Magasinage d’aéroport à Edmonton

Vous vous souvenez de mes explorations magasinatoires à Calgary, il y a de cela quelques années? Vous savez aussi probablement qu’on trouve à Edmonton l’un des plus grands centres d’achats au monde, et ce depuis les années 1980. De plus, on ne cesse de parler de la crise du centre d’achats traditionnel… et à Edmonton et Calgary, deux centres d’achats d’un certain âge sont en passe de se réinventer complètement pour s’adapter au goût du jour.

Pourtant, depuis deux ans environ, on pouvait voir sortir de terre, tout près de l’aéroport d’Edmonton, en bordure de l’autoroute, la structure de ce qui ne pouvait être autre chose qu’un centre d’achats. La forme me rappelait des centres d’achats de type outlet, comme ils disent dans la langue de Shakespeare: des magasins de grandes marques qui vendent supposément à rabais. J’ai eu l’occasion d’en visiter un à Kanata, en banlieue d’Ottawa, et un près de Mirabel, en banlieue nord de Montréal. Oyaté aime bien ces endroits… moi beaucoup moins (il faut dire que magasiner pour des fringues, ce n’est pas mon fort).

À Edmonton, juste à l’entrée sud de la ville, on trouve déjà un vaste parc de magasins, dont certains sont qualifiés d’outlet stores. Pourquoi donc les Edmontoniens se déplaceraient-ils 18 kilomètres plus au sud pour aller magasiner? C’est le pari qu’a pris l’administration de l’aéroport international d’Edmonton, qui a inclus dans son plan de développement 2010-2035 l’ajout d’un volet commercial à proximité de l’aéroport. Le 2 mai dernier, le centre d’achats en question a ouvert ses portes; nous y avons fait un bref arrêt en touristes lors d’un passage récent par la capitale.

Voici donc le centre Premium Outlet Collection. On y trouve surtout des magasins de vêtements, mais aussi quelques autres offrant des spécialités non-vestimentaires. Tous les magasins ne sont pas encore ouverts, mais il y avait une certaine affluence. Il était en effet assez difficile de ne pas prendre des gens en photo en essayant de photographier le mobilier coloré et amusant qu’on y a installé.

Nous n’y étions pas pour nous restaurer, mais il y a une foire alimentaire sans grande imagination, qui offre la nourriture rapide que l’on trouve dans presque tous les centres d’achats nord-américains.

La galerie marchande qui, contrairement aux centres de Kanata et Mirabel, n’est pas à l’extérieur, mais bien couverte comme dans un centre commercial typique (climat d’Edmonton oblige?) ressemble donc à plusieurs autres. L’éclairage naturel domine toutefois, ce qui est un peu rafraîchissant. Le plan est logique et simple:

Plan tiré du site du centre d’achats: cliquez sur l’image pour y accéder.

On voit l’abondance des espaces de stationnement… une nécessité, étant donné l’éloignement de ce centre d’achats de tout service de transports en commun.

On y trouve aussi plusieurs panneaux indiquant les vols en partance et en arrivée, ce qui montre bien que l’on a voulu que ce centre d’achats soit pratique pour les clients de l’aéroport: passagers en attente de départ ou personnes venant cueillir des voyageurs. Chose certaine, la circulation automobile dans le coin risque d’augmenter considérablement à certaines époques de l’année… Ça ne réinvente pas le genre, mais on verra ce que ça donnera! Les résidents de Leduc et des environs ne se plaignent probablement pas de ne pas devoir se rendre à Edmonton pour aller magasiner. L’endroit est en pleine expansion (il y a un autre immense édifice en construction à proximité). L’administration aéroportuaire a décidément fait un pari sur un avenir prospère.

