Vu. Ri.

C’était dans la vitrine de la boutique Wish List, sur la rue Whyte, à Edmonton, alors que nous revenions d’aller voir le très beau film God’s Own Country au cinéma Princess hier soir. Ce film n’est pas vraiment humoristique, mais profond.

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Vu: émouvant

Ces jours-ci, en Alberta, il y a des gens qui paniquent. Imaginez-vous: le gouvernement néo-démocrate a décidé de rendre effective une loi (laquelle a en fait étonnamment été votée par le précédent gouvernement conservateur juste avant le déclenchement des élections du printemps dernier ) en établissant un cadre règlementaire obligeant les conseils scolaires à faire des accommodements pour leurs étudiant(e)s transgenres. Les conseils scolaires doivent se conformer à la nouvelle loi d’ici la fin du mois, en permettant la création d’«alliances gaies-hétérosexuelles» (essentiellement des clubs offrant un espace de sécurité aux jeunes qui se questionnent sur leur sexualité et qui se rencontreraient hors des heures de cours). Les conseils scolaires catholiques vocifèrent… et les groupes religieux font circuler d’immondes dépliants homophobes qui veulent évidemment «protéger les enfants». Je ne mets pas de lien ici, parce que je vais immédiatement me faire trollifier et je n’ai pas de temps à perdre avec tout ça.

Vu, donc, la fin de semaine dernière, ce petit bijou de film inspiré par la vie de Lili Elbe (précédemment un peintre paysagiste danois connu sous le nom d’Einar Wegener). Elbe fut la première personne transgenre à subir une série de chirurgies destinées à rendre son corps (masculin) conforme à son identité sexuelle (féminine). Je n’en dis pas plus sinon que c’était émouvant, bouleversant… et que ça devrait être vu par tous les sans-cœurs qui ont peur parce qu’ils ne peuvent comprendre ce que ça fait que de vivre dans le corps de quelqu’un d’autre qui n’est pas soi-même. Nous venons de louer pour revoir… et nous allons évidemment acheter le DVD.

Lien: L’histoire derrière le film (en anglais).

Outil pour cinéphiles

TéléviseurVous l’aurez deviné, mon conjoint est quelque peu cinéphile. Moi aussi, d’ailleurs, bien que je sois moins omnivore à cet égard que lui. Il a une collection impressionnante de DVDs (dont on peut voir une partie ici, bien que, depuis, une autre étagère s’est ajoutée et le tout a déménagé au rez-de-chaussée). Moi… une cinquantaine, peut-être. Nos goûts se rejoignent toutefois assez souvent.

Lors de son emménagement, en 2009, nous regardions surtout les films sur ordinateur. Mais on s’en lasse… Si bien que nous nous sommes procurés une petite télévision 24 pouces l’an dernier, pour remplacer le portable que nous déposions sur notre table. Ça me rappelle que je n’ai toujours pas publié mon article prévu sur la transformation qu’a subie la table de la cuisine suite à cette innovation.

BlocsUn de nos amis (le Chimiste, encore, tiens!) a récemment remplacé son téléviseur. Comme il ne savait pas trop que faire de son ancien, mon cher et tendre a sauté sur l’occasion. Nous avions prévu le fixer au mur… sauf que deux problèmes se présentaient. Premièrement, l’aménagement de notre salon est toujours un work in progress, et donc j’hésitais à faire des trous par trop définitifs dans un mur. D’ailleurs, comme on peut le voir sur la première photo, il me faudra déjà réparer le mur, parce que j’avais fixé des étagères au mur, qui ont dû être déplacées. Ensuite, fixer le téléviseur au mur posait le problème de l’emplacement du lecteur de DVDs, puisqu’il n’y avait pas de meuble approprié à proximité.

Blocs inversésJe suis donc parti à la recherche de meubles idoines, pour constater que le choix est faible et que, à moins de se payer une excursion chez le Suédois, il n’y avait pas grand-chose d’abordable. En cherchant quelque chose qui pourrait temporairement faire l’affaire, je suis tombé sur ces cubes de rangement chez Agrafe (Bureau en Gros au Québec). Rien de bien extraordinaire, mais ils ont l’avantage d’être réutilisables en d’autres configurations plus tard. Je m’en suis procuré deux, un avec une porte (qui ne contient rien pour l’instant), et un avec des tablettes, dans lequel j’ai pratiqué une ouverture sur la plaque arrière, question de faire passer les fils.

