500 € et 500 secondes… ahem!

Comme je vous le disais hier, voilà qu’un autre blogueur m’a relancé avec un tag. Cette fois, il s’agit de raconter ce que je ferais s’il ne me restait que 500 € (soit un peu plus de 800 $ au taux de change actuel) et 500 secondes (qui, je suppose, sont les mêmes ici qu’en Europe, ce qui donne 8 minutes, 20 secondes) à vivre. Je ne taguerai personne cette fois, mais ceux qui le voudraient n’ont qu’à suivre les instructions et à renvoyer la balle à cinq blogueurs ou blogueuses de leur connaissance.

C’est donc à peu près 100 dollars par minute.  Si on m’avait payé ce salaire-là, je n’aurais plus de dettes depuis longtemps… voire! Qu’importe l’argent? Tant que j’en ai assez pour vivre, passe encore. Mais en ai-je assez pour mourir? Ah, là, non! Les frais funéraires dans ce pays dépassent largement le montant qu’il me reste. Cependant, je devrais en avoir assez pour au moins faire quelques appels interurbains et annoncer l’événement à d’autres par le biais du net et du courriel. Ce qui risque de manquer, c’est le temps! Au moins, on m’a averti (un peu) d’avance de l’imminence de l’inévitable! Peut-être ce peu d’argent aidera-t-il une ou deux personnes à défrayer le voyage pour se rendre au pied des Rocheuses. Les assurances devraient faire le reste.

De grâce! N’allez pas faire grimer ma dépouille pour une exposition macabre et surtout profitable à l’industrie du chagrin. N’envoyez pas de fleurs. J’ai beau être croyant, n’allez pas non plus me faire célébrer des funérailles catholiques. Elles sont déprimantes à mourir. Rassemblez-vous et allez plutôt célébrer la vie! Après avoir fait consumer mon corps au feu purificateur, rendez-vous en groupe là, au pied de cette montagne:

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Faites silence un moment. Allumez une bougie (si vous y parvenez!). Rappelez-vous nos bons moments ensemble. Puis, lancez mes cendres aux quatre vents, que j’aille rejoindre la nature qui m’a enfanté, humez un moment l’air pur des Rocheuses puis, de grâce, allez faire la fête! (ce sera à vos frais, mais je n’y pouvais rien s’il ne me restait plus que 500 €).

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18 commentaires sur « 500 € et 500 secondes… ahem! »

  1. C’est le billet le mieux écrit, le plus original et le plus intéressant que j’ai lu de cette chaîne… que je n’ai pas voulu faire, je déteste les chaînes — le blogueur qui m’avait tagué s’en est d’ailleurs vexé. Tant pis ;))

  2. Excellentes funérailles, Doreus !

    Je pense que krn devrait avoir son mot à dire dans ce billet.

  3. Merci, Deef. J’ai écrit ça un peu vite, hier soir… même si ce sont des recommandations sincères.

    Momo, je suis certain qu’elle fera son apparition…

  4. Dékéssé ?
    Bon, il faut bien rire un peu… on ne va pas faire une tête d’enterrement.

    Outre que je suis d’accord avec Deef sur l’intérêt de ce billet, je trouve également que le marché du funéraire n’a pas beaucoup d’imagination et ne nous propose que des cérémonies ringardes où il ne manque que des pleureuses en voiles noirs.
    C’est normal, car aussi bien que les murs des cimetières sont faits pour séparer les morts des vivants, aussi bien les cérémonies ne sont là que pour déculpabiliser les dits vivants de ce qu’ils n’ont pas fait pour leurs défunts quand ils étaient vivants. (vous suivez ou bien je vous la refait en clair ?)

    Ce tag a quand même l’avantage de faire réfléchir sur nos vraies priorités, je veux dire, nos priorités de vivants.

    Savoir qu’on va mourir quand on est en paix avec soi-même et avec les autres est un avantage. Le temps ne manquera pas pour faire cette paix.

    Celui qui devra s’inquiéter est celui qui n’a rien fait. Car ce n’est pas quand la neige arrive qu’il faut labourer pour semer.

  5. Apparuit! J’le savais!

    Tiens, les pleureuses… c’est une idée, ça! Côté hypocrisie, on fait difficilement mieux.

    Si j’ai relevé le défi du tag (je suis comme Deef, je n’y suis pas particulièrement chaud de nature), c’est que ça rejoignait une réflexion faite depuis longtemps. Je me suis mis en paix avec la fatalité de la fin de la vie terrestre il y a très longtemps de cela. Vaut mieux se préoccuper des choses importantes dans la vie; après, on n’aura plus le contrôle!

    Quelque part, je ne crois pas à la vision chrétienne de la vie éternelle (ce que ça doit être emmerdant que de tourner en rond autour de la Lumière avec des ailes dans le dos à jouer de la harpe). L’éternité, à mon sens, c’est celle de la mémoire, des traces que l’on laisse dans la vie les uns des autres. Mes molécules, quant à elles, serviront aussi éternellement à nourrir la vie, même si elles ne se recréeront pas nécessairement en un être unique à nouveau. Avogadro l’a déjà dit…

  6. Je ne pouvais pas manquer le sujet, bien que je sois restée assez sage.
    Ta conception de l’éternité se discute. Moi, c’est à la fin des temps que j’ai du mal à croire.
    « Dieu est amour » ne colle pas avec « la pesée des âmes »

    L’église n’a pas manqué d’imagination, elle a rajouté ce que le divin créateur avait oublié, l’enfer.