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Un autre bidule qui marche

Je ne savais pas trop quoi penser de ces boules à sécheuses qui prétendent avoir des vertus miraculeuses. Cependant, payer une fortune pour des feuilles d’adoucisseur ne me plaisait guère. De plus, comme je suis allergique à tout ce qui est parfumé, je trouvais souvent assez difficile de dénicher de l’adoucissant en feuilles non parfumé. J’ai donc décidé de faire un petit essai… qui fut à peu près concluant. Ces boules remplissent leur mission pour ce qui est de l’effet adoucissant… sans parfum. Elles durent bien au-delà d’un an (j’ai eu une exception: une boule a fendu après quelques utilisations; probablement un défaut de fabrication). Les boules roses sont supposées réduire la statique. Ça ne marche pas vraiment, et comme on peut voir, elles perdent graduellement leurs pastilles sensées absorber l’électricité. Toutes ces boules réduisent la statique pour les vêtements en général — si l’on compare à l’utilisation sans boules –, mais les vêtements hautement synthétiques (genre rayonne ou polyester pur) ou encore pour les vêtements ou couvertures en laine, il faudrait encore utiliser de l’adoucissant en feuilles. Conclusion: économiques, probablement écologiques (quoi que ce soient des boules de plastique) et généralement efficaces. Je me suis laissé dire, à la buanderie où nous devons nous rendre de temps à autre pour nettoyer la courtepointe format king qui habille notre lit, que l’on pourrait aussi employer des balles de tennis pour obtenir un effet semblable. Bon à savoir…

Petits gâteaux à Red Deer

babycakesOn peut se demander si une mode a fait son temps lorsqu’elle atteint des agglomérations somme toute secondaires comme Red Deer ou bien si c’est plutôt le signe que la ville se tient à la page. Peu importe l’interprétation qu’on choisit, un fait indéniable s’avère: les petits gâteaux (cupcakes) sont arrivés à Red Deer. Et il semblerait qu’ils soient populaires.

Qu’est-ce qui explique la popularité de ces petits gâteaux? J’avoue ne pas trop comprendre. Oui, ils sont bien bons et oui, on peut avoir une variété de pâtisseries sans devoir acheter de grosses quantités… mais bon. Mon amie X a une explication différente: c’est une question pratique. Pour elle, le gâteau n’est qu’un ustensile qui sert en quelque sorte de véhicule au glaçage qu’il porte.

J’ai déjà parlé d’une échoppe qui en vend à Calgary. Personnellement, j’avais été plutôt déçu de l’expérience: on y trouve surtout des gâteaux à la vanille dont la seule différence réside dans le glaçage. À Red Deer, la variété des gâteaux est plus grande, de même que celle des glaçages, mais il faut arriver tôt (ou commander d’avance) pour bénéficier de la plus grande variété. De plus, les employées sont particulièrement accueillantes et elles font un café au lait délicieux (je sais, mes amis français seront peut-être scandalisés d’entendre parler de quelqu’un qui prend un bol de café au lait en plein après-midi).

Mes amies X et Cinnilla (et moi-même) nous rencontrons à l’occasion pour un «4 à 5½» chez Babycakes le vendredi après-midi pour finir la semaine en beauté. Elles y vont toutes les semaines; je les rejoins à l’occasion. Vendredi dernier, j’ai pu goûter au dernier petit gâteau chocolat-chili… une spécialité de février. Un peu cher pour un petit gâteau, mais on paie pour l’atmosphère et surtout pour encourager un petit commerce local qui semble faire des affaires d’or dans la catégorie «gâteaux pour emporter». Pour nous, c’est surtout un endroit où relaxer dans une atmosphère sympathique.

comptoir-cupcakes

Petite mise à jour: le comptoir de gâteaux… Comme il était vide la semaine dernière, j’ai dû attendre à aujourd’hui pour le photographier!

Jour de repos

Le 26 décembre est ma fête. Ma fête patronale, s’entend. C’est en effet le jour où l’Église commémore le martyre de saint Étienne (Étienne, en grec, se dit Stephanos). Mais en Amérique du Nord, cette journée est plutôt consacrée au Boxing Day, une tradition que je n’ai jamais vraiment comprise. À l’origine, paraît-il, il s’agissait d’une journée où on pouvait retourner les cadeaux reçus qui ne faisaient pas l’affaire… mais c’est devenu un pandémonium de consumérisme absolument ridicule… avec des braderies qui sont plus médiatisées que réelles (ceux qui veulent de véritables rabais n’ont qu’à attendre fin janvier, début février). Comme je n’ai vraiment besoin de rien en particulier (bien que j’aimerais avoir divers bidules, dont ceci, ceci, ou encore cela, mais il me faudrait un peu beaucoup plus de ceci pour me les offrir) je vais rester peinard à la maison à me reposer. Peut-être arriverai-je enfin à identifier les 600 photos prises cet été, imprimées et mises dans des albums sans identification par manque de temps. Ceux qui me connaissent devinent bien combien ça peut m’agacer…

