Foire sur le patrimoine franco-albertain 2017

Le soleil se couche tôt présentement…

Je suis à Edmonton aujourd’hui dans le cadre de la Foire sur le patrimoine franco-albertain. Il s’agit là d’une rencontre toujours stimulante et intéressante de personnes intéressées par le patrimoine. Évidemment, la plupart des participant.e.s ont des cheveux blancs, mais l’intérêt est toujours là!

Cliquez sur l’image pour accéder au site de la SHFA.

 

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Et un autre indice…

Treaty8Ça aussi, c’était en route. Il y a trop peu de rappels du fait que nous vivons en territoire autochtone, partagé grâce à des traités destinés à déterminer les conditions du partage du territoire entre les peuples d’origine et les nouveaux arrivants que nous sommes. J’en parlerai davantage… mais je veux de ces panneaux partout, et surtout sur les ponts qui traversent la rivière Red Deer chez nous, laquelle forme la frontière entre les traités 6 et 7. Un tel rappel quotidien ne pourrait que servir de rappel perpétuel de la dette immense que nous avons envers les Autochtones qui ont accueilli nos ancêtres et qui continuent (souvent sans être d’accord ou même consultés) à accueillir de nouveaux arrivants sur le continent.

Journée internationale des archives

JIArchives2016Le saviez-vous? Le 9 juin est la Journée internationale des archives. Je ne le savais pas non plus, jusqu’à ce que je voie, à la dernière minute, cette annonce sur mon fil d’actualité de Fesse-de-Bouc (cliquez sur l’image pour accéder à la page FB de la Société historique francophone de l’Alberta). Comme je suis en «vacances», j’ai donc décidé d’aller faire un tour du côté de la capitale pour voir de quoi il en ressortait… et prendre l’air hors de Red Deer, car ça fait toujours du bien à mon cher et tendre.

Denis et ClaudeDans l’auditorium (de taille modeste) du Campus Saint-Jean, il y avait Denis Perreaux, directeur de la SHFA et Claude Roberto, archiviste aux Archives provinciales. Nous étions cinq dans l’auditoire. Au programme, une dizaine de courtes vidéos présentant le rôle et l’importance des archives, ainsi que le travail qui s’y fait. Le but visé était de mettre en évidence le rôle crucial des archives comme mémoire du passé, ce qui est d’autant plus important pour une minorité culturelle quand celle-ci n’a pas d’institution centrale pour y archiver ses documents. Le défi demeure de provoquer le réflexe de conservation pour des gens qui, en général, ne se considèrent pas assez «importants» pour que leurs documents intéressent qui que ce soit.

J’ai retrouvé certaines de ces vidéos que je vous présente pour vous donner un échantillon:

En visite

YYC du sudLa vue de là où je me trouve… pendant que je consacre toute mon énergie à mettre la dernière touche à ma présentation pour la conférence de demain (programme final ici, si ça vous intéresse). Nous avons rencontré notre ami exilé de Fort McMurray pour souper, ce qui fut bien sympathique. Il est en ville lui aussi pour le congrès des sciences humaines et sociales qui commence demain. Ma dernière présence à ce congrès date de 2008… j’en ai d’ailleurs parlé ici.

Jules et CoMon cher et tendre a décidé de me laisser le champ libre et d’aller se divertir. J’ai quand même la compagnie de Jules et de son nouvel ami le cygne.

Hotel CalgaryMais ce n’est pas tout, ça… Il faut bien que je travaille pour que cette présentation soit prête demain. Cependant, la vue de la fenêtre n’est pas désagréable.

Calgary by nightAvec un peu de zoom et de recadrage, on peut arriver à voir le centre-ville en gros plan.

Calgary Pan

C’est l’heure de passer aux actes

TRC Covers

J’ai reçu les volumes du rapport final de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada en janvier dernier. Ça fait un peu de lecture, que l’on peut mieux apprécier en regardant les sept volumes par la tranche:

TRC BacksJe n’ai pas mis de règle pour donner une idée de l’échelle, mais ça fait 21 cm d’épaisseur. Cinq mille et quelque pages, si je ne m’abuse. J’ai commandé les volumes imprimés en anglais, parce que, d’une part, c’est la langue originelle de leur rédaction et qu’ensuite, j’enseigne dans cette langue, et donc ça m’évite de tout avoir à traduire. J’ai toutefois téléchargé la version électronique en français (que l’on peut obtenir gratuitement ici) pour référence éventuelle.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je dois me taper cette lecture? D’une part, j’enseigne le cours d’histoire des Premières Nations (pour lequel j’ai d’ailleurs utilisé la section historique du rapport préliminaire de la CVR, qui est sorti pendant que j’ensseignais ce cours la dernière fois, au printemps 2015). Le cours porte évidemment sur bien plus que seulement l’impact des pensionnats autochtones, mais cette question informe une grande partie du cours. Ensuite, j’ai aussi un travail profond de réorientation de mes cours d’histoire du Canada à réaliser pour en changer la perspective et remettre en question le discours colonial dominant. Pour ce faire, je dois me consacrer à pas mal de lecture en vue de la refonte de presque tous mes cours, d’où un sous-sol qui a pris des airs quelque peu bordélique:

Sous-sol mai 2016Ma liste de choses à faire pendant les prochains jours / semaines:

Ça va me tenir occupé… Et entre tout ça, il faudrait que je rédige mon rapport annuel.

