Dix ans déjà!

Voilà que ce badge apparaît sur mon tableau de bord… J’ai omis de souligner les dix ans de ce blogue, lancé sur la plateforme Blogspot en janvier 2008 puis déplacé ici en juin de la même année… il y a dix ans aujourd’hui. J’ai gardé la propriété de l’adresse sur Blogspot et j’y publie épisodiquement des articles sur mon travail. Ce blogue a eu des hauts (surtout les deux premières années) et des bas (par la suite), mais il continue à remplir sa mission originale: parler de la vie en Alberta pour cet expatrié de sa province d’origine… et curieusement, mon lectorat demeure surtout Français d’outre-Atlantique.

J’ai dû prendre une pause ces derniers jours… Je reviendrai avec les photos promises du défilé de la Fierté. Je dois toutefois terminer mes rapport de fin d’année avant la fin de la semaine et entre-temps me rendre à Edmonton à deux reprises. Promis: je ne vous ai pas abandonnés.

Photo de truc humoristique

S-PoiresMa contribution à la «photo de truc» de Dr. CaSo hier… Le thème choisi était «un truc porteur d’espoir». J’ai un humour parfois un peu déjanté et je ne peux jamais refuser un rébus / calembour visuel. Et les poires, que j’ai finalement mangées fraîches, étaient délicieuses, même en ce début janvier. Espoir de la renaissance printanière, donc!

Pour voir les photos des autres participants, on va ici.

Et la session a repris: j’ai espoir de survivre avec l’essentiel de mes neurones, même si je restructure deux de mes quatre cours!

Réponse tardive à un tag culinaire

Salade tiède tofuEn farfouillant sur le blogue de Sèv, je suis tombé sur cet article de 2012, où Oth et elle répondent à un tag culinaire. Ses questions m’ont intrigué et donc, je vous les partage… et si ça vous amuse, vous pouvez les reprendre à votre compte!

1. Inaugures-tu une nouvelle recette quand tu as des invités ou préfères-tu la tester d’abord en solo (ou sur ta famille)?

J’ai fait les deux. Certaines recettes se prêtent mal, lorsqu’elles génèrent de vastes quantités, à des essais pour nous seuls (par exemple, essayer une nouvelle farce pour la dinde; on peut goûter la farce, mais on ne sait pas ce que ça donnera dans l’oiseau avant de l’essayer). D’autres, parce que l’on veut s’assurer de la saveur ou de la texture, requièrent des essais. J’ai récemment fait les deux (suivre les liens).

2. Quand tu es en rade d’un aliment, tu vas chez le voisin pour être dépanné ou tu changes tes plans?

J’ai toujours détesté cette manie de nos voisines qui, lorsque j’étais enfant, apparaissaient à l’improviste pour quémander une tasse de sucre ou un peu d’un autre ingrédient. Mes parents ne demeuraient pas près d’une épicerie et ça se comprend jusqu’à un certain point, mais je n’irais jamais chez le voisin quérir des aliments. Si nécessaire, je me rendrai en chercher à l’épicerie, mais souvent, je substitue (sans nécessairement changer mes plans). En fait, lorsque je dois préparer quelque chose, je prévois et j’achète le nécessaire.

3. Comment préfères-tu la cuisson des œufs?

Tout dépend. Au restaurant, je demande généralement tournés, avec le jaune coulant, parce que c’est à peu près la seule cuisson qui donne des résultats relativement prévisibles (les œufs brouillés sont irrémédiablement secs, les œufs sur le plat ne seront pas assez cuits en surface et ne demandez pas un œuf poché au Canada… ils ne savent pas ce que c’est, à moins qu’ils servent des œufs bénédictine, et encore!). Pour ce qui est des œufs à la maison, je les fais parfois sur le plat, parfois brouillés (avec un peu d’oignon, de champignons et d’assaisonnements), parfois en omelette, parfois bénédictine… ça dépend de mon inspiration du moment, du temps dont je dispose et des ingrédients d’accompagnement que j’ai sous la main. Je n’ai jamais préparé d’œufs à la coque.