Je profite donc de cette journée pour vous partager deux vidéos de chansons qui se trouvent sur un disque que m’a donné l’amie X en ce Noël. Le groupe a cappella Straight No Chaser, créé à l’Université d’Indiana en 1996 et rendu populaire par une version de la première vidéo de ce message*, s’est réuni et a lancé un disque contenant une série de très belles interprétations de chants de Noël. Il s’agit d’un des rares cas où une vidéo YouTube devenue virale a donné naissance à un disque traditionnel. Et ça vaut la peine!

Je vous laisse sur l’interprétation qu’ils font d’un de mes chants préférés (et que j’ai appris pour la chorale). Sur le disque, ils lui ajoutent un superbe prélude. Boris m’avait déjà offert la chose pour mon anniversaire, il y a quelques jours. Merci encore.

* La vidéo en tête de ce message est une reprise enregistrée en 2008 et c’est celle-là qui figure sur l’album. Pour voir la version originale (1997), quant tout ce beau monde étudiait à l’Université d’Indiana, cliquez ici). Pour une bonne version traditionnelle des Twelve Days of Christmas, on peut aller voir ici. C’est un peu moins divertissant, toutefois…

«Branding» universitaire… III (et fin, j’espère!)

Vendredi matin, 10 heures, nous étions conviés au «grand lancement de l’image de marque du collège» à l’auditorium du Centre des arts… Je n’avais pas de temps à perdre et je n’y étais pas… mais je n’ai pas tardé à voir apparaître notre nouvelle identité corporative, car le site web du collège a instantanément été mis à jour selon les nouveaux critères de la chose… Il faut dire que le site avait grandement besoin d’un ménage… on aurait dit qu’il datait d’au moins dix ans, ce qui, dans le merveilleux monde de la Toile, revient à dire la préhistoire. Cependant, en voyant le nouveau site, tout beau et simple qu’il soit… on se demande bien ce que le collège fait! En fait, il n’y a aucune mention du fait qu’il s’agit là d’une institution d’éducation, puisque l’on a essentiellement évacué le nom du collège pour n’utiliser officiellement que les lettres «RDC». Il paraît que c’est plus «cool» et que ça rappelle moins aux Albertains que l’institution se trouve… à Red Deer, ville qui a une réputation peu enviable auprès… des gens de Calgary ou d’Edmonton qui n’y arrêtent que pour se soulager la vessie! Enfin… j’ai déjà un problème avec ça, mais passons… Nous sommes passés d’une mission à la communauté qui s’incarnait dans une image très locale et qui correspond aux besoins du milieu à quelque chose de vague qui cherche à recruter des gens qui… risquent peu de toutes façons de choisir le collège de Red Deer pour y poursuivre leurs études. Quant à l’image, sur la page d’accueil du site web, seul le mot «étudiant» rappelle que, peut-être, nous faisons dans l’éducation… De plus, pour ceux qui veulent plus d’information, ce n’est pas nécessairement évident de s’y retrouver.

Mais ce nouveau site est destiné à ne servir qu’à des fins de «marketing». L’information pertinente à la communauté collégiale se trouve dorénavant cachée derrière le portail informatique, le «Loop». Marketing… le mot même, associé à l’œuvre éducative, me répugne. Cependant, on croit, en haut lieu, que nous opérons dorénavant dans un «marché» compétitif… et toute cette opération de refonte de l’image de marque (rebranding) avait pour but de cibler l’«identité corporative» du collège… pour mieux savoir ce qu’il fait. Duh… de l’éducation, peut-être? J’ai plutôt tendance à penser que des spécialistes du marketing se sont trouvé un bon poisson à qui vendre leur salade… Ceci dit, la démarche effectuée au cours de l’année écoulée, qui a consisté à rencontrer des «focus groups» et divers stakeholders (des «ayant-droit», des gens que la chose intéresse, plus ou moins) n’était pas sans intérêt, mais j’ai l’impression qu’elle a été menée par des idiots des gens qui ne connaissent pas grand-chose à l’éducation et pour qui cela n’est après tout qu’un détail… ce n’est que le «produit» que nous vendons, après tout! (si vous entendez mon cynisme ici… je ne suis pas désolé!) Les conclusions de toute cette démarche étaient floues au possible, comme les mesures suggérées étaient superficielles. La nouvelle image de marque du collège était sensée mieux refléter l’«identité» distinctive du collège, ce qui devait s’incarner dans de nouveaux logo et slogan:

