Boussole et tournesols

C’est bien connu, le tournesol n’a pas besoin d’une boussole… Et ceux que font pousser les voisins dans leur courette semblent ne pas avoir trop souffert de notre été exceptionnellement chaud et sec; il faut dire qu’ils ont été généreusement arrosés. Paraît-il que c’est quelque chose qui s’est produit un peu partout dans la province: les tournesols sont tout simplement gargantuesques cette année. Le plus grand des plants atteignait facilement entre trois et quatre mètres de haut. Le lendemain de cette photo, le vent l’avait renversé et les voisins l’ont abattu.

Mais parlons boussole pour quelques instants. La boussole électorale, s’entend. Le 15 août dernier, le 43e Parlement a été dissous et des élections législatives fédérales ont été déclenchées. Pour nos lectrices et lecteurs d’outre-mer, il n’y a pas d’élections présidentielles au Canada, puisque notre système de gouvernement est une monarchie constitutionnelle et que le chef (présentement la cheffe) de l’État est la Reine, représentée au Canada par un.e gouverneur.e général.e. Le poste n’est pas soumis à des élections: la personne qui sert comme gouverneur.e général.e est nommée par la Reine sur recommandation du ou de la Premier.ère Ministre en poste. Le système parlementaire qui est le nôtre appelle à des élections où les citoyen.ne.s votent pour un.e représentant.e local.e dont le poste est connu en français comme «député.e». Pour ce faire, le pays est divisé en circonscriptions électorales, souvent nommés comtés dans le langage populaire. Il y a présentement 337 de ces circonscriptions et le nombre varie selon la population. La formule d’attribution des circonscriptions électorales est assez complexe mais tient compte de divers facteurs qui ont évolué au fil du temps dans une quête jamais assouvie d’assurer une représentativité équitable de la population. En gros, chaque circonscription devrait représenter un nombre aussi égal que possible de citoyens, mais des facteurs comme la densité variable de la population fait qu’il y a des circonscriptions urbaines dont on peut faire le tour en marchant d’un bon pas en une heure à peine alors que certaines circonscriptions nordiques sont tellement étendues qu’on ne peut les parcourir qu’en avion (on peut voir la carte des derniers résultats électoraux ici). On devine le casse-tête logistique du processus électoral…

Pour faire court, le but d’une élection fédérale (le même système s’applique, mutatis mutandis, lorsqu’il y a des élections provinciales) est, pour chaque parti politique, de faire élire des candidats dans le plus grand nombre possible de circonscriptions, puisque le gagnant de l’élection est déterminé par le parti qui remporte le plus grand nombre de circonscriptions, chacune obtenant un siège à la Chambre des Communes (l’assemblée législative fédérale). L’occupant.e de chaque siège sera la personne ayant remporté le scrutin uninominal à un tour dans sa circonscription, cette personne représentant généralement l’un des partis politiques. Les candidats indépendants sont assez rarement élus à moins de susciter un deuxième mandat après avoir été élus une première fois sous la bannière d’un parti politique. Autrement dit, au niveau de la circonscription, le ou la candidat.e ayant remporté le plus grand nombre de votes, même si c’est moins de la moitié, remporte le siège et le parti ayant remporté ainsi le plus grand nombre de sièges sera appelé par le ou la gouverneur.e général.e à former le gouvernement. Il y a de possibles exceptions à cette règle pouvant, par exemple, entraîner le parti au pouvoir avant l’élection à être convoqué pour former un nouveau gouvernement même sans la pluralité des sièges dans des circonstances bien précises. La personne qui mènera le gouvernement porte le titre de Premier ou Première Ministre et cette personne doit élue comme député.e dans sa propre circonscription pour pouvoir siéger en Chambre en plus de voir son parti remporter la pluralité des sièges. La population dans l’ensemble n’élit donc pas directement le ou la Premier.ère Ministre. C’est plus simple à vivre qu’à expliquer…