BaseRestait à fabriquer un coup-de-pied, question d’améliorer l’esthétique de la chose. Comme j’ai des retailles de toutes sortes de choses résultant de projets antérieurs, notamment ces bouts de mélamine noire achetée en 2008, il ne restait plus qu’à les tailler aux dimensions requises, à les assembler avec des équerres… à retoucher les petits éclats et à fixer la chose sous les cubes.

Base fixéeOn fixe des feutres protecteurs (quand même, il faut épargner le plancher, même s’il n’est pas neuf) et on retourne le tout. Le tour est joué. Si on trouve autre chose plus tard, les cubes trouveront un autre usage et, à part deux petits trous de vis qui servent à les attacher l’un à l’autre, rien de paraîtrait si on les utilisait ailleurs.

PerceusesOh! Et ça m’a donné l’occasion d’essayer ma nouvelle acquisition du temps des Fêtes. J’ai enfin une perceuse permettant de visser. Cela m’aurait sauvé bien des peines en septembre dernier, lorsque j’ai réparé notre patio (tiens, un autre article à publier) et installé les nouvelles barrières coupe-froid autour des portes. Comme on peut voir, j’ai aussi une perceuse industrielle datant de l’âge de pierre (des années soixante, elle a servi à construire la maison où habitent toujours mes parents et je ne m’en déferai pas; c’est un souvenir de famille). Elle fonctionne toujours, mais elle n’a qu’une vitesse et elle est trop puissante pour visser. Par contre, quand il s’agit de gros travaux, elle n’a pas froid aux yeux.

Vus: Quelques beaux films

DBCPhiIl n’arrive que trop rarement que nous avons la chance, à Red Deer, de voir autre chose que les âneries hollywoodiennes. Non pas que toutes les productions de la Mecque cinématographique californienne soient forcément mauvaises, mais disons que j’aime bien, parfois, voir autre chose que des formules reçues, même si je ne déteste pas un film à effets spéciaux bien léchés de temps à autre. J’ai très récemment vu ces deux très beaux exemples de cinéma presque de répertoire, qui, bien qu’ils soient très différents par leur sujet et leur style, portent tous deux sur un drame humain abordé avec humanité, humour et respect. J’ajouterais à cette liste l’émouvant Nebraska, vu il y a quelques semaines.

Ça donne presque l’impression de vivre dans un endroit civilisé… bien que le Bytowne d’Ottawa et le Cinéma du Parc à Montréal me manquent cruellement. Mais il paraît qu’on ne peut pas tout avoir, et à défaut de tout avoir, je me contente de ce que je peux prendre!

Revu (avec grand plaisir): un classique

Il y a très longtemps que, lorsqu’Oyaté et moi écumons les rayonnages de DVD usagés, je cherche ce film. Vendredi dernier, alors que nous étions à Edmonton pour une fin de semaine de réunions, nous sommes allés rendre visite, comme à chacun de nos séjours dans ce coin-là, à une petite librairie d’usagés près de l’hôtel.

Bon. Il ne s’agit pas nécessairement de la meilleure librairie du monde (du moins si, comme moi, on cherche du matériel de qualité académique), mais j’y fais toujours quelques petites trouvailles… et les chats sont beaucoup trop sympathiques. Ce soir-là, après avoir saisi un livre, j’ai décidé de jeter un regard rapide aux DVD et c’est alors que j’ai lancé un cri de jubilation qui a fait sursauter Oyaté.

IL était là. J’ai vu Antonia’s Line à sa sortie en salle en 1995, en fidèle des salles de cinéma de répertoire que je suis. C’était au bon vieux ByTowne d’Ottawa. Et j’ai été pris sous le charme. Je pense y être retourné, parce que ce film m’avait trop remué. Et le voilà qui m’attendait… pour 4$.

