Ça avance!

royalmuseumLe nouvel édifice du Musée Royal de l’Alberta (que j’ai visité à quelques reprises dans son ancien édifice dans le quartier Glenora) s’apprête à déménager. Il a fermé ses portes en décember 2015 afin de préparer les collections pour leur déplacement dans ce nouvel édifice dont on termine la construction au centre-ville. L’endroit est moins enchanteur que le site précédent, cependant ce nouveau site, proche du musée des beaux-arts, de l’hôtel de ville et de la place Churchill, devrait en augmenter l’affluence. L’édifice fait également deux fois la superficie de l’ancien. J’ai bien hâte de voir ce qu’ils auront fait en matière d’histoire autochtone, puisque la galerie idoine doit être réalisée en collaboration avec les peuples du coin.

À ce jour, ce qui adviendra de l’édifice laissé vacant demeure une grande inconnue. On a lancé des consultations, mais je crains que cet édifice à l’architecture exceptionnelle soit, comme c’est trop souvent le cas, voué au pic des démolisseurs…

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Sur la route avant de reprendre le collier: Okotoks

La ville d’Okotoks, une banlieue-dortoir au sud de Calgary, doit son nom à ce phénomène géologique: un bloc erratique dont les caractéristiques géologiques permet d’en identifier l’origine dans les Rocheuses aux environs de Jasper, à quelque 500 kilomètres au nord-ouest.

Comme ce panneau explicatif sur le site l’explique, le rocher a voyagé à dos de glacier avant d’être déposé, par la fonte de son moyen de transport, au beau milieu de la prairie. Et on ne peut pas le manquer lorsqu’on voyage le long de la route tout près (je n’avais pas prévu voir ce rocher dont je connaissais l’existence). Il y a un belvédère et un sentier qui en fait le tour. Et évidemment, il y a des gens qui y grimpent (comme on peut le voir sur la photo ci-haut), car on ne peut tout de même pas respecter ce lieu sacré pour les peuples autochtones des environs.

Vu par satellite, le rocher est quand même imposant. On le voit ici au milieu du quart de section qu’il occupe (chaque côté du carré mesure un demi-mille, soit environ 805 mètres). Mais c’est quand on s’en approche qu’on en apprécie toute la majesté et la force tranquille…

Le pont sur la rivière… Kwa?!

Puisque je reviens en arrière dans mes albums de photos, il faut que je parle de deux visites mémorables qui ont suivi notre passage à Drumheller (ma mère et moi) en juin dernier. Plutôt que de revenir directement à Red Deer après une matinée passée au musée Tyrell, j’ai décidé d’obliquer vers l’est, car ma mère était véritablement impressionnée par les formations rocheuses de la vallée de la rivière Red Deer. On nous annonçait aussi quelques autres attractions à proximité. Nous avons d’ailleurs fait un arrêt, ce même jour, à l’un des sites les plus accessibles (et vulnérables) pour voir des cheminées de fées.

Sur la «route des hoodoos» (cheminées de fées en anglais), il y avait un panneau annonçant un pont suspendu. Les lectrices et lecteurs réguliers de cette chronique sauront que ces structures me fascinent. Je me doutais bien que si l’on parlait ainsi d’un pont, il devait bien avoir une certaine importance… malgré le fait que pour s’y rendre, on emprunte une route très, mais alors là très secondaire. De plus, aucune route traversant la rivière n’était indiquée sur ma carte routière.

Je m’attendais à un pont véhiculaire, mais, ô surprise, il s’agissait plutôt d’un pont piétonnier. Et un pont un peu particulier, qui a été construit pour transporter le minerai (du charbon) extrait sur la rive nord vers le terminal de chemin de fer qui se trouvait sur la rive sud, là où nous trouvions.

Un écriteau sur le pylône sud du pont donne une petite explication historique de son importance. Il semblerait qu’avant sa construction en 1931, la mine qui se trouvait sur la rive nord faisait parvenir le minerai sur la rive sud, plus rapprochée d’une gare, par un système apparenté à celui dont j’ai déjà parlé il y a quelques mois.

Le pont actuel, reconstruit en 1958, donne quelques frissons…

… surtout si on décide de regarder la surface (si même on peut employer ce mot) du tablier. Un panneau interdit formellement de faire balancer le pont (des haubans latéraux diminuent d’ailleurs les mouvements), mais il suffit qu’une personne marche pour que le tout se balance…

Oui. Ce sont mes petons. Avec la rivière Red Deer et quelques branches verdoyantes en arrière-plan. Dr. CaSo, je te promets de ne pas t’imposer cette traversée.

