Mise à jour concernant la librairie Le Carrefour

Librairie Le carrefour, dans la Cité francophone d'Edmonton.
Librairie Le carrefour, dans la Cité francophone d'Edmonton.

Il y a quelques mois, je vous faisais part de la menace qui pesait sur les librairies francophones de la province. Je ne sais pas trop ce qui adviendra de la librairie Monette de Calgary, mais la librairie le Carrefour vient de voir son avenir assuré, avec des garanties concernant le service à la communauté francophone. Le nouvel acquéreur absorbe le déficit accumulé de 250 000$ tout en continuant à s’engager au service des francophones.

En effet, la dernière livraison du Franco m’apprend que la librairie le Carrefour vient d’être vendue à la librairie universitaire de l’Université de l’Alberta, laquelle cherche à étendre l’éventail des services qu’elle offre à la francophonie albertaine. Je m’en réjouis, non seulement parce que cela assure l’avenir de ce petit commerce, mais peut-être étendra-t-il aussi davantage son offre de service en servant la clientèle universitaire. Présentement, on trouve à cet endroit surtout de la littérature-jeunesse; on peut espérer qu’on y trouvera un éventail élargi de produits.

La librairie universitaire s’engage à maintenir six aspects du commerce: les services en français, un emplacement au cœur de la communauté francophone d’Edmonton (présentement en face du Campus Saint-Jean, dans la Cité francophone), qu’elle distribue les produits des artistes francophones et qu’elle desserve les communautés en région.

Bravo!

Rond-point 08 à Calgary

Me voici de retour à la maison après deux journées intenses à Calgary. La francophonie albertaine s’était rassemblée au restaurant/traiteur Quincy’s on Seventh pour faire le point. Cette activité se tient tous les deux ans (en 2006, c’était à Red Deer, mais je ne savais pas alors que je vivrais un jour en Alberta!). Se rendre à l’endroit du rassemblement était un peu difficile à cause de travaux autour du restaurant, mais j’ai fini par m’y retrouver. J’ai tout de suite été frappé par l’ambiance: une salle de style art-déco, vous savez, le genre de lounge jazz que l’on voit dans les films… Bon, à mesure que la soirée avançait, on se demandait bien qui avait pensé la sonorisation de l’endroit, mais c’était quand même élégant et ça avait l’avantage de permettre à tout le monde de bien voir la scène.

En quoi consistait le programme du «Rond-Point»? Il s’agissait d’un ensemble d’activités visant à permettre aux personnes actives dans l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) de se rencontrer, de se connaître, de tisser des liens et des partenariats, et aussi de faire le point sur les défis à relever et de célébrer les réussites. Le programme était intense. Il y avait bien peu de pauses! Je suis arrivé vendredi soir pour le gala (ayant quitté Red Deer tout de suite après mon dernier cours, qui se terminait à 15 h). J’avais bien deviné qu’il me fallait être sur mon trente-six…

Durant ce gala, on a rendu hommage à divers leaders de la communauté en remettant des prix. La chose se faisait pendant le souper… alors que tout le monde essayait plutôt de converser! Il a fallu quelques appels à l’ordre pour tenir le niveau sonore à un niveau acceptable! On intronisait également à l’«Ordre des Sages» treize personnes ayant marqué la vie de l’Association par leur contribution exceptionnelle, dont notre Guy Barnabé, trésorier de la régionale de Red Deer et «Père Noël» local. Il ne pouvait pas y être, mais notre nouvelle directrice générale est allée cueillir le prix à sa place… nous trouverons bien un moyen de le lui remettre ici tout en faisant un peu de fla fla…

Si je me suis trouvé un peu seul et désorienté au moment de mon entrée dans la salle, quelques personnes rencontrées dans les premières minutes ont vite fait de me permettre d’en rencontrer d’autres, puis d’autres… si bien que j’ai bel et bien rempli l’objectif que je m’étais fixé en allant à cette activité, soit développer quelques réseaux de connaissances dans la francophonie albertaine. Je me suis particulièrement intéressé aux activités et organisations d’ordre culturel, dont le RAFA (Regroupement artistique francophone de l’Alberta) et Cinémagine. Il y a de la vie francophone en Alberta! Ça se développe!