Oyaté et moi avons regardé la chose cette semaine. C’est toujours aussi magique que dans mon souvenir. C’est un de ces films qui font du bien à l’âme en disant des choses authentiques. Et ici, elles sortent à peu près toutes d’une lignée de femmes fortes.

Vu: Un chat et un logochat

Suis-je le seul à avoir fait le rapprochement entre le logo des Autobots et un faciès félin? Alfred semble être d’accord.

Oui, je sais, cet article ne me gagnera pas des points sur l’échelle de la haute culture… La photo (tout comme le logo, d’ailleurs) est d’Oyaté.

Monsieur Lazhar

Il y a près de quatre ans, à Calgary, j’ai assisté à une excellente petite pièce de théâtre à un personnage qui m’avait charmé: Bashir Lazhar, par Evelyne de la Chenelière. Puis, récemment, j’apprenais que la série Reel Movie Mondays, qui présente du cinéma, disons, autre que les ordures hollywoodiennes habituelles, présentait le film Monsieur Lazhar, réalisé par Philippe Falardeau. Ce soir. Diantre! Il fallait m’y rendre (malgré le fait que demain je dois être au collège à 7 heures). Oyaté ne voulait pas m’y accompagner et passer une heure et demie à lire des sous-titres (bon… tant pis pour lui), mais l’idée d’aller au ciné lui plaisait; il a préféré aller voir la nouvelle version 3-D abrutissante de la saga Lucasienne.

Donc, je viens de voir le film. Charmé, je suis. Je souhaite la meilleure des chances à Falardeau pour les Oscars. La pièce a été adaptée d’une manière magistrale. Évidemment, alors que la pièce se passait de décor (et y suppléait par le truchement d’un minimum de technologie) et ne comportait qu’un acteur, le film fait voir Bashir Lazhar au milieu de sa classe, entouré d’enfants dont les remarques truculentes ne font que marquer le décalage entre son Algérie natale (et l’éducation qu’il y a reçue) et le Québec de l’ère des compétences transversales, des interdictions de contact physique entre personnel et «apprenants», des conseils d’établissement et des psychologues scolaires. Disons que lorsque Monsieur Lazhar propose Balzac en dictée, les élèves n’ont que faire des «francs» et autres «chrysalides».

Alors que dans la pièce, l’auditoire, bien que muet, faisait office de «classe», ces enfants en chair et en os ajoutent une couche de vécu appréciable à l’histoire. Ce qui n’était que suggéré dans la pièce (notamment le suicide par pendaison de l’institutrice que Bashir Lazhar vient remplacer et l’impact de cet événement sur un élève en particulier) est très présent à l’écran, mais sans pour autant faire dans le sensationnalisme. Il y a encore — Dieu merci! — cette critique sous-jacente d’une société qui veut que les enfants deviennent à tout prix «normaux», où l’école se veut un milieu-tampon protecteur. Alors que tout le monde autour d’eux veut occulter le suicide qui ouvre le film, les enfants, eux, ne cessent de vouloir en parler pour faire éclater l’abscès et continuer leur vie. Ils y parviendront… au prix du départ de leur instituteur qui n’en était pas vraiment un… mais qui était en voie de le devenir! On assiste d’ailleurs en parallèle à la lutte de Bashir Lazhar pour obtenir le statut de réfugié et à son deuil personnel, qu’il doit assumer en même temps qu’il vit par procuration celui de ses élèves.

Un beau film. Si ça joue dans votre coin, profitez-en. Pour ma part, c’était probablement ma seule chance… à moins que par miracle je puisse mettre la main dessus lors de sa sortie en DVD. Il est des soirs où Montréal me manque cruellement. Ce soir en fut un.

Je me permets d’ajouter une plogue sans vergogne pour le Campus Saint-Jean, qui offrira à compter de cet automne une majeure de 30 crédits en études théâtrales… en français… en Alberta. Y’a quand même des choses qui progressent, même si ce n’est pas en santé des aînés que ça s’améliore pour l’instant. Je ferai probablement un autre article là-dessus… à l’occasion.