Il peut y avoir un gouvernement majoritaire lorsque le parti au pouvoir a obtenu plus de la moitié des sièges à la Chambre des Communes ou un gouvernement minoritaire (c’était le cas du 43e Parlement qui vient d’être dissous) lorsque le parti au pouvoir a obtenu la pluralité (le plus grand nombre de sièges) sans toutefois avoir atteint la majorité (la moitié des sièges plus un). Le système parlementaire canadien ayant été calqué au dix-neuvième siècle sur le système parlementaire britannique, il est basé en principe sur l’opposition de deux partis politiques, ce qui explique la disposition de la Chambre en face-à-face plutôt qu’en hémicycle. Toutefois, depuis après la Première Guerre mondiale et en partie à cause des crises créées par celle-ci, il y a toujours eu trois partis ou plus représentés en Chambre. Plus il y a de partis représentés, plus il devient difficile d’obtenir un gouvernement majoritaire. Il y avait, à la dissolution du Parlement, cinq partis représentés en plus de cinq députés «indépendants» (n’ayant pas d’affiliation politique officielle). C’est en partie à cause de cette situation de gouvernement minoritaire que des élections anticipées ont été déclenchées cette année; la dernière élection «régulière» ayant eu lieu en 2019. Constitutionnellement, les élections doivent être déclenchées au moins tous les cinq ans (Loi constitutionnelle de 1982, art. 50), sauf en cas d’urgence nationale, comme ce fut le cas durant la Première Guerre mondiale, où l’élection prévue en 1916 a exceptionnellement été reportée à l’année suivante. Toutefois la Loi électorale du Canada a été amendée en 2007 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, sous influence étatsunienne, pour créer un cycle électoral de quatre ans, dictant que «les élections générales ont lieu le troisième lundi d’octobre de la quatrième année civile qui suit le jour du scrutin de la dernière élection générale (art. 56.1(2))». Ce changement (aux motivations discutables à mon avis, confirmait en partie une tradition assez bien ancrée dans les pratiques politiques de tenir des élections dans l’année précédant la fin constitutionnellement prévue par un mandat, donc plus ou moins aux quatre ans. Toutefois, le fondement d’une élection reste la capacité du parti au pouvoir de maintenir la confiance de la Chambre des Communes et c’est là qu’un gouvernement minoritaire est, dans un certain sens plus fragile: une défaite sur une motion de confiance entraîne aussi automatiquement le déclenchement d’élections. Dans le cas présent, il n’y a pas eu de vote de confiance et cette élection est vue assez cyniquement comme une tentative du gouvernement libéral sortant de consolider son pouvoir en cherchant à obtenir une majorité. C’est probable. Les gouvernements minoritaires présentent une possible instabilité, mais ils ont aussi l’avantage de forcer le parti au pouvoir à négocier avec l’un ou l’autre parti d’opposition afin de se maintenir au pouvoir, ce qui entraîne un partage plus large du pouvoir de décision et des concessions souvent souhaitables.

Il y a donc des élections qui se tiennent lundi. J’ai déjà voté, car je vote presque toujours par anticipation, mais je vous partage le résultat de mes réponses à la Boussole électorale; ceux-ci ne surprendront pas celles et ceux qui me connaissent:

Comme à peu près à toutes les élections, je suis à gauche de la gauche autant en ce qui concerne les questions économiques et sociales. Évidemment, on me dira que je suis très mal à ma place en Alberta, où le vote sera presque assurément et presque unanimement conservateur à moins d’une surprise de taille, avec fort probablement une bonne représentation des partis d’extrême-droite que sont le Parti populaire et le Parti Maverick (essentiellement un parti séparatiste de l’Ouest).