Enfin!

Carolyn Bennett, Ministre des affaires autochtones et du nord du Canada. Photo: Loey Felipe (ONU). Cliquez sur l'image pour accéder au site original.
Carolyn Bennett, Ministre des affaires autochtones et du nord du Canada. Photo: Loey Felipe (ONU). Cliquez sur l’image pour accéder au site original.

L’une des promesses électorales des Libéraux de Justin Trudeau (élus en octobre dernier, pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité que ce blogue n’a pas couvert à ce moment) a enfin été réalisée. Le gouvernement canadien adopte enfin sans restriction la Déclaration des Nations-Unies sur les droits des Peuples Autochtones. Celle-ci a été adoptée en 2007, mais à l’époque, le Canada, les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, tous des pays aux passés et présents coloniaux, avaient refusé d’entériner la Déclaration. Le Canada avait finalement apposé sa signature sur le document en 2010, en soulignant toutefois que le document ne devait servir qu’à établir des principes généraux, n’ayant donc aucune force législative.

En pratique, ce que cela veut dire reste à être mis à l’épreuve législative et judiciaire, mais en affirmant la nouvelle position du gouvernement canadien à l’ONU aujourd’hui, la ministre des affaires autochtones affirmait que cela voudrait dire l’application intérale de la section 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 qui stipule:

Const 1982 Art 35
L’adoption sans réserve de la Déclaration de l’ONU oblige également le gouvernement à consulter les communautés autochtones de manière significative afin d’obtenir leur consentement en matière législative, ainsi qu’en ce qui concerne le développement des ressources du territoire. Cela amorce un changement fondamental et répond également au quatre-vingt-douzième «appel à l’action» de la Commission de Vérité et Réconciliation du Canada, dont le rapport final a été présenté en décembre dernier. L’avenir nous dira jusqu’à quel point ce geste à priori symbolique deviendra une réalité. Cependant, il s’agit d’un geste significatif en vue de la réconciliation et on peut espérer.

Pâques de passage

Foothills

Ça, c’est la façade principale du centre hospitalier universitaire spécialisé Foothills, de Calgary. J’en connais désormais beaucoup trop de recoins à mon goût. Pas parce que j’ai moi-même eu à requérir à leurs services, mais plutôt parce que mon cher et tendre et moi nous y retrouvons trop souvent à notre goût par suite de malheurs (pour utiliser un mot le plus neutre possible) qui se produisent dans sa famille. Encore ce vendredi, nous avons quitté Red Deer d’urgence pour nous rendre au chevet d’un oncle atteint au foie. Pendant que j’étais assis dans le corridor d’où j’ai pris cette photo du pavillon principal, j’ai téléphoné à ma mère (un de ces appels semi-réguliers, question qu’elle sache que je suis encore en vie et que je pense à elle).

Une phrase qu’elle a dite, et qui paraîtrait anodine dans d’autres circonstances, m’a choqué: «La vie est comme ça», voulant dire que des gens naissent et meurent tous les jours. C’est effectivement une de ces platitudes vaguement consolantes qu’on aime à se dire lorsque les choses vont mal. Cependant, si cette phrase aurait pu être dite sans problème d’un membre de ma famille immédiate (blanche), c’est tout autre chose lorsque cela est dit à l’endroit d’un Autochtone. Non, la vie ne devrait pas être comme ça. Nous ne devrions pas avoir à nous rendre au moins deux fois par année à ce centre hospitalier dont j’ai trop vu l’unité des soins intensifs depuis bientôt sept ans. J’en parle peu sur ce blogue par respect pour ma belle famille, mais certains lecteurs se souviendront que, l’été des inondations, nous avions dû nous rendre d’urgence au chevêt d’un cousin qui a depuis réussi à se suicider un peu plus d’un an après l’accident en question. Je vois de près (et c’est un privilège dont je me passerais) ce que veut dire être Autochtone au Canada: vivre avec les séquelles intergénérationnelles des pensionnats n’est pas rien. L’oncle en question, lui, a vécu le pensionnat. Cela l’a brisé. Ses deux fils l’ont précédé dans l’au-delà. Non, la vie ne devrait pas être comme ça.

Est-ce que le message d’espoir de Pâques me réconforte dans ces circonstances? Non. Il me semble bien creux et vide de sens.