4. Si parmi tes invités il y a des enfants, leur prépares-tu quelque chose de différent que ce que tu mitonnes pour les adultes?

J’ai été élevé avec l’idée que les enfants mangent la même chose que les adultes, peut-être en quantité moindre. Je planifie donc en conséquence et je ne sers pas quelque chose de trop complexe ou de trop rébarbatif s’il y a des enfants. Cependant, tout le monde mange la même chose.

5. Par rapport à ton enfance, y a-t-il des aliments que tu t’es mis à aimer, et au contraire d’autres que tu n’aimes plus?

Mon répertoire gastronomique s’est immensément élargi depuis l’enfance. Au fait, vous avez vu la page donnant la liste de l’ensemble des recettes publiées sur ce blogue? Mes parents n’étaient pas trop aventureux côté culinaire, et donc, j’ai grandi avec une diète relativement limitée. De plus, j’étais un enfant «difficile» en ce qui concerne les aliments. J’ai déjà déclaré ne pas aimer les tomates, les concombres, le steak (le bifteck), et diverses autres choses que je mange depuis avec appétit. Ma mère a bien essayé de me faire aimer le boudin noir. Encore aujourd’hui, c’est l’un des très rares aliments dont même l’odeur me lève le cœur.

6. A choisir : du bio qui a fait le Tour du Monde pour rejoindre ton marché hebdomadaire ou des produits du terroir que tu vas chercher chez les producteurs du coin (avec juste un peu de pesticide, mais pas trop)?

Je prends ce que je trouve à l’épicerie et qui ne coûte pas trop cher, sans pour autant contenir trop d’ingrédients étranges. Je n’achète pas bio par exprès. J’essaie surtout d’éviter les additifs artificiels et le sel sous toutes ses formes. Comme je cuisine beaucoup moi-même, j’achète très peu d’aliments préparés, ce qui réduit mon exposition aux additifs.

7. Regardes-tu les émissions culinaires «à la mode»?

Cela requerrait un téléviseur… Oh… et les affaires «à la mode», très peu pour moi.

8. Quand tu vas dans un restaurant typique, tu commandes une spécialité ou un steak-frites (nan parce que j’en connais qui le font…)?

Je suis du genre à tenter de choisir quelque chose qui reflète la spécialité du restaurant, puisque j’ai choisi l’endroit pour le dépaysement culinaire. J’aime aussi ne pas me cantonner à un seul plat lorsque je vais dans un restaurant de chaîne ou un restaurant de «cuisine familiale». Mon conjoint devient alors friand du hamburger-frites… mais il a aussi quelques préférences en cuisine indienne et thaïlandaise. Il est davantage une créature d’habitudes que je le suis.

9. Es-tu un puriste des recettes régionales (clafoutis forcément à la cerise, far uniquement aux pruneaux, tarte flambée crème, lardons, oignons et rien d’autre, …)?

Nan, mais que faites-vous de la créativité culinaire? Je viens d’une province où la «tourtière» veut dire quelque chose de différent d’une famille à l’autre. On ne va pas chipoter sur la pureté des recettes, quand même!

10. Penses-tu que les knackis Hert* soient réellement conformes aux véritables knacks alsaciennes?

Hein?

11. Comment vois-tu notre alimentation dans 30 ans?

La vôtre, en France, je ne sais pas. La nôtre semble s’internationaliser et c’est très bien ainsi, parce que le «steak-blé d’inde-patates» des générations précédentes, on s’en passe, quand même!

Et si vous vous demandez, la photo d’en-tête est une salade tiède au tofu que j’ai préparé avec mon Oyaté en avril dernier et que je pensais afficher sur le blogue un de ces quatre, mais j’ai maintenant oublié de quoi il s’agissait. Je peux voir qu’il y avait des tomates, du tofu, du brocoli, du poivron jaune et de l’orzo (qui devait servir de substrat), mais au-delà de cela, j’ai complètement oublié, sinon que c’est un plat sauté avec une vinaigrette à l’huile et que c’était délicieux.