La culture politique actuelle a même entraîné dans la province une tempête parfaite pour le virus et ce n’est que la semaine dernière, sous intense pression, que le gouvernement provincial a décidé de remettre en place des mesures sanitaires au demeurant fort limitées. C’est sur la route du retour de Red Deer que j’ai écouté la désastreuse conférence de presse du Premier Ministre provincial, accompagné de l’hygiéniste en chef et du Ministre de la Santé, où de timides semblants d’excuses ont été présentées pour le bilan dévastateur de la pandémie. Il semble toutefois que cela aura décidé une frange de la population réfractaire à la vaccination à enfin passer à l’acte. Je vous laisse sur les tableaux suivants, qui illustrent les ravages de la quatrième vague (entièrement prévisible et surtout évitable) de l’épidémie dans la province. Ces graphiques sont tirés du site dédié du gouvernement provincial, où l’on trouvera également ces mêmes graphiques à jour ainsi que les données détaillées.

Évolution du nombre de cas depuis le début de l’épidémie. On notera l’insignifiance de la première vague comparativement aux autres (simplement parce que les mesures de confinement ont fonctionné).
Surcharge du système de santé. Ce graphique ne tient pas compte du fait que le nombre de lits de soins intensifs dépasse de près de 50% la capacité initiale. Il y a présentement 287 lits de soins intensifs occupés, mais il n’y a en réalité que 173 lits disponibles dans les unités dédiées de soins intensifs dans les hôpitaux de la province.
Nombre de doses de vaccin administrées. Seul l’avenir permettra de vérifier si la tendance à la hausse se poursuivra.

Jardin nouveau

Celles et ceux qui lisent ce blogue depuis longtemps savent que, à Red Deer, j’avais investi temps et énergie à amplifier l’aménagement paysager déjà considérable de mes propriétaires. Mes derniers efforts majeurs en ce sens, en 2016, avaient considérablement amélioré l’apparence de la maison en façade. Je jouissais également d’une floraison annuelle abondante à l’arrière de la maison. Cela requérait certes quelques efforts, mais ils étaient largement récompensés. J’avais prévu apporter quelques plantes lorsque nous avons commencé à planifier notre déménagement vers Edmonton, mais comme nous sommes partis à la fin du mois de mars, alors que le sol était bien gelé et qu’il y avait encore de la neige au sol, cela ne fut pas possible. J’aurais notamment voulu prendre quelques drageons des amélanchiers et quelques plants d’iris, lesquels avaient d’ailleurs besoin d’être éclaircis. Mais cela ne fut pas possible. Et j’avoue que l’an dernier, je n’avais pas vraiment l’énergie d’aller faire un tour à Red Deer pour cueillir quelques plantes et que je voulais voir comment le jardin se comportait ici avant d’y changer quoi que ce soit. Je ne peux qu’espérer que les nouveaux locataires jouissent de mon travail de jardinage à Red Deer et en prennent soin.

Nos propriétaires à Edmonton étaient des jardiniers d’intérieur. Il y avait plusieurs plantes en pots dans la maison lorsque nous sommes venus visiter. À l’extérieur, toutefois, il n’y avait que ces deux buissons qu’on peut voir derrière notre cour, un plant de dicentres (cœurs-saignants) qui commence à ressortir cette année, ainsi que des rosiers et de la menthe à l’arrière. La façade de la maison fait face au sud-ouest et ne jouit donc pas d’un ensoleillement exceptionnel. C’est pourquoi je me suis contenté d’ajouter un dicentre, des hostas et des hémérocalles, une plante très robuste qui devrait tirer profit d’un espace où il n’y avait que de grosses roches jusqu’à tout récemment.