Si vous voyez quoi que ce soit qui reflète notre travail d’éducateurs, ou encore la spécificité du collège de Red Deer là-dedans, s.v.p., éclairez ma lanterne! Même le nom est disparu! Et la courbe… redescend! Ce n’est même pas une courbe d’apprentissage. Je ne déteste pas le nouveau slogan, qui joue habilement sur plusieurs niveaux, mais l’absence de majuscule m’agace. Comme le disait une collègue, en regardant ce logo, on dirait que l’on fait dans la vente de logiciels!

J’ai l’impression que les administrateurs du collège croient que cette vaste opération, qui a coûté 300 000$ (et qui va en coûter bien davantage une fois toute la papeterie et les affiches changées!) va «sauver» le collège du marasme qui marque certains programmes… Et pourtant, cette opération de window-dressing ne fait rien pour améliorer les admissions aux secteurs qui sont le plus en difficultés: il paraît qu’il faut se concentrer sur nos «secteurs d’excellence», soit les programmes qui n’ont pas besoin d’aide, puisqu’ils sont déjà pleins à capacité: la formation aux métiers, les sciences infirmières et l’école de gestion (il y en a un quatrième, que j’oublie). Les programmes de formation universitaire (donc là où j’enseigne) ne sont là que… pour servir les besoins des autres! C’est un tantinet frustrant. Disons que j’aurais vu cet argent mieux investi ailleurs. Les spécialistes du marketing qui nous ont donné une présentation le printemps dernier regardaient de haut les publications des grandes universités de la province (Calgary et Université de l’Alberta) parce qu’elles manquaient d’unité graphique… et pourtant, elles n’ont aucun problème de recrutement, elles! Personne ne semble s’inquiéter de leur «identité distinctive»…

Mais bon… tout ceci n’est finalement qu’une retouche de surface qui ne changera pas grand-chose à mon travail. Moins de bleu dans l’environnement et plus de vert criard. En fait, si le collège n’a pas une identité facile à définir, ça me plait… même si cela rend la tâche des spécialistes du marketing de niche plutôt difficile. Destiné d’abord à servir les besoins des communautés de l’Alberta central, le collège est un peu un ornithorynque, composé de parties qui ne semblent pas toujours s’agencer et qui finissent par fonctionner ensemble. C’est d’ailleurs l’une des dimensions du slogan: c’est une fois qu’on y est qu’on comprend ce qui distingue le collège d’autres institutions. C’est entre autres sa convivialité et son intérêt pour le succès des étudiants. Et comme je suis moi-même un tissu de contradictions et que je m’identifie à ce petit animal qu’est l’ornithorynque… eh bien, ça explique que je me plaise beaucoup dans mon environnement de travail! Mais une question me turlupine… va-t-on devoir changer notre mascotte aussi?

Pour de l’information de fond concernant les préparatifs à cette opération, voir cet article et celui-ci. Voir aussi l’article du journal local à propos du lancement de l’image de marque.

‘Tite frustration


Voyez-vous une différence entre ces deux bouteilles (à part l’esthétique)?

Je porte des lentilles cornéennes depuis 1998 pour des raisons qui ne sont pas esthétiques… je perdais graduellement l’usage de mon œil droit parce que les verres correcteurs n’arrivent pas à régler suffisamment mon grave astigmatisme (un cylindre de 7,5 dioptries, ce n’est pas des blagues, même si votre optométriste vous dira probablement que c’est presque impossible!) Mais voilà… en plus de devoir porter des lentilles semi-rigides hyper-perméables aux gaz bitoriques, je suis allergique au thimerosal, un agent de conservation qu’on retrouve dans plusieurs solutions ophtalmiques. La solution de conditionnement la plus usitée pour ce genre de lentilles ne me convient pas; il me faut utiliser autre chose. Jusqu’à l’an dernier, la compagnie Alcon produisait un produit merveilleux, appelé Unique PH, qui me convenait parfaitement… mais évidemment, les clients comme moi ne sont pas légion et le produit a été discontinué en Amérique du Nord, faute de demande suffisante. Moi pas content. Je dois me contenter de la solution Boston Simplus, que je n’aime pas parce qu’elle est plus visqueuse et qu’elle réduit la perméabilité de mes verres aux gaz, réduisant d’autant leur confort et la durée pendant laquelle je peux les porter. À cause de l’imperfection de cette solution comme agent de nettoyage, je dois aussi utiliser une solution détergente…