Un tag du passé

Villa Manrèse, Port-au-Prince, Haïti. Photo de Sylvie Bédard tirée de SlideShare. Cliquez sur l'image pour la voir sur le site original.
Villa Manrèse, Port-au-Prince, Haïti. Photo de Sylvie Bédard tirée de SlideShare. Cliquez sur l’image pour la voir sur le site original.

Il y avait longtemps qu’un tag ne m’avait effleuré. Et voilà que ça frappe à nouveau. Une de mes collègues du secondaire, amie via Fesse-de-Bouc, avait sur son mur une série de descriptions d’elle à l’âge de 22 ans. Ça m’a plu comme idée et elle m’a à mon tour demandé ce qu’était ma vie à 30 ans.

Holà! Elle ne pouvait pas le savoir (nous n’étions pas en contact il y a 12 ans) mais elle est tombée sur le jackpot! Parce que, à 30 ans, il s’en passait des choses. D’abord, les quatre questions de base:

  • L’âge qu’on m’a assigné: 30 ans
  • L’endroit où je vivais: c’est là que ça se complique. Selon la période de l’année, je vivais soit au presbytère de l’église Saint-Viateur d’Outremont-ma-chère, soit à Port-au-Prince, soit à Rigaud, soit, à la Maison Provinciale des Clercs de Saint-Viateur à Outremont, soit, presque, à Amos en Abitibi. On le devine, ce fut une année rocambolesque.
  • Le véhicule que je conduisais: C’est plus simple, car je n’avais pas encore mon permis de conduire (l’histoire derrière cela est assez longue).
  • Ce que je faisais: J’étais novice, puis profès de vœux temporaire chez les Clercs de Saint-Viateur, ce qui explique en partie mes nombreux changements de lieu de résidence. J’y reviens dans un instant. J’étais également étudiant en fin de rédaction de thèse de doctorat.
  • À qui mon cœur était voué: En théorie, Jésus. En pratique, à personne en particulier, donc à l’humanité entière et tout particulièrement aux jeunes blessés par la vie que mon travail pastoral m’amenait à côtoyer.
  • Mon âge actuel: 42 ans et quelques poussières
  • L’endroit où je vis: Red Deer en Alberta.
  • Le véhicule que je conduis: Tous les lecteurs réguliers de ce blogue savent qu’il s’agit de Clio, notre fidèle Volkswagen Golf 2011 TDI.
  • Ce que je fais: J’enseigne l’histoire au Collège de Red Deer. Je suis aussi responsable du comité de développement professionnel du collège. Et je représente ma région au sein du conseil d’administration de l’Association canadienne-française de l’Alberta. L’enseignement me passionne. L’histoire aussi. La francophonie itou. Et mes étudiants me dynamisent. Mais les cours se terminent mercredi prochain et j’ai fichtrement hâte parce que j’ai besoin de repos.
  • À qui mon cœur appartient: À Oyaté, bien sûr! Cinq ans bientôt que nous faisons vie commune. Et je l’aime toujours autant. Oh! Et il partage — un peu — mon affection avec quatre félins adorables.

Bon… En faisant ce petit exercice, toutefois, mon ancienne compagne de classe a fait remonter tout un flot de souvenirs, d’où cet article. Je ne pouvais simplement pas me contenter de la réponse brève.

En août 2001, après deux ans de cheminement comme postulant dans la communauté des Clercs de Saint-Viateur, je faisais mon entrée au noviciat, la première étape du processus formel de formation à la vie religieuse. Il y a peu de temps, je parlais de ma sortie de communauté (il y a dix ans cette année), mais ce billet me ramène à ses débuts. Le postulat s’était plutôt bien passé. J’avais vécu ces deux années de «fréquentations» avec la communauté avec sérénité. La première année s’était passée à la Maison Provinciale d’Outremont, lieu pratique qui me permettait de me rendre facilement à McGill, où j’étais toujours étudiant et où j’allais chaque jour passer plusieurs heures dans un cubicule plutôt isolé pour y rédiger ma thèse. L’endroit n’était pas particulièrement dynamique (la maison servant surtout de lieu de repos pour les religieux à la retraite ou en semi-retraite), mais cela m’exposait justement à une réalité fondamentale de la vie religieuse au Québec: sa sénescence.

