Un vent de nouveauté?

Capture d'écran du site de Radio Canada. Cliquez sur l'image pour accéder au site original.

Je ne parle pas souvent de politique, mais là, je pense que ça mérite de sortir quelque peu de mon mutisme (pendant que je tente d’en finir avec la paperasse nécessaire pour mettre à jour notre offre de cours d’histoire au collège). Samedi avait lieu le vote final de la course à la chefferie du parti qui trône au pouvoir en Alberta depuis quarante ans. C’était presque plus important que de vraies élections, même si les seuls «électeurs» étaient les membres en règle du parti (ce dont je ne serai jamais). À la surprise générale, nous voici donc avec une première-ministre désignée de sexe féminin: la troisième femme à occuper présentement ce poste dans une province canadienne (et la première dans cette province).

Sera-ce pour le mieux? On ne peut que l’espérer… bien je suis certain que l’apparatchik au pouvoir s’assurera que si changement il y a il sera presque imperceptible. Mais je pourrais me tromper. Disons que face à la quasi impossibilité de voir le parti au pouvoir changer dans le moyen terme, c’est probablement ce qui peut nous arriver de mieux pour le moment. Elle a certes des priorités qui rejoignent les miennes!

Bon… Je retourne à mes satanés formulaires et à mon mutisme bloguesque temporaire. À bientôt, j’espère.

Conseil consultatif en santé

Hier soir avait lieu la première rencontre du nouveau conseil consultatif en santé pour la zone 9 (Red Deer et région) dont je fais partie. Qu’en dire? La réunion avait pour but de nous présenter la mission du Conseil au sein de l’organisation responsable des services de santé en Alberta (une société d’État différente du ministère de la santé; je ne suis pas encore certain des responsabilités de l’un et de l’autre). Nous sommes quinze à siéger au conseil numéro neuf et les membres viennent d’un peu partout dans le «centre de l’Alberta», une région qui s’étend d’est en ouest de la frontière de la Saskatchewan aux Rocheuses.

Le choix des membres visait de toute évidence à assurer une représentativité de milieux comme de groupes divers. On y trouve un nombre à peu près égal de femmes et d’hommes, mais pour ce qui est des groupes d’âges, il semblerait que la balance penche résolument du côté des cheveux gris. Cela pourrait tout simplement résulter des disponibilités des citoyens à siéger à de tels conseils; les personnes âgées ayant souvent à la fois plus de flexibilité dans leur horaire et une culture d’engagement au sein de la communauté que les jeunes générations ne partagent pas. Hier, j’étais visiblement sinon le plus jeune, du moins parmi les deux personnes de moins de cinquante ans présentes (il manquait toutefois une autre membre, étudiante au collège, qui est plus jeune que moi). Les trois représentants de l’Administration étaient les seuls autres «jeunes». J’ai probablement été choisi à cause de mon désir de représenter les intérêts de la francophonie, des personnes handicapées (même si je n’aime pas cette étiquette) et du milieu éducatif. Les groupes ethniques sont plutôt mal représentés: le conseil est exclusivement «blanc» à l’exception d’un Cri de la réserve d’Hobbema.

La réunion de trois heures avait pour but de nous familiariser avec le rôle attendu des Conseils à l’intérieur de la mission et du plan stratégique de l’Administration de la santé. Évidemment, il y a là-dedans de la propagande intéressante, mais on trouve également parmi les membres une véritable volonté d’engagement afin de transmettre à l’Administration les préoccupations des Albertain(e)s. Nous n’avons pas directement abordé de points substantiels (du moins dans l’ordre du jour officiel), mais on sent déjà poindre des préoccupations bien concrètes au sujet de l’accès aux services, de l’intégration des options d’hébergement et de soins des personnes âgées et des disparités régionales (au sens de disparités entre les régions comme de disparités entre les villes et le milieu rural). Au niveau substantiel, on nous a fait remplir des formulaires (qui pour la plupart nous avaient été envoyés d’avance) et on nous a imposé une longue présentation PowerPoint — fort bien organisée au demeurant — afin de nous présenter l’essentiel de notre rôle. Un manuel nous a également été remis; de la lecture préparatoire en perspective. Comme tout ça est assez nouveau pour moi, je me renseigne également grâce à la variété de documents disponibles en ligne et qui touchent mes intérêts, notamment la politique concernant la recherche. Comme je n’avais justement rien de mieux à faire…

Cette participation au Conseil m’amène également à m’intéresser davantage au Réseau santé albertain, qui cherche à réseauter les francophones présents dans les douze conseils de la province afin de faire entendre les intérêts de l’autre groupe de langue officielle. Dans la vision promue par le Réseau, la langue est l’outil par excellence pour assurer à la fois la promotion de la santé et pour assurer un niveau optimal de soins. Il y a donc d’autres réunions en perspective, probablement avant notre prochaine réunion du Conseil consultatif prévue pour le 11 mars prochain.