  7. La fin des temps, je n’y ai jamais cru. Si un jour la vie vient à finir sur terre, ce ne sera pas parce que Dieu l’a voulu, mais parce que nous l’aurons amenée (ou les forces cosmiques — physiques — qui président à la constante évolution de l’univers auront rendu la Terre invivable).

    Effectivement, l’Église (médiévale) nous a gratifié d’un cadeau dont nous nous serions bien passés…

    Quant à l’éternité, je ne détiens certes pas la vérité sur la chose. Ce n’est pas comme si je pourrais y aller pour revenir vous raconter comment c’était…

  8. L’enfer ? le pouvoir a toujours privilégié la peur comme moyen d’obtenir ce qu’il veut.

    L’inquisition nous en a donné un bien mauvais exemple, la médecine nous le donne encore avec ce pouvoir absolu qu’ils semblent détenir sur nos vies, les richissimes compagnies d’assurances imaginent des risques à vous faire froid dans le dos pour placer leurs contrats bidons et la recette marche aussi avec le pouvoir politique.
    On en a l’exemple en ce moment même. Sous prétexte de sécurité, on tente de nous faire avaler des couleuvres grosses comme des anacondas.

  9. Hohooo, que puis-je ajouter à cet échange déjà bien dense et inspiré ?

    « N’est-ce pas, à ton avis, la pire des stupidités de pleurer de n’avoir pas vécu il y a mille ans ? Il est tout aussi stupide de pleurer parce que dans mille ans on ne sera plus en vie. Ne pas avoir été, ne plus être : cela revient au même. Dans un cas comme dans l’autre, le temps ne nous appartient pas ».

    Sénèque

    « Quand je pense que tous les instants que j’ai vécus sont à jamais abolis, je m’étonne de mon empressement à en vivre d’autres ».

    Cioran

    « …nous tous, pour ce qui est de la brièveté de notre vie si on la compare à l’univers, nous sommes, jeunes et vieux, sur un pied d’égalité ».

    Sénèque

    « 27 décembre – Cette nuit je ressentis jusqu’à la nausée l’impossibilité de l’Eternel retour. J’entendis sonner (à la chapelle de la Sorbonne, je pense) je ne sais quelle heure. Mais, à l’instant même, je compris que cette minute-là ne reviendra jamais, qu’elle est pour toujours engloutie, et qu’aucune vie ne la retrouvera en aucun temps ».

    Cioran

  10. Ce que j’ajouterai, Momo, c’est qu’hier et demain peuvent être le même jour. Que c’est l’homme qui a inventé le temps car il ne pouvait appréhender plus de trois dimensions.

    Le sable qui s’écoule dans le sablier change de lieu, le temps n’est matérialisé que par le mouvement.

    « …nous tous, pour ce qui est de la brièveté de notre vie si on la compare à l’univers, nous sommes, jeunes et vieux, sur un pied d’égalité ».

    Sénèque

    Merci, Momo pour cette belle citation. Le jour où les vieux ne mépriseront plus les jeunes sans expérience et où les jeunes ne fuiront plus leurs aînés qui leur font peur, nous aurons un semblant de paradis sur terre.

  11. Mais les enfants aussi nous apprennent, Doréus. Et on rejoint ici le sujet de ton article sur la recherche. Tant qu’on n’est pas fermé à de nouvelles connaissances, on est encore vivant et plein d’avenir. Avec toutes les nouvelles technologies, les anciens ont autant à apprendre des jeunes, c’est un échange.

    J’entends autour de moi des gens bien plus jeunes (physiquement) se plaindre de leur condition en disant « vivement la retraite » tandis que je me réjouis de commencer une nouvelle carrière dans la poterie.

  12. Vas-y ! Fonce, krn, la poterie est un art millénaire, parmi le plus ancien des arts du monde, et parmi les plus beaux ! Une Tara en bleu de corée, voilà ce que j’attend de voir avec impatience ces prochains jours sur ton blog.

    Doreus, doutais-tu que les « anciens » avaient encore des choses à nous apprendre ? Pourquoi ?

  13. Oh, Momo, quel enthousiasme ! Je vais faire le maximum pour te satisfaire, ça va me faire réviser ma chimie.

  14. Momo, je n’en doutais aucunement. J’étais agréablement surpris de les voir apparaître.

    KRN, bonne chance!

  15. Wow…
    Moi qui voulais me débarrasser du tag avec une pirouette gentillette…Il me faudra réviser ma future copie.
    Cela donne envie. Non pas de mourir hein!!! Mais de connaitre celui qui parle ainsi à ses amis. J’imagine de dernier verre que l’on boit après la lecture de cette dernière volonté en disant:
    « Merci d’être passé…dans nos vies »

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