Ma deuxième année, après un été passé à la Grande Maison de Sainte-Luce-sur-Mer, s’était vécue dans une des maisons de jeunes que la communauté tenait. Je vivais avec cinq jeunes universitaires et deux religieux dans un triplex du quartier Villeray à Montréal, aménagé en résidence de jeunes. Là, j’ai surtout réappris la vie en commun dans un milieu dynamique mais qui posait aussi ses défis. Je continuais à rédiger au bureau, surtout parce que mon lieu de vie privé, installé dans ce qui avait été la cuisine et la salle à manger de l’un des petits logements de l’étage, était plutôt… coincé et chargé. J’avais complété un premier brouillon complet de thèse lorsque j’ai tout mis dans des boîtes en août 2001 pour entrer au noviciat. Ironiquement, au presbytère Saint-Viateur d’Outremont, j’avais une suite (chambre et bureau) immense… et pratiquement vide, puisque l’essentiel de mes possessions était en rangement.

L’année de noviciat se veut un retrait partiel volontaire du monde ou, comme le disait mon maître de formation, il fallait que je crée un «exclos» autour de moi de façon à laisser de la place à la nouveauté et à l’Esprit. Ce n’était pas facile et j’ai eu du mal à la fois à m’adapter au milieu quelque peu prétentieux d’Outremont-ma-Chère et à un Père-Maître que je ne savais pas trop par quel bout prendre au début. Nous étions quatre dans le presbytère: deux religieux (mon maître de formation et son socius, un religieux âgé à l’aspect bourru mais pour qui j’ai développé une grande affection: il est devenu le grand-père que je n’avais pu avoir, mes deux grands-pères étant décédés lorsque j’étais trop jeune. Avec nous trois vivait un associé de la communauté qui tentait de son mieux de faire sa place dans notre petit groupe. Il participait activement à notre vie de prière, mais il ne suivait pas le programme de formation qui était le mien et on pouvait sentir que cela lui déplaisait par moments.

La vie de novice est faite de prière, de réflexion, mais aussi d’études. J’ai dû mettre mes études doctorales en suspens, mais j’ai suivi des ateliers de formation et même des cours dans divers instituts de formation théologique et spirituelle durant l’année. Je faisais aussi partie d’un groupe de novices de diverses communautés qui se rencontrait périodiquement à la fois pour se soutenir mutuellement et pour recevoir de la formation: l’internoviciat. J’ai d’ailleurs gardé contact avec certaines religieuses qui ont été formées dans la même cohorte.

La vie de novice était également faite de tâches quotidiennes… comme de faire la cuisine pour toute la maisonnée. En effet, pendant mon année à Saint-Viateur, notre cuisinière (excellente par ailleurs) a dû partir en congé de maladie pendant plusieurs mois. À défaut d’arriver à lui trouver une remplaçante compétente et après avoir passé quatre ou cinq personnes en cuisine, j’ai pris le relais, en compagnie des autres membres de la maisonnée. Disons que ça m’a appris beaucoup, surtout lorsque nous recevions et qu’il fallait cuisiner pour vingt. Et comme c’était à Outremont, un certain raffinement s’imposait.

