Vous aurez, chères lectrices et chers lecteurs, bien remarqué que ce blogue se morfond dans un silence confondant depuis quelques mois. En fait, depuis la fin de 2009, il n’y a pas eu beaucoup de matériel original et intéressant publié ici. Ça se voit d’ailleurs dans les statistiques: la plupart des gens qui aboutissent ici consultent des articles publiés en 2008, soit la première année de publication. Il y a quelques raisons à ce manque de vitalité, que je tente depuis quelque temps de m’expliquer… comme je voudrais bien savoir quoi faire avec cette plate-forme sur l’ouèbe…
J’ai ouvert ce blogue au début 2008 afin, principalement, de tenir amis, famille et connaissances au courant de ce qui se passait dans ma vie après avoir quitté Ottawa en août de l’année précédente. J’avais le goût de partager certaines péripéties liées au déménagement, de parler des différences entre ce qui faisait mon quotidien en Alberta et ce qui le composait auparavant et, plus généralement, garder le contact.
Étrangement — et j’en ai déjà touché mot pendant cette première année de publication — le bassin de lecteurs récolté par ce blogue fut, dès le début, fort différent du lectorat visé. Ce fut un enrichissement, car j’ai rencontré via ce blogue des personnes fascinantes et enrichissantes, dont le contact (soit par le biais de rencontres physiques — oui, oui, des blogueurs, ce sont des vraies personnes! –) ou par le biais de commentaires et courriels. Je continue à maintenir des liens avec plusieurs personnes rencontrées au fil de quatre ans de présence sur la blogosphère.
Mais bon… Après avoir parlé de cuisine (ce n’était pas prévu au départ, mais ce sont les recettes qui attirent le plus de lecteurs et lectrices ici), de petites et grandes excursions, de jardinage, rénovations et d’autres éléments du quotidien qui au départ étaient fort différents… voilà que je suis plutôt installé dans une vie qui recèle dorénavant beaucoup moins de nouveautés que je considère digne d’être partagées ici. Bien entendu, je pourrais faire comme bien des gens et parler de politique, mais je considère que j’ai un certain devoir de réserve à cet égard vu le type d’emploi qui est le mien. D’ailleurs, les débats politiques, surtout dans le climat d’intolérance grandissante qui existe présentement, virent trop souvent aux jeux d’insultes et ça ne m’intéresse pas. Idem pour parler de mon travail: je crois que là-dessus j’ai un devoir de réserve encore plus grand, étant donné les responsabilités qui sont les miennes. En gros, ce n’est pas le genre de choses que je tiens à partager aux quatre vents étant donné que ça pourrait bien me retomber sur le nez, même si le fait que ce blogue soit écrit en français crée d’emblée une certaine barrière face à mes employeurs.
Enfin, celles et ceux qui me lisent régulièrement connaissent ma passion pour la francophonie et particulièrement pour l’Association canadienne-française de l’Alberta. Cependant, ayant été élu l’automne dernier pour un mandat de quatre ans au Conseil provincial de l’ACFA, je ne peux pas vraiment me prononcer à tout-venant sur des questions liées à la francophonie et encore moins débattre des orientations et délibérations qui forment l’essentiel des rencontres du conseil de l’ACFA. Encore une fois, et avec tout le respect que je dois à mon lectorat, ce ne sont pas vos oignons. Je peux par contre vous parler des activités qui animent la francophonie, sauf que j’avoue que durant les deux dernières années, comme bien des gens en couple exogame, je trouve souvent difficile de participer à ces activités où les non-francophones se trouvent souvent, disons, sinon exclus, du moins pas particulièrement bien accueillis. Notre francophonie en milieu minoritaire est trop souvent bien peureuse et fonctionne quelque peu en vase clos. C’est d’ailleurs une des choses que j’espère contribuer à changer pendant mon mandat. Voilà, j’ai réussi à parler de politique et de francophonie en une petite phrase… mais peut-on, en ce pays, vraiment séparer les deux?
J’ai pensé parler de mes projets de recherche, qui connaissent présentement un virage important étant donné les obstacles rencontrés l’été dernier et qui s’avèrent plutôt déterminants dans l’orientation de mes projets actuels. Je n’ai pas encore eu le temps de concrétiser mes nouveaux projets, mais l’idée qui m’habite me passionne. Toutefois, cela changerait profondément le caractère de ce blogue et je pense qu’il y aurait lieu d’ouvrir une nouvelle plateforme, probablement dans la langue de Shakespeare, à cette fin, étant donné que je voudrais ouvrir un dialogue principalement entre historiens (que les photos de nos chats n’intéresseraient probablement pas).
Mais bon… vous saisissez l’essentielde ce qui m’habite. Je me demande bien ce que je pourrais écrire sur ce blogue (ce qui s’ajoute au fait que j’ai un emploi du temps tellement chargé que je manque de temps pour écrire). S’ajoute à ces questions le fait que la blogosphère me déçoit parfois. Si je repasse ce blogue en revue (et il faut vraiment que je me décide à le nettoyer, particulièrement à en enlever les articles portant sur l’actualité qui ont perdu de leur pertinence avec le temps), il s’y trouve parfois des articles assez fouillés sur lesquels j’espérais une certaine réaction du lectorat dans les commentaires. Ce sont trop souvent ces articles qui n’ont justement pas de commentaires. Je publie une photo de chats et là, les commentaires fourmillent. Bon, j’ai quand même eu de belles surprises. Parfois, un article anodin a donné lieu, par l’évolution des commentaires, à des discussions passionnantes. Comme bien des gens, je sens aussi la compétition entre les blogues et d’autres formes d’expression sur la Toile.
Alors, je vous pose la question, lectrices et lecteurs: que faire de ce blogue? Qu’est-ce qui vous y attire? Qu’est-ce que vous préférez lire? Avez-vous des questions que vous aimeriez me poser ou des sujets sur lesquels vous voudriez me voir écrire? Préféreriez-vous que je me la boucle définitivement parce que je n’ai plus rien d’intéressant à dire? La parole est à vous! (et si vous ne répondez pas, je ferme tout bonnement la chose).