La vue sur la rivière vaut la traversée. Ma mère, hésitante au début (elle est sujette au vertige) s’est laissée convaincre, probablement par la beauté du paysage. On la voit d’ailleurs sur la photo d’en-tête, portant un chandail jaune et se tenant sur la rive nord, que l’on ne peut rejoindre qu’en traversant le pont. Je suppose que, après son baptême de l’air, elle s’est dit que ce ne devait pas être si pire que ça.

Les falaises bordant la vallée de la rivière sont tout de même spectaculaires à cet endroit. On peut voir les éboulements qui ont scellé l’entrée de la mine, mais aussi des rochers ferrugineux d’une superbe couleur rouge.

Cliquez pour agrandir.

Après cette double traversée sur un pont transparent et branlant (il fallait bien revenir sur la rive sud où nous attendait Bernadette), nous étions prêts pour aller découvrir un autre élément du patrimoine des Badlands qui se trouvait à proximité, la mine Atlas. J’en parlerai d’ailleurs demain.

Myam!

Il existe, tout près de Calgary, un petit joyau bien connu de la population locale, où l’on produit une crème glacée «maison» fort recherchée. Il s’agit de la crèmerie MacKay’s à Cochrane. J’ai brièvement évoqué ce glacier lors de ma chronique sur Heritage Park il y a quelques jours.

Comme il faisait beau à notre retour de Calgary dimanche, Oyaté et moi n’avons pas pu résister à la tentation de faire un petit détour par là pour déguster un petit rafraîchissement.

Ouvert depuis 1948 en tant qu’ajout à un magasin général, ce bar laitier occupe maintenant toute la superficie de ce qui fut une épicerie. Et c’est très achalandé. L’entreprise appartient toujours à la famille fondatrice et il s’agit là d’une belle tradition locale.

Et la crème glacée dans tout ça? Peut-être est-elle victime de sa popularité, ce qui a d’ailleurs amené l’ouverture en 1977 d’une véritable usine de production de la crème glacée (qui est aussi vendue à d’autres endroits dans la région de Calgary). Elle n’est donc plus faite maison et ça se ressent un petit peu. Je ne voudrais surtout pas être chauvin, mais la petite crèmerie qui se trouve tout près de chez moi et où non seulement la crème glacée, mais aussi les cornets gaufrés sont faits maison, est très très supérieure. Néanmoins, si on est dans le coin de Calgary, qu’on a chaud… Mackay’s vaut mieux que toutes les autres crèmes glacées offertes dans la région. Faut pas se gêner!

Balade d’un samedi à Heritage Park

J’ai déjà mentionné cet endroit l’an dernier: Heritage Park, à Calgary, un parc à thème historique qui rappelle vaguement le village de Fort Edmonton. Je n’avais pas encore réussi à m’y rendre. Voilà, c’est chose faite. Aujourd’hui, Oyaté avait affaire à Calgary et, comme j’étais laissé à moi-même (et dans ce coin de la ville), j’ai décidé d’aller en profiter, surtout que j’étais là avant l’heure d’ouverture des portes!

Tout dans ce parc rappelle l’importance des transports. On paie son droit d’entrée dans un guichet de gare, puis on longe un musée de l’automobile (que je n’ai pas eu le temps de visiter; il faisait si beau que j’ai préféré garder les longues visites intérieures pour une autre occasion) qui prend la forme d’une série d’anciennes stations-service. Le respect de la réalité historique importe parfois moins que celui des commanditaires… cette station-service rappelle un établissement Purity 99 des années 1930, mais comme la construction de cette réplique a été commanditée par la pétrolière locale Husky, (bien que fondée aux É.-U., elle a maintenant son siège social à Calgary) on lui a donné les couleurs de cette entreprise qui n’existait pas au Canada à l’époque.

L’industrie pétrolière est également présente par ce superbe derrick d’exploration doté d’un mécanisme de perforation à percussion à câble, tel que l’on utilisait dans les années 1910 dans la région de Turner Valley, au sud de Calgary. Le derrick se voit dès l’entrée du parc et voisine les wagonnets de minerai de la photo d’en-tête. Il domine aussi le site vu de l’autre rive du réservoir Glenmore.

La gare de Midnapore (un ancien village maintenant incorporé à Calgary), construite en 1910, constitue le premier arrêt à l’entrée du village. On nous y offre la possibilité de prendre le train pour faire le tour du site (on peut s’arrêter à l’une des trois gares du parc).