Cette année a trouvé son paroxysme en mars 2002, alors que nous sommes allés, mon maître de formation et moi, passer un mois en Haïti. On m’y emmenait en partie pour tester ma capacité à m’acclimater à d’autres environnements sociaux et religieux — surtout à la pauvreté de moyens qu’on y trouve — mais aussi pour y poursuivre ma formation spirituelle. Ce mois passé dans le pays le plus pauvre des Amériques m’a ouvert les yeux, mais aussi transformé. Et cela n’a pas attendu. Sitôt descendu de l’avion (ayant passé des -20° qu’il faisait à Montréal au décollage pour descendre sur un tarmac surchauffé à probablement 45°), nous partions en direction d’une maison de formation des Sœurs de la Sagesse, où se déroulait une session de l’«internoviciat» haïtien. J’étais la minorité visible au milieu de plus d’une centaine de jeunes religieuses et religieux haïtiens. Mon intégration au groupe était rendue d’autant plus difficile par le fait que la plupart parlaient créole, mais aussi parce que ma couleur de peau créait immédiatement une distance associée aux relations de pouvoir inscrites dans la société haïtienne. Je n’oublierai jamais cette expérience profonde. J’ai dû mettre les bouchées doubles, par exemple en lavant quotidiennement la vaisselle, pour montrer que je n’étais pas là en poussah colonialiste.

Et que dire de la puissance de ces chants entonnés dans une chapelle à l’éclairage fluorescent (disons que l’esthétique laissait à désirer). Ces voix qui se mettaient naturellement en harmonie et qui donnaient un rythme exquis à des chants qui, au Québec, portaient l’accent de la routine et de l’ennui. Quelle énergie! On se ferme les yeux, on oublie les néons et on se laisse porter!

Toujours à trente ans, le retour d’Haïti ne fut pas facile. Une décision était tombée du supérieur provincial qui expédiait le novice et son maître de formation à Rigaud, effet d’un changement de l’affectation principale dudit maître, qui était définitivement et brutalement relevé de ses fonctions pastorales de curé à Saint-Viateur pour prendre en charge le sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes de Rigaud en tant que recteur. C’était une décision surprise qui allait transformer le novice de cuisinier en coordonnateur de déménagement pendant presque un mois. Ce n’était pas une sinécure que de vider un presbytère qui contenait de nombreuses œuvres d’art (le maître de formation étant aussi un artiste)… tout en vivant les contrecoups d’une décision qui avait été imposée d’autorité et non discutée au préalable avec le principal intéressé. Disons que le noviciat s’est terminé non seulement dans un milieu presque inhospitalier (la résidence Charlebois de Rigaud, une autre maison de religieux retraités pour l’essentiel et ironiquement ancien noviciat communautaire à l’époque des vocations nombreuses), mais dans un climat qui mettait clairement en relief les jeux politiques et les relations de pouvoir dans une congrégation religieuse. Lorsque j’ai prononcé mes vœux temporaires en août 2002, personne ne se posait la question traditionnelle à savoir si le novice «avait été suffisamment éprouvé». Son père-maître aussi.

À trente ans, j’ai donc vécu en milieu paroissial, puis en mission, pour ensuite vivre la mission pastorale d’un sanctuaire de campagne. Il me restait, à l’automne 2002, à terminer la révision de ma thèse et à la soumettre avant de me rendre dans mon premier lieu d’engagement en tant que religieux: l’Abitibi. J’allais y vivre une adaptation difficile au départ du fait que je n’avais pas de permis de conduire et que la résidence où j’habitais était au beau milieu de la campagne (j’ai finalement reçu la formation nécessaire et reçu mon permis de conduire en novembre 2003). Cela m’a permis de mieux m’engager auprès des jeunes… mais il était trop tard et celui qui avait décidé du déplacement brutal du noviciat allait aussi être responsable de mon départ de la communauté. Toutefois, ce qui avait au départ été une relation difficile entre mon maître de formation et moi-même devait devenir une forte amitié dans cette phase d’épreuve du noviciat, une amitié qui dure, témoin sa visite en Alberta l’été dernier. Il faudrait d’ailleurs que j’en parle… un de ces quatre.

Réflexions du Nouvel-An, 4

Parc derrière l'hôtel de ville de Saint-Albert, Août 2013
Parc derrière l’hôtel de ville de Saint-Albert, Août 2013

Rétroliens: première, deuxième et troisième partie de cette récollection.