Et voilà que cette dernière solution possible vient de changer de mains (Boston a été achetée par Bausch & Lomb)… et dans le processus, on se fait fourrer passer un sapin par Bausch and Lomb, le nouveau propriétaire. La grosse différence entre les deux bouteilles? 15 millilitres. L’ancienne, à droite, 120 ml. La nouvelle, 105. Ils pensent qu’on ne remarque pas. Ça fait quand même une différence de 12,5% en moins! En même temps, ils augmentent le prix de la bouteille au format réduit de 1$ (de 11,99 à 12,99$ chez la plupart des détaillants), ce qui fait une augmentation de près de 10% du prix. Au total, l’ancienne bouteille revenait à 9,99$ du 100 ml, alors que la nouvelle en coûte 12,37$, ce qui fait une augmentation de 23,8% du prix! Je suis en rogne! Malheureusement pour moi et pour tous les autres clients qui achètent ce produit, il m’est nécessaire et presque irremplaçable.

Je hais Bausch and Lomb. Passionnément.

Mais en faisant la recherche pour cet article, je viens d’apprendre qu’Alcon avait décidé de reprendre la production de Unique PH pour les États-Unis et que le produit est disponible à travers Amazon… Ça vaut la peine de poursuivre cette piste… J’ai essayé d’en commander par ma pharmacie, mais c’est impossible, parce que leurs distributeurs ne peuvent obtenir le produit. Je sens que je vais faire comme bien des Canadiens et commencer à commander des produits pharmaceutiques de l’autre côté de la frontière… tout en faisant pression sur Alcon pour qu’ils fassent distribuer leur produit au Canada à nouveau!

Dépaysement calculé au centre d’achats…

L.B.)
Approche du WEM par la 170e Rue (Photo: L.B.)

Oui, vous l’avez deviné: cet article portera sur le Centre commercial de l’Ouest d’Edmonton, qui se dit le «plus grand centre d’achats et de divertissement au monde».

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Approche du WEM par la 170e Rue (Photo: L.B.)

J’ai beaucoup de difficulté à aimer le WEM. Ça reste, après tout, un centre d’achats nord-américain typique… gonflé aux stéroïdes. Chaque fois que j’y vais, ça me rappelle le Carrefour Laval, mais en plus gros et avec des bébelles quétaines ajoutées. Je ne comprends toujours pas pourquoi c’est, statistiquement, l’attraction touristique la plus populaire en Alberta. On y trouve 800 commerces divers (dont parfois plusieurs succursales d’une même chaîne), une centaine de restaurants et comptoirs alimentaires, un hôtel avec chambres thématiques, un parc d’attractions intérieur, un centre aquatique, une patinoire, un étang où des «sous-marins» évoluent autour d’une réplique grandeur nature de la Santa Maria de Christophe Colomb, un site où des spectacles aquatiques (otaries) ont lieu, trois «rues» thématiques et j’en oublie probablement. C’est aussi le parc de stationnement le plus vaste en ville, qui ne suffit pas à la demande à l’approche des Fêtes!

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Approche du WEM par la 170e Rue (Photo: L.B.)

Ce centre d’achats a d’abord pris la forme d’un mail de 106 000 mètres carrés doté de 220 magasins, dont trois grandes surfaces. C’est d’ailleurs par cette section (la partie est) que j’aime entrer: on perçoit alors l’évolution du centre en progressant vers l’ouest: les corridors s’élargissent, le décor devient plus clinquant et les attractions se multiplient.

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Approche du WEM par la 170e Rue (Photo: L.B.)

