Retour et traumatismes

Retour Fort Mac
Photo: Radio-Canada. Cliquez sur l’image pour accéder au site original.

Depuis le 1er juin, c’est le retour progressif pour les résidents de Fort McMurray qui ont été évacués au début du mois de mai à cause d’un incendie de forêt massif (qui continue toujours à brûler, d’ailleurs, ayant consumé à ce jour au-delà de 580 000 hectares (soit 5800 kilomètres carrés) de forêt). Ce retour par phases (selon les quartiers) s’est fait dans le calme, selon les rapports, mais tout n’est pas rose pour les évacués, surtout ceux qui ne peuvent que retrouver de leur maison qu’un solage et des débris recouverts d’un agent chimique destiné à éviter que les cendres toxiques s’envolent.

Photo: Mathieu Simard, Radio-Canada. Cliquez sur l'image pour accéder au site original.
Photo: Mathieu Simard, Radio-Canada. Cliquez sur l’image pour accéder au site original.

Cette maison est l’une des rares du quartier central à être partie en fumée. Par contre, il y a des quartiers où c’est l’ensemble des maisons qui ont été incendiées. Le choc psychologique s’étendra probablement sur plusieurs mois, à mesure que les gens arrivent à reconstruire leur vie.

Angélina Gionet
Angélina Gionet, directrice de l’ACFA régionale de Wood Buffalo. Photo: Radio-Canada. Cliquez sur l’image pour accéder au site original.

Au cours des dernières semaines, la communauté francophone s’est elle-aussi ralliée pour venir en aide aux sinistrés. La directrice de l’ACFA régionale de Wood Buffalo, Angélina Gionet, a entre autres joué un rôle primordiale, du bureau en exil de l’association, à la Cité francophone d’Edmonton. Elle rentre maintenant pour constater les dégâts et reprendre les rênes de l’Association pour continuer à desservir les francophones du nord-est. Bon courage!

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Lobotomie

Ours faceJe me souviens très bien quand j’ai reçu cette tirelire. C’était le 26 décembre 1985, durant une fête de Noël à laquelle nous avions été conviés chez ma grand-mère maternelle. Après le décès de mon grand-père survenu le 30 mai de cette année-là, une vague de bonne volonté dans cette famille pourtant profondément divisée avait mené à l’organisation d’un rassemblement familial durant les Fêtes (ce fut le dernier). Je suppose que l’on avait demandé aux adultes d’acheter un petit cadeau à donner aux enfants; ma mère, qui connaissait très bien mon amour pour les ours (surtout en peluche) m’avait acheté cette petite tirelire.

Ours dosMalheureusement, elle avait subi très rapidement les dommages causés par son contenu et une partie de son front avait cédé, moins d’un an après que je l’ai reçu. J’avais recollé ce morceau, qui avait tenu (et qui tient encore, en fait; la nouvelle rupture s’est effectuée à l’arrière de la réparation précédente). Cet après-midi, alors que je comptais son contenu (des pièces de cinq et dix cents; les pièces de valeur supérieure se trouvant dans une autre tirelire, une Volkswagen) un morceau considérable de la tête a finalement tombé dans mes mains. Cette fois, malgré sa valeur de souvenir, j’ai décidé que la tirelire allait prendre sa retraite après trente ans de bons et loyaux services.

Étendue de l'incendie de Fort McMurray au 18 mai. Source: Radio-Canada. Cliquez sur l'image pour accéder au site original.
Étendue de l’incendie de Fort McMurray au 18 mai. Source: Radio-Canada. Cliquez sur l’image pour accéder au site original.

Bon… ce n’est rien à côté de la tragédie incendiaire qui continue à se dérouler au nord. Aux dernières nouvelles, le feu a détruit 423 000 hectares (4230 kilomètres carrés, soit apparemment huit fois l’île de Montréal) de forêt et se rapproche dangereusement de la frontière saskatchewanaise. Ceci dit, certains des évacués pourraient rentrer chez eux d’ici deux semaines, si tout va bien. Dans la foulée, la province propose également d’augmenter considérablement les amendes aux personnes reconnues coupables, par négligence ou par intention criminelle, d’avoir causé des incendies de forêt.

Vingt jours!

Nouveau viaduc de Mayerthorpe. Source: Canadien-National, via Radio-Canada. Cliquez sur l'image pour voir dans l'article-source.
Nouveau viaduc de Mayerthorpe. Source: Canadien-National, via Radio-Canada. Cliquez sur l’image pour voir dans l’article-source.