Qui dit train, dit évidemment, dans les prairies canadiennes, élévateur à grains. Celui de Shonts a été reconstruit dans le parc et il peut être mis en fonction lorsque le temps n’est pas trop humide…

L’importance des transports dans la région est aussi visible par les véhicules historiques qui sillonnent le site, même pour des raisons banales et utilitaires comme pour transporter des chaises. Malgré les anachronismes et raccourcis historiques qui agacent (l’historien) ici et là, un bel effort a été fait de ce côté pour ne pas briser le charme par l’apparition brutale d’un véhicule moderne.

Il y a aussi, bien entendu, quelques véhicules hippomobiles, mais ils ne sont pas très nombreux.

Je n’ai pas eu le temps d’aller en croisière sur le S.S. Moyie, réplique d’un vapeur à roue à aubes qui a servi sur les rivières de Colombie Britannique. Ce sera pour une prochaine fois.

Sur la terre ferme, les lièvres n’ont pas trop l’air de se plaindre dans cet environnement. Ils prennent même le temps de ménager leurs transports et de prendre la pose.

Le village lui-même est composé d’un ensemble de bâtiments d’époques disparates (généralement construits avant 1910). Certains d’entre eux sont des édifices originaux qui ont été démontés, transportés de divers endroits dans la province, puis reconstruits sur le site. D’autres, comme cet hôtel, sont de pures reconstitutions. D’ailleurs, l’hôtel original de Wainwright, construit en 1907, a été détruit dans un incendie qui a détruit la plus grande partie du centre-ville de cette ville en 1929.

Certains établissements jouissent d’une popularité plus grande que d’autres auprès des enfants qui visitent le site… tel ce bar laitier originalement situé à Vulcan et maintenant stratégiquement situé face à l’entrée du parc d’attractions du site, très prisé des enfants.

La visite de ce bar laitier m’a toutefois laissé quelque peu sur ma faim. Comme d’ailleurs mon passage au  magasin général voisin. Disons qu’en ces endroits, on sentait bien le côté mercantile de l’affaire, car la crème glacée du bar laitier est d’origine commerciale (artisanale et locale, quand même) et le magasin général sert aussi de magasin de souvenirs… et trop souvent des bébelles qui n’ont aucun rapport avec le thème du parc.

Le village vise à recréer tous les services qui auraient été offerts à la population «pionnière». On y voit, par exemple, une banque jouxtant un bureau de dentiste, puis un bureau d’avocat, une buanderie chinoise et un restaurant/auberge (aussi tenu par des Chinois). Ces deux derniers édifices ouvrent d’ailleurs une des rares fenêtres sur le contact entre les diverses cultures qui ont formé l’Ouest canadien.

Les intérieurs ont été reconstitués avec soin et font souvent l’objet d’animation. L’intérieur de la banque, par exemple, rappelle par son architecture une époque où les billets et les pièces de monnaie avaient une certaine importance… avant que tout devienne virtuel (la richesse comme la pauvreté, même si leurs effets sont bien réels, mais ce pourrait être l’objet d’un autre billet).

Sont-ce des implants dentaires métalliques que je vois dans la vitrine du dentiste? En tout cas, ça donne froid dans le dos.

Le thème médical se poursuit à la pharmacie, où s’alignent les pots de substances chimiques avec leurs noms latins. On sent d’ailleurs ici comme ailleurs que la cohérence des exhibits est moins importante que la rage de collectionner et d’exposer le plus d’objets possibles. Un grand nombre de contenants avaient des étiquettes référant au même composé… Ça doit échapper à l’œil du touriste moyen, je suppose…

Il y a deux écoles sur le site. Celle-ci se trouvait à Weedon. L’institutrice faisait revivre les défis de l’enseignement dans une classe surpeuplée, où les enfants de niveaux différents recevaient simultanément l’enseignement et où les outils pédagogiques (comme souvent la formation des maîtres et maîtresses) étaient plutôt rudimentaires. Elle expliquait justement aux deux visiteurs que l’enseignante répartissait un ensemble de tâches allant de l’entretien du feu dans le poêle à l’aide à l’enseignement entre les élèves. Il existait d’ailleurs une hiérarchie dans ces tâches, certaines étant vues comme des récompenses (le nettoyage du tableau, par exemple) et d’autres comme une punition (laver le plancher).

J’allais oublier de mentionner que le village reproduit en général l’atmosphère d’une communauté rurale. Il y a d’ailleurs des champs en culture dans le parc. À l’entrée du parc, on voit également ce moulin qui servait à moudre le grain. Au moment où j’arrivais, le meunier procédait justement à son inspection avant de mettre le moulin en fonction.

Comme tout village qui se respecte, il comporte aussi des habitations. Certaines d’entre elles, comme cette «tente de célibataire» servant à l’hébergement temporaire dans les villes et villages et cette maison de tourbe qui a servi de premier gîte à un grand nombre de pionniers dans les régions rurales, sont particulièrement humbles. Elles démontrent surtout les débuts de l’installation de la population d’origine Européenne dans les prairies.