Enfin! … ou presque

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Il paraît qu’un projet d’amendement à la Charte albertaine des «droits humains, de la citoyenneté et du multiculturalisme» sera bientôt proposé par le ministre responsable, Lindsay Blackett. Cet amendement mettrait fin à une anomalie typiquement albertaine par laquelle la Charte ne protège pas contre la discrimination basée sur l’orientation sexuelle. Depuis 1998, suite à des poursuites intentées sur la base de la législation fédérale interdisant la discrimination selon l’orientation sexuelle, les cours albertaines ont choisi de «read in», c’est-à-dire de considérer comme ayant force de loi sans pour autant oser l’écrire, l’interdiction de la discrimination basée sur l’orientation sexuelle. L’Alberta est la seule province canadienne où subsiste cet anachronisme légal.

Le gouvernement conservateur d’Ed Stelmach serait apparemment ouvert à cette modification de la Charte; quant à la population, on verra bien… Après tout, c’est ici que subsiste la plus forte opposition à la reconnaissance des droits civils des homosexuels: la différence fait peur dans cette province, surtout hors de Calgary et Edmonton. Cet amendement à la Charte ne changera pas grand-chose en pratique… mais clarifiera une situation qui perdure indûment.

Resserrement des règlements?

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Étangs de sédimentation des sables bitumineux aux environs de Fort McMurray

Je sais que j’en ai parlé la semaine dernièredeux reprises) mais  n’ai pas l’intention de faire de ce blogue un site de dénonciation de l’exploitation pétrolière dans la province; je ne connais pas tous les tenants et aboutissant de cette activité économique complexe (mais indéniablement aussi lucrative que polluante). Cependant, il se trouve que l’actualité en parle beaucoup ces derniers temps. J’apprenais hier matin que le gouvernement de l’Alberta s’apprête à imposer aux compagnies pétrolières exploitant les sables bitumineux une règlementation plus sévère des étangs de sédimentation dans lesquels aboutissent les rejets toxiques de leur exploitation. Évidemment, cela n’est pas exactement au goût des exploitants à cause des coûts que l’application de cette règlementation entraînerait.

La question demeure: le gouvernement provincial se donnera-t-il les moyens de vraiment faire appliquer ces règles, qui visent l’élimination de ces étangs? Disons que l’histoire récente laisse planer un certain doute. On peut penser que ce nouveau règlement pourrait davantage n’être qu’une opération de relations publiques destinée à laisser croire que le gouvernement provincial fait vraiment quelque chose pour la protection de l’environnement. Ce nouveau règlement est mis en place suite à une enquête lancée en avril dernier, après la mort de 500 canards qui avaient choisi de se poser sur l’un de ces étangs, malgré diverses mesures mises en place autour de ces étangs pour effrayer les oiseaux et les empêcher de s’y poser. Les canards… ça fait toujours remuer l’opinion publique et surtout, ça énerve le puissant lobby des amateurs de chasse étatsuniens. Ce règlement ne touche en rien la délicate question des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution du bassin versant de la rivière Athabasca et ses conséquences sur la santé des Premières Nations qui vivent dans les alentours.

Soit dit en passant, j’ai constaté que j’avais des connaissances dans le coin. Le directeur de la corporation responsable du développement des sables bitumineux et moi-même avons été pages à la Chambre des Communes en même temps…

Source de l’image: Google Earth via le blogue Doors of Perception (8 septembre 2008). Si vous allez voir le lien de Google Earth, prenez le temps de regarder aussi l’étendue des coupes à blanc dans les environs. Il n’y a pas que les sables bitumineux qui appauvrissent nos écosystèmes.

Quand la prospérité ne s’accompagne pas de compassion

Mardi après-midi, une manifestation avait lieu devant la Législature à Edmonton. Il s’agissait de personnes vivant avec des handicapés et ayant besoin de services de soutien… Ceux-ci sont presque impossibles à garder à cause des ressources limitées que le gouvernement consent à ce type d’aide. Dans une économie survoltée, où les salaires s’envolent… qui resterait à faire un travail ingrat pour un salaire de misère qui n’arrive pas à payer le loyer? Et vive le capitalisme sauvage! Ceux qui ne peuvent pas suivre n’ont qu’à s’enlever du chemin! Quelque part, je doute que le ministère débloque les budgets nécessaires… la compassion n’est pas leur fort!

Voir le reportage de Radio-Canada.

Lire l’article duquel est tirée la photo ci-haut