Samedi, la journée commençait tôt… avec un déjeuner à 7 h 30 (aïe!). Cela eût été endurable… si on nous avait laissé manger en paix, sans nous imposer des conférenciers parlant de la Fondation franco-albertaine… et nous encourageant à donner. J’avoue avoir avalé mes muffins et mes fruits (c’était un petit-déjeuner continental assez insipide et peu inspirant) un peu de travers. Nous laissera-t-on manger en paix? En fait, non. Ce fut la même chose au dîner: on nous a alors présenté un survol historique du journal Le Franco, qui célèbre ses 80 ans cette année. Et je suppose que ce fut peut-être la même chose lors du souper ce soir… mais j’étais déjà arrivé à Red Deer à ce moment-là et je prenais une petite sieste entre deux chats forts heureux de me retrouver. Je comprends que le programme était chargé, mais les repas constituent une pause nécessaire au sein d’événements de ce genre, en plus de permettre aux gens de tisser des liens informels et de digérer les conférences. Là, c’était décidément trop.

Ce matin, après ce petit-déjeuner, nous avons eu droit à une conférence fort intéressante sur l’intégration des immigrants francophones (autant de l’étranger que d’ailleurs au Canada) à la réalité albertaine. Le visage de la francophonie canadienne change effectivement beaucoup, tout spécialement avec l’arrivée de nombreux immigrants africains, ce qui ne va pas sans soulever quelques petits problèmes à l’intérieur de la communauté… Cette présentation était suivie par une quatre séances «concurrentes». J’avais choisi d’aller faire une tournée des lieux de la francophonie à Calgary; j’aurais aussi pu assister à un atelier sur la «Cause Caron» (dont j’ai déjà touché mot à deux reprises), un autre sur la modernisation du membership de l’Association, ou encore une session sur l’intégration, qui poursuivait la conférence du déjeuner.

Je m’attendais, dans cette «tournée des lieux de la francophonie à Calgary» à une visite de certains lieux d’importance symbolique pour la communauté (l’historien qui parle)… mais on nous a plutôt fait visiter les bureaux de l’ACFA régionale de l’endroit, situés dans un petit édifice dilapidé destiné à être démoli d’ici deux ans pour faire place à une tour à bureaux. Là, encore on nous a offert quatre ou cinq présentations sur les services offerts aux francophones par la régionale de Calgary: services aux immigrants, commissions scolaires francophones (catholique et publique), services d’aide à l’emploi et à l’enterprenariat. J’avais des fourmis dans les jambes… J’aurais peut-être mieux fait d’aller assister à un autre atelier… mais au moins j’ai pu prendre l’air. J’ai aussi pu constater que malgré des budgets modestes, il se fait beaucoup dans le milieu! Leurs bureaux, malgré l’état de l’édifice, demeurent source d’envie pour nous… qui ne disposons pour notre permanence que d’un petit espace loué en sous-sol, sans visibilité aucune.

Je suis reparti après le dîner, parce que j’avais vraiment ma claque et que je ne voulais pas assister à l’Assemblée générale… et risquer de me faire coopter une fois de plus! Cependant, je suis très satisfait des liens établis. Je risque d’être appelé à collaborer de façon plus étroite avec Cinémagine, ce qui n’est pas pour me déplaire. Je vous tiendrai au courant… mais là, il faut que j’aille me reposer avant de faire de la correction, de la préparation de cours, du ménage… et que je prépare une présentation que je vais donner vendredi au collège à une conférence organisée par les sciences infirmières. Cette session est vraiment très intense pour moi, alors vous serez compréhensifs si me saute des journées ici et là dans la publication du blogue, j’espère! Je vous laisse sur une image de la salle «Old Bailey’s» du Quincy, là où avaient lieu la plupart des activités.