Vingt jours (à travailler 24 heures par jour), c’est tout ce qu’il a fallu pour reconstruire le viaduc ferroviaire de Mayerthorpe, détruit le mois dernier par un incendie que l’on soupçonne d’être d’origine criminelle. Je n’ai pu m’empêcher de penser qu’une telle célérité témoigne d’une part de l’importance économique capitale de ce tronçon de voie ferrée, mais aussi que, quand on veut et qu’on y met les ressources, il est possible de construire des structures fort rapidement.

En farfouillant un peu sur le ouèbe pour me renseigner sur les divers viaducs ferroviaires en bois toujours en existence, j’ai appris que, à quelques kilomètres à l’est du viaduc incendié et reconstruit, on trouve l’un des plus imposants viaducs ferroviaires en bois toujours en usage dans la province, le viaduc de Rochfort, construit en 1914, d’une longueur de 736 mètres et d’une hauteur maximale de 33,5 mètres. Il serait le plus long pont sur chevalets de bois en Amérique du Nord. Il se situe sur la même ligne de chemin de fer que celui qui vient d’être remplacé.

Image: Google Maps
Image: Google Maps

J’ai soudain des envies d’aller faire un tour le long de la route 43 et de visiter le nord-ouest de la province cet été. Après tout, je ne suis toujours pas allé à Grande-Prairie! Il faudrait bien que j’aille visiter leur nouveau musée de paléontologie, maintenant prisé.

Malheureusement, les nouvelles ne sont pas aussi bonnes du côté de Fort McMurray, où le feu continue à prendre de l’expansion et a détruit un camp de travailleurs (déserté). Son expansion continue vers le nord et l’est.

C’est loin d’être terminé

Fumée toxique à Fort McMurray. Photo fournie par CBC (cliquez sur l'image pour accéder au site original).
Fumée toxique à Fort McMurray. Photo fournie par CBC (cliquez sur l’image pour accéder au site original).

Ce matin, on nous annonçait que, sur une échelle de toxicité de l’air qui va généralement de 1 à 10, l’air autour de Fort McMurray tapait un 38! Comme les températures se réchauffent depuis quelques jours, l’incendie (qui s’est généralement éloigné des zones habitées) a repris de l’ampleur et couvre près de trois cent mille hectares (trois mille kilomètres carrés).

Image tirée du site Wildfire Today. Cliquez sur l'image pour accéder à l'article original.
Image tirée du site Wildfire Today. Cliquez sur l’image pour accéder à l’article original.

Alors que l’on commençait à annoncer un éventuel plan de retour des évacués pour la fin de semaine, ce regain d’ampleur n’a rien pour rassurer.

Dévastation dans le quartier Beacon Hill: la rue au premier-plan (où les maisons sont intactes) est Beale Crescent et celle au fond (où presque toutes sont détruites), Beaverglen Close. Photo par Jason Franson, La presse canadienne, via The Globe and Mail. Cliquez sur l'image pour accéder au site original.
Dévastation dans le quartier Beacon Hill: la rue au premier-plan (où les maisons sont intactes) est Beale Crescent et celle au fond (où presque toutes sont détruites), Beaverglen Close. Photo par Jason Franson, La presse canadienne, via The Globe and Mail. Cliquez sur l’image pour accéder au site original.

Ce soir, on annonce la ré-évacuation des camps de travail au nord de la ville, où l’activité reprenait depuis quelques jours.

Image tirée du site d'Environnement-Canada. Cliquez sur l'image pour accéder aux prévisions actuelles.
Image tirée du site d’Environnement-Canada. Cliquez sur l’image pour accéder aux prévisions actuelles.

Si la météo tient ses promesses, le retour de températures plus fraîches et de bonnes possibilités d’averses en fin de semaine pourraient être source d’espoir, mais rien n’est plus incertain que les prévisions météorologiques en Alberta.

Avec tout ça, voici qu’un autre incendie s’est déclaré, près de Fox Creek (à 260 km au nord-ouest d’Edmonton) et qui tient présentement les résidents sur les dents, prêts à évacuer.

Vivement un peu d’eau…

Avant – Après

Cliquez sur l'image pour accéder au site original qui offre une carte personnalisable.
Cliquez sur l’image pour accéder au site original qui offre une carte personnalisable.

