois la Loi électorale du Canada a été amendée en 2007 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, sous influence étatsunienne, pour créer un cycle électoral de quatre ans, dictant que «les élections générales ont lieu le troisième lundi d’octobre de la quatrième année civile qui suit le jour du scrutin de la dernière élection générale (art. 56.1(2))». Ce changement (aux motivations discutables à mon avis, confirmait en partie une tradition assez bien ancrée dans les pratiques politiques de tenir des élections dans l’année précédant la fin constitutionnellement prévue par un mandat, donc plus ou moins aux quatre ans. Toutefois, le fondement d’une élection reste la capacité du parti au pouvoir de maintenir la confiance de la Chambre des Communes et c’est là qu’un gouvernement minoritaire est, dans un certain sens plus fragile: une défaite sur une motion de confiance entraîne aussi automatiquement le déclenchement d’élections. Dans le cas présent, il n’y a pas eu de vote de confiance et cette élection est vue assez cyniquement comme une tentative du gouvernement libéral sortant de consolider son pouvoir en cherchant à obtenir une majorité. C’est probable. Les gouvernements minoritaires présentent une possible instabilité, mais ils ont aussi l’avantage de forcer le parti au pouvoir à négocier avec l’un ou l’autre parti d’opposition afin de se maintenir au pouvoir, ce qui entraîne un partage plus large du pouvoir de décision et des concessions souvent souhaitables.

Il y a donc des élections qui se tiennent lundi. J’ai déjà voté, car je vote presque toujours par anticipation, mais je vous partage le résultat de mes réponses à la Boussole électorale; ceux-ci ne surprendront pas celles et ceux qui me connaissent:

Comme à peu près à toutes les élections, je suis à gauche de la gauche autant en ce qui concerne les questions économiques et sociales. Évidemment, on me dira que je suis très mal à ma place en Alberta, où le vote sera presque assurément et presque unanimement conservateur à moins d’une surprise de taille, avec fort probablement une bonne représentation des partis d’extrême-droite que sont le Parti populaire et le Parti Maverick (essentiellement un parti séparatiste de l’Ouest).

La culture politique actuelle a même entraîné dans la province une tempête parfaite pour le virus et ce n’est que la semaine dernière, sous intense pression, que le gouvernement provincial a décidé de remettre en place des mesures sanitaires au demeurant fort limitées. C’est sur la route du retour de Red Deer que j’ai écouté la désastreuse conférence de presse du Premier Ministre provincial, accompagné de l’hygiéniste en chef et du Ministre de la Santé, où de timides semblants d’excuses ont été présentées pour le bilan dévastateur de la pandémie. Il semble toutefois que cela aura décidé une frange de la population réfractaire à la vaccination à enfin passer à l’acte. Je vous laisse sur les tableaux suivants, qui illustrent les ravages de la quatrième vague (entièrement prévisible et surtout évitable) de l’épidémie dans la province. Ces graphiques sont tirés du site dédié du gouvernement provincial, où l’on trouvera également ces mêmes graphiques à jour ainsi que les données détaillées.

Évolution du nombre de cas depuis le début de l’épidémie. On notera l’insignifiance de la première vague comparativement aux autres (simplement parce que les mesures de confinement ont fonctionné).
Surcharge du système de santé. Ce graphique ne tient pas compte du fait que le nombre de lits de soins intensifs dépasse de près de 50% la capacité initiale. Il y a présentement 287 lits de soins intensifs occupés, mais il n’y a en réalité que 173 lits disponibles dans les unités dédiées de soins intensifs dans les hôpitaux de la province.
Nombre de doses de vaccin administrées. Seul l’avenir permettra de vérifier si la tendance à la hausse se poursuivra.