Dans cette nouvelle partie, on rencontre d’abord la patinoire de grandeur règlementaire pour la Ligue nationale de hockey, sur laquelle évoluent d’ailleurs parfois les Oilers, l’équipe d’Edmonton, pour des joutes de démonstration. L’hiver dernier, l’ami BBBB et moi-même étions tombé sur un quelconque tournoi d’équipes junior. L’endroit semble plutôt fréquenté et j’avoue que sa voûte de verre rend cette étendue de glace particulièrement attrayante les jours de beau temps… cependant, comme j’ai grandi dans une ville où on trouvait une patinoire sur rivière de 6 km de long, puis que je suis déménagé à Ottawa, où la patinoire du canal Rideau fait 8,8 km de long et était jusqu’à tout récemment la plus longue du monde, tourner en rond sur une patinoire ne me plaît pas vraiment…

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Approche du WEM par la 170e Rue (Photo: L.B.)

Un peu plus loin, c’est le centre aquatique et sa gigantesque piscine à vagues entourée de glissades d’eau, qui frappe. Curieusement, l’endroit était beaucoup plus occupé en février dernier qu’il l’était à notre passage en juillet. Il faut dire que de nager en hiver dans une atmosphère quasi-tropicale constitue un antidote à la déprime hivernale, alors qu’il doit y avoir d’autres options en ville ou dans les environs durant l’été. Beaucoup d’Albertain(e)s font du camping, à voir tous les véhicules récréatifs qu’on croise sur les routes. Tout près de la piscine se trouve un centre d’activités physiques doté de quatre trampolines où, grâce à un système de câbles élastiques, il est possible de faire des acrobaties vertigineuses.

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Approche du WEM par la 170e Rue (Photo: L.B.)

Le WEM constitue l’aboutissement logique de l’impulsion du «tout-sous-un-même-toit» qui a donné naissance aux centres d’achats de banlieue dans les années 1950. On peut aisément y passer plusieurs jours et trouver tout ce dont on a besoin: magasinage, hébergement, activités physiques et de détente, divertissement pour toute la famille. Côté magasinage, cependant, ne pensez pas y trouver l’unique. Ce fut probablement ma plus grande déception: on magasine beaucoup mieux sur la rue Sainte-Catherine à Montréal que dans ce centre d’achats où on ne trouve finalement que les chaînes qui peuplent les autres centres d’achats, parfois à plusieurs exemplaires. Il y a quelques boutiques plus exclusives, mais elles ne sont quand même pas uniques à Edmonton et elles sont généralement destinées aux personnes à la bourse plus rebondie que la mienne. En gros, tout ça manque de «couleur locale».

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Approche du WEM par la 170e Rue (Photo: L.B.)

Le WEM, c’est une série d’imitations de ce qui se trouve ailleurs, surtout par les diverses attractions à la Las Vegas que sont Europa Boulevard, Bourbon Street (une allée de restaurants de chaîne), Chinatown (où on trouve tout de même une vaste épicerie (de la chaîne T&T) tenant des spécialités asiatiques) et les diverses reproductions qu’on y trouve, notamment celle des Joyaux de la Couronne. Ces copies sans âme sont de bien peu d’intérêt pour moi. Il n’y a rien dans cet édifice qui rappelle qu’on se trouve en Alberta, à l’exception, peut-être d’une statue qui représente des travailleurs pétroliers et qui constitue, par la représentation de trois générations de travailleurs, un hommage presque émouvant à leur importance dans l’économie.

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Hommage aux travailleurs du pétrole (Photo: L.B.)

J’ai un problème avec la logique mercantile qui préside à cet amalgame et je m’en suis rendu compte pendant notre dernière visite après une remarque de mon amie. On peut en effet «parquer» ses enfants au parc d’attractions pendant qu’on magasine entre adultes, mais je ne peux pas m’empêcher de penser au message éducatif que cela renvoie, à savoir que la consommation préside à tout dans notre société. Il y a aussi derrière tout cela une soumission à la culture marchande à l’étatsunienne et à son effet de laminoir culturel par le dépaysement calculé… mais je dois prendre la vie trop au sérieux. Après tout, c’est un centre d’achats… à quoi pourrais-je m’attendre d’autre?

Verdict: À cause de sa réputation, il faut y aller au moins une fois dans sa vie… si ce n’est que pour perdre ses illusions! Après, on passe à autre chose: les Rocheuses attendent!