À l’arrière, je continue un projet commencé l’an dernier, alors que la gestionnaire de la copropriété m’a demandé de remplacer le très petit «patio» de planches qui entourait la base de l’escalier. Après mûre réflexion, plutôt que de couvrir l’espace de dalles de béton comme j’avais prévu le faire à l’origine, j’ai plutôt décidé d’ensemencer ce petit espace pour y faire pousser du gazon. J’avais entamé le processus un peu tard l’été dernier, puis des contractuels sont venus ajouter du gravier autour du perron pour le renchausser afin d’éviter que des petites bestioles y trouvent logement, détruisant ainsi mes efforts. Ils ont bien appliqué une couche de terre par-dessus le gravier, mais c’était trop tard dans la saison pour re-semer. Je me suis donc repris aussitôt que le sol a dégelé, ajoutant une couche de terre. Les semences commencent à visiblement porter fruit. De l’autre côté de la cheminée qu’on aperçoit à droite et sous laquelle j’ai déplacé les roches qui se trouvaient à l’avant de la maison, je n’ai pas encore décidé ce que je vais planter.

Toutefois, le long de la clôture, ce sont trois plants d’amélanchiers qui ont commencé leur carrière. D’ici un an, ils devraient pouvoir profiter de l’ensoleillement direct qui abonde au-dessus de la clôture (fort basse au demeurant). Le boyau qui serpente devant eux n’est pas permanent… mais avec des arrosages quotidiens, j’ai vraiment la flemme de l’enrouler chaque fois! Au fond, à gauche, on entrevoit la plate-bande où poussent trois rosiers hérités de mes propriétaires et quelques plantes grimpantes qui commencent à peine à verdir. Les tuteurs autour des amélanchiers sont surtout là pour éviter que les employés de la compagnie qui tond la pelouse rasent les plants.

Après un peu plus d’un an, je commence finalement à faire notre nid. Il nous reste à repeindre les murs à l’intérieur; ça viendra, ça viendra!

Entracte: Excursion au jardin

Petite pause dans l’histoire des chantiers sur le campus pour parler fleurs… parce que c’est maintenant le début de la vraie floraison. Les dicentres (cœurs-saignants) sont particulièrement prolifiques cette année. Il me faudrait en planter quelques autres…

Et la floraison est loin d’être terminée… comme on peut le voir sur la fin de ces ramures qui promettent encore quelques semaines de fleurettes.

Le muguet, pour sa part, achève sa floraison sur le côté de la maison, mais il commence à peine en façade.

Les ancolies sont de toute beauté… et curieusement semblent se répandre par elles-mêmes par semis. J’en retrouve assez loin de leur plate-bande originale.

Toutes délicates, ces clochettes continueront à fleurir pour deux ou trois semaines encore.

Iris1
Photo: Oyaté

Les iris n’ont pas encore éclos… mais on devine bien qu’ils ne tarderont pas…

Iris2
Photo: Oyaté

Tiens! C’est quoi, cette fleur au milieu du bosquet d’iris? Rapprochons-nous…

Iris3
Photo: Oyaté (détail).

Ça vous regarde avec une certaine intensité…

Et puis ça éclos à un autre endroit du jardin… avec de la compagnie! Ces deux plantes qui ont peur de l’eau…

Jardinage de fin de semaine

Il y a de cela deux ans, je vous avais montré le développement, pas à pas, de cette plate-bande à l’avant de la maison… Deux ans plus tard (enfin, vingt-trois mois, on ne chipotera pas), les arbustes ont grandi… mais il faut aussi s’adonner au joyeux travail de désherbage. Cela m’a occupé une bonne partie de la fin de semaine, question non seulement de dégager la plate-bande et d’y ajouter quelques annuelles, mais aussi de désherber les autres zones fleuries autour de la maison. C’était le cas de celle qui se trouve juste devant la maison (au fond de la photo ci-haut) et que je vous montre à mi-parcours:

À gauche, la zone nettoyée, où il ne reste plus que les muguets qui tentaient de sortir au milieu de toute cette mauvaise herbe. À droite, une plante dont j’ignore l’identité mais qui a complètement envahi ces espaces et que j’essaie de mon mieux d’éradiquer. On verra comment ça évoluera au cours de l’été.

 

Un lilas pour Olivier

Voilà. Cette photo est pour Olivier. Notre lilas a définitivement commencé à fleurir hier. Il y a des lilas en fleurs un peu partout dans la ville et tout ça embaume merveilleusement!