La branche anglaise de la Société Radio-Canada publiait hier une série d’images satellitaires comparées de Fort McMurray avant (1er mai) et après (5 mai) le passage de l’incendie. Ces images sont tirées du site dont l’image en tête de cet article est extraite et où les zones particulièrement affectées sont cernées de rouge. J’imagine que plusieurs évacués vont parcourir cette carte attentivement pour tenter de voir si leur propre résidence est toujours debout.

Agrandissement de la carte ci-haut: la partie sud du quartier Abasand, où plusieurs édifices ont été réduits en cendres.
Agrandissement de la carte ci-haut: la partie sud du quartier Abasand, où plusieurs édifices ont été réduits en cendres, tout près d’une école qui paraît intacte, ainsi que quelques résidences au sud de l’école.

Alors que les nouvelles commencent à parler d’autre chose, le travail des pompiers est loin d’être terminé et le feu continue à brûler. La préoccupation dominante est toutefois passée à la reconstruction et au retour au travail dans les champs pétrolifères.

Photo par Chris Wattie (Reuters). Cliquez sur l'image pour la voir sur le site original (CBC).
Photo par Chris Wattie (Reuters). Cliquez sur l’image pour la voir sur le site original (CBC).

Je ne peux m’empêcher, en voyant la photo ci-haut, de penser à la toile «The Jack Pine» de Tom Thomson.

Le temps des premiers bilans

Fort Mac FIre 2016-5-9
Photographie des dégâts prise pendant la tournée des médias à Fort McMurray publiée par Radio-Canada. Cliquez sur l’image pour accéder à une galerie de photos accompagnant l’article dont cette photo est tirée.

La première ministre provinciale, la maire de Fort McMurray, ainsi qu’un autobus de journalistes ont profité de l’accalmie de l’incendie pour se rendre à Fort McMurray aujourd’hui. Les images de dévastation qui nous ont été rendues visibles sont terrifiantes, même si près de 90% de la ville a en fait été épargnée par les flammes, grâce entre autres au travail acharné des pompiers qui ont concentré leurs efforts pour sauver les secteurs névralgiques de la ville: le centre-ville, l’aéroport, ainsi que l’aqueduc. Ceci dit, les évacués ne sont pas près de rentrer, puisque la situation de l’incendie reste incertaine et que la ville n’est pas sécuritaire. Il n’y a ni eau potable, ni gaz, ni électricité, et les cendres de l’incendie peuvent être toxiques.

Malheureusement, dans la même foulée le principal centre de refuge des évacués à Edmonton a été frappé par une épidémie de norovirus… L’insécurité du retour éventuel et la difficulté, pour les évacués, de savoir si, oui ou non, ils ont un foyer auquel retourner est maintenant la pire source de stress, surtout que plusieurs attendent de savoir ce qu’ils pourront tirer de leurs assurances avant de pouvoir planifier leur avenir.

Un répit

Photo prise par Tia Morari, via Radio-Canada. Cliquez sur l'image pour accéder au site original,
Photo prise par Tia Morari, via Radio-Canada. Cliquez sur l’image pour accéder au site original.

En ce dimanche, la température s’est rafraîchie à travers la province, ce qui a ralenti l’expansion de l’incendie de Fort McMurray. L’incendie se déplace également vers l’est, loin des zones directement habitées, ce qui réduit l’«urgence» de la situation dans la couverture médiatique de l’événement.

Mount Royal UniversityCela me permet de faire un petit détour pour parler brièvement de ce que je faisais à Calgary mardi dernier, alors que le feu a subitement pris la tête d’affiche des nouvelles. J’étais à l’Université Mount Royal, de Calgary pour participer au colloque Foothills des étudiant(e)s en histoire. Contrairement à notre propre conférence étudiante, qui est limitée à nos étudiants, le colloque de Mount Royal est ouvert aux participants à l’échelle du pays. Il y avait des présentateurs du Manitoba, de la Colombie Britannique et d’un peu partout en Alberta, incluant deux de nos étudiantes et une ancienne maintenant étudiante à l’Université de l’Alberta. Ce furent des retrouvailles chaleureuses… et l’occasion de déguster de l’excellente bouffe indienne dans deux restaurants différents.

PommettierEt le temps à Calgary était au beau fixe… et il faisait chaud. C’est lors du souper que nous avons pris ensemble à la fin de la deuxième journée du colloque que nous avons appris ce qui se passait à Fort McMurray. Comme l’une de nos commensales y a passé une partie de sa jeunesse, elle était fort préoccupée par ce qui se passait et que l’on nous annonçait l’évacuation entière de la ville.