D’autres, comme ce ranch, montrent des installations plus «matures» et certainement prospères.

On y faisait d’ailleurs la cuisine… à l’ancienne. J’ai eu droit à une belle conversation avec la ménagère du coin!

Enfin, quelques maisons, d’origine urbaine, font étalage d’un luxe considérable. C’est le cas de cette vaste demeure qui a hébergé la famille de Peter Anthony Prince, celui qui a donné son nom à Prince’s Island au centre-ville de Calgary. Ce chef d’entreprise prospère ne se privait d’aucun confort matériel:

Les Premières Nations, dans tout ça?

Bien… euh… c’est quelque peu honteux. Le parc ayant été conçu dans les années 1960 et son plan d’aménagement (comme d’ailleurs la place des Premières Nations dans la société albertaine actuelle) n’ayant pas vraiment changé, on les a relégués dans un recoin du site qui est probablement peu visité, près d’un fort de traite de fourrures reconstitué (on ne faisait pas vraiment de traite dans la région; c’était plutôt du côté d’Edmonton et bien avant le développement de la région de Calgary comme zone de colonisation) et d’un village de pionniers de 1885.

La perspective, à moins qu’on ne s’arrête à un des tipis pour palabrer comme je l’ai fait, demeure très colonialiste. Cette mission catholique (Notre-Dame-de-la-Paix) en témoigne entre autres…

Bilan: Belle visite malgré la perspective historique tronquée et le mercantilisme gratuit. Il faut que je revienne pour terminer… et ça va probablement prendre plus qu’une autre journée.

Dans le ventre d’un dinosaure

Ma mère et moi sommes à Drumheller. Nous avons gravi ce soir les 106 marches qui permettent de faire l’ascension du «plus grand dinosaure du monde», qui se trouve tout près du bureau d’information touristique de Drumheller.

L’intérieur a été peint de scènes «préhistoriques» qui donnent sûrement des frissons aux enfants… surtout qu’au milieu du corps du tyrannosaure, il y a une partie éclairée à la lumière noire!

La vue qui s’offre de la gueule du monstre est assez spectaculaire… bien qu’il se trouve encore au fond de la vallée où loge Drumheller. Par conséquent, on ne voit pas au-delà des superbes falaises qui entourent la ville.

Ça valait la peine… surtout que, étant donné l’heure, nous étions seuls!

Sur le chemin du retour

Journée de repos à la maison après un trajet de 400 km hier. Je me rends compte que si j’ai l’endurance physique de ces longues promenades… tel n’est pas le cas de tout le monde. Néanmoins, ma mère est revenue à la maison émerveillée par les paysages vus. Je ne mets ici que cette photo de Castle Mountain, mais bon… les familiers de ce blogue sauront qu’il y en a d’autres au moins aussi impressionnantes… Une petite recherche thématique sur «Rocheuses» vous permettra d’en avoir un aperçu. De même, en allant dans les liens vers mon album photos Picasa (voir l’onglet «Photos» ci-haut) on peut obtenir un lien vers une série de photos prises à l’occasion de la visite de mon amie Lune il y a déjà deux ans. J’en mettrai des plus récentes lorsque j’aurai un peu plus de temps.

Hier, donc, nous avons vu bien du paysage. Les lacs Louise et Moraine, la magnifique autoroute des Glaciers… puis mon endroit préféré: Saskatchewan River Crossing. Malheureusement, il y avait encore de la neige dans les sentiers et nous n’avons pas pu admirer le lac Peyto dans toute sa gloire. Curieusement, le niveau des lacs Moraine et Abraham était étonnamment bas. C’était un peu surprenant après toute la pluie qui nous est tombée dessus (et qui est revenue après un répit durant la fin de semaine). Probablement que la fonte des neiges des montagnes n’est pas encore vraiment amorcée.

Lac Moraine

En soirée, hier, nous étions attendus chez une amie pour fêter ma mère. Ce fut sympathique, mais la fatigue était visiblement au rendez-vous. Ma mère a quand même profité de l’occasion pour goûter à la crème glacée maison locale… qu’elle a beaucoup aimé.

Après une nuit de repos où tout le monde a eu le sommeil lourd (sauf pour Monsieur R, qui chantait l’opéra à 7 heures… ce qui lui a valu de se faire enfermer dans l’atelier), la journée d’aujourd’hui a été consacrée au retour à la normale: lessive, ménage… entraînement pour Oyaté. Pendant ce temps, ma mère lit du Michel Tremblay et se croit au paradis.