Les médias sociaux

Je ne peux pas terminer cette série de réflexions sans toucher mot des autres médias sociaux qui ont un impact sur ma vie. Alors que la blogosphère semble parfois s’étioler, la vie continue ailleurs… d’abord dans la réalité dure et crue (mais ô combien agréable parfois), mais aussi sur d’autres plateformes de communication virtuelles. Comme bien d’autres, ma vie virtuelle n’a pas lieu que sur les deux blogues que je tiens.

J’ai un compte sur Fesse-de-Bouc depuis presque le début de la disponibilité de ce site hors de Harvard. En novembre 2006, répondant à l’invitation d’un ancien étudiant (plus par curiosité qu’autre chose), je crée un profil. À l’époque, le réseau était essentiellement restreint aux réseaux universitaires, si bien qu’on y retrouvait surtout des étudiants dans la jeune vingtaine qui partageaient leurs photos de festivités de fins de semaines. Cela manquait décidément d’intérêt et j’ai désactivé mon profil. C’était toutefois à l’époque où il était impossible de complètement effacer son profil; comme je l’ai appris lorsque je l’ai réactivé, en 2011, il était malgré tout visible et j’avais des demandes d’amitié virtuelle.

Pourquoi ai-je réactivé la chose? Deux motifs liés à mes activités socio-professionnelles. Le motif immédiat était de pouvoir rester en contact avec le comité d’organisation des festivités du centenaire de Red Deer (qui a eu lieu en 2013). Toutefois, ce n’était que le déclencheur. L’autre motif était de pouvoir rester plus facilement en contact avec les trois groupes étudiants dont je suis le (ou l’un des) responsable facultaire: le groupe des Premières Nations, celui de la Fierté et celui, bien entendu, des étudiant-e-s en histoire. Oui, quand je m’ennuie au travail, je m’occupe de groupes étudiants.

Curieusement, c’est via Fesse-de-Bouc que j’ai retrouvé ces liens avec mes familiers (famille et amis d’avant mon expatriation) que je cherchais à entretenir lorsque j’ai lancé ce blogue. Je suppose qu’ils préfèrent les messages brefs et l’interactivité sur cette plateforme à un blogue plus détaillé et riche en photos. Eh bien… tant qu’on peut maintenir un lien, ce n’est pas tant la manière qui importe que le lien lui-même, si ténu soit-il. J’ai toujours des réserves face à Fesse-de-Bouc et à la monétisation que cette entreprise fait de ses utilisateurs, mais ça fait partie du jeu et ça requiert donc une vigilance concernant les réglages de confidentialité.

À quoi me sert donc Fesse-de-Bouc? À envoyer des messages rapides, souvent sans grande importance. À prendre des nouvelles de mes cousin-e-s et autres à qui je ne parle pas aussi souvent que je le voudrais (et que je n’ai pas revu en personne depuis mon départ vers l’Ouest). À envoyer des photos prises par ordiphone sans les passer par Photoshop pour témoigner de certains moments qui m’apparaissent potentiellement intéressants. Je refile aussi assez souvent des liens qui m’intéressent et qui pourraient intéresser certains des membres de mes cercles amicaux et familiaux. Je vois malheureusement beaucoup de contenu dans mon fil d’actualité qui ne m’intéresse vraiment pas (et qui me fait parfois douter du sens critique de certains de mes contacts), mais c’est aussi la vie. Le rôle de ce média est donc différent de celui de ce blogue, où je partage surtout des textes un peu plus fouillés et des photographies sélectionnées autant pour des raisons esthétiques que dans un but de reportage.

Parlant photographies, celles qui ont servi à illustrer cette série d’articulets n’ont évidemment rien à voir avec la choucroute. Ce sont des photos prises l’été dernier, lors de la visite d’un ami (dont je reparlerai bientôt). Je les ai choisies pour me rappeler que, sous le mètre de neige qui nous écrase, il y a bien, quelque part, de la verdure… et que celle-ci reviendra bien un jour. Déjà les jour commencent perceptiblement à allonger de quelques minutes (on le remarque quand on doit se lever aux aurores ou avant pour aller enseigner